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Liberia: l'héritage en demi-teinte de la première cheffe d'Etat africaine

Ellen Johnson-Sirleaf, 72è session de l'Assemblée générale de l'ONU, New York, le 19 septembre 2017.

Les femmes politiques du Liberia vouent un respect quasi unanime à la présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui achève bientôt son second mandat, mais beaucoup estiment que le "plafond de verre" est encore loin d'être totalement brisé.

A 78 ans, Mme Sirleaf, à qui la Constitution interdit de se représenter à la présidentielle du 10 octobre, peut se targuer d'avoir maintenu une paix fragile dans ce pays d'Afrique de l'Ouest qui sortait tout juste d'une terrible guerre civile lorsqu'elle a accédé au pouvoir à la surprise générale en 2005.

Mais "Maman Ellen", comme elle est surnommée dans son pays, est la première à admettre que ses deux mandats n'ont pas permis d'assurer une représentation paritaire des femmes dans la vie politique du Liberia.

"Nous n'avons pas travaillé suffisamment fort pour la parité", a-t-elle récemment admis dans une interview à la chaîne américaine CNN. "Cela m'attriste car je représentais une brèche dans le plafond de verre en Afrique".

Seuls trois des 30 sénateurs actuels et 16% des candidats aux élections présidentielle et législatives d'octobre sont des femmes. Des chiffres qui n'ont pratiquement pas bougé depuis 2005.

Le nombre d'adolescentes enceintes et de violences envers les femmes reste extrêmement élevé, tandis que moins de la moitié des Libériennes savent lire et écrire.

Rester dans la course

"Quel que soit le nombre de femmes qui vont gagner ou perdre, il faut que les femmes restent dans la course et dans le paysage politique", insiste l'ex-mannequin reconvertie dans l'aide à l'enfance, Macdella Cooper, qui à 40 ans est la seule femme en lice pour la présidentielle, face à 19 candidats masculins.

Comme d'autres femmes candidates, Macdella Cooper admire le cran de la présidente sortante, mais elle estime que le pays a besoin d'un dirigeant plus à même de renforcer l'économie tout en maintenant la paix.

"Il y a 15% des citoyens qui vivent très bien, mais les autres sont livrés à eux-mêmes", regrette-t-elle.

Deux féministes libériennes ont fait récemment polémique en accusant Mme Sirleaf d'avoir "échoué" à défendre la cause de la place des femmes dans la vie politique.

"Je pense que Sirleaf est antiféministe quand il s'agit de politique", a déclaré Robtel Neajai Paily, co-auteur avec le militant Korto Reeves Williams d'une tribune remarquée.

Elle regrette en particulier qu'Ellen Johnson Sirleaf soit restée sourde aux appels pour que 30% des postes dirigeants dans les partis politiques soient réservés aux femmes, alors que celles-ci ne possèdent généralement pas les larges moyens financiers dont disposent nombre de leurs rivaux masculins.

Pour une femme, entamer une carrière politique est particulièrement ardu dans un pays où le viol a longtemps été une arme de guerre.

"Celle qui voudrait se présenter à une élection à 30 ans est peut-être la même qui a dû abandonner l'école primaire parce qu'elle a eu un enfant après avoir été violée", souligne Korto Reeves Williams.

Et seule la capitale, Monrovia, dispose d'un tribunal traitant des violences faites aux femmes, laissant celles vivant en milieu rural dépourvues d'un accès à la justice, relèvent aussi des personnalités critiques des manquements de la présidente.

'Les règles du jeu'

Mme Sirleaf est toutefois loin d'être jugée seule responsable du manque de participation des femmes au débat public.

Selon l'ONU, des "traditions bien établies" dans le pays limitent le rôle des femmes aux tâches ménagères.

La sénatrice Jewel Howard-Taylor, ancienne épouse du dictateur libérien Charles Taylor (1997-2003), estime que sa candidature à la vice-présidence pâtit de la présence d'une femme à la tête de l'Etat depuis 12 ans.

"Beaucoup pensent que parce que nous avons une femme présidente, tout est résolu", a-t-elle déclaré lors de sa campagne avec son colistier, l'ancienne star du foot George Weah.

"Mais que veulent les femmes de plus?, entend-on souvent", explique celle qui estime que le fait d'être une femme est l'objet de plus de discussions que son rôle d'ancienne "première dame" d'un dictateur.

"La politique est un jeu, avec ses propres règles, que les hommes apprennent bien avant nous", relève aussi l'ex-épouse de Charles Taylor pour expliquer les difficultés des femmes à se lancer en politique.

Avant de présider le Liberia, Charles Taylor y avait déclenché en 1989 une des plus atroces guerres civiles du continent africain.

Il a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans ce pays voisin du Liberia.

Avec AFP

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Afrique du Sud : l'ex-président Zuma se débat pour éviter son procès pour corruption

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma (2e G.) au sortir du tribunal de Durban à Durban, le 8 juin 2018.

L'ex-président sud-africain Jacob Zuma comparaît à nouveau lundi devant la justice pour tenter de se débarrasser d'accusations de corruption à ses yeux "politiques" qui le poursuivent depuis vingt ans dans une rocambolesque affaire de ventes d'armes.

Enième épisode de ce feuilleton politico-judiciaire à rebondissements, la Haute Cour de Pietermaritzburg (nord-est) entend jusqu'à vendredi les arguments des avocats de l'ancien chef de l'Etat, qui dénoncent le "lynchage" de leur client, et ceux du parquet, décidé à ouvrir enfin son procès.

L'ancien chef de l'Etat, âgé aujourd'hui de 77 ans, est soupçonné d'avoir touché pour 4 millions de rands - 260.000 euros au cours actuel - de pots-de-vin du groupe français de défense Thales, également accusé, à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros conclu en 1999.

Selon l'accusation, il a été rémunéré pour éviter à Thalès des poursuites pour corruption, via son ami et conseiller financier Schabir Shaik, condamné pour sa participation à cette affaire à quinze ans de prison dès ... 2005.

Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

A l'époque des faits, M. Zuma était "ministre" de sa province du KwaZulu-Natal, avant de devenir vice-président du Congrès national africain (ANC) au pouvoir puis du pays.

Dès l'ouverture de l'audience, l'avocat de l'ancien président, Muzi Sikhakhane, a dénoncé le "lynchage" dont son client est à ses yeux victime depuis près de deux décennies.

Très offensif, M. Sikhakhane a accusé un parquet "trop zélé" d'avoir poursuivi M. Zuma selon une "philosophie juridique" qui veut que "lorsque quelqu'un a fait quelque chose que vous trouvez mal, vous le jugez selon votre bon vouloir".

Cette philosophie "a abouti à l'apartheid (...) c'est la loi de la jungle", a-t-il lancé devant son client, venu à l'audience entouré de deux de ses fils et d'une poignée de partisans.

Appelant au strict respect de la Constitution, Muzi Sikhakhane a également plaidé que le droit de son client à un procès rapide "a été compromis ou violé au point où l'on peut dire qu'un procès équitable n'aura jamais lieu".

- "Privé de dignité" -

"Doit-il être privé de sa dignité, doit-il être traité avec moins d'humanité parce qu'il s'appelle M. Zuma ?", a-t-il demandé, en niant catégoriquement que M. Zuma avait délibérément tenté, par ses multiples recours, de "retarder son procès".

Les accusations lancées contre Jacob Zuma ont été suspendues puis rétablies à plusieurs reprises, au gré de ses recours et de décisions controversées du parquet.

L'avocat s'est également étonné que l'ancien président n'ait pas été jugé en même temps que son complice présumé Schabir Shaik. "Ils (le parquet) aurait dû l'inculper en même temps que M. Shaik", a souligné M. Sikhakhane.

Coaccusé, le groupe Thales a également sollicité l'abandon des poursuites qui le visent.

"Considérant les très longs retards de cette procédure, bien que Thales n'ait commis aucune faute, et toute une série de facteurs qu'il ne contrôle pas, (le groupe) est persuadé qu'il n'aura pas un procès équitable", a-t-il indiqué dimanche dans un communiqué.

Le groupe a répété n'avoir "aucune connaissance d'aucune violation de la loi par aucun de ses salariés".

Les débats doivent se poursuivre jusqu'à vendredi devant la Haute Cour de Pietermariztburg, qui décidera à une date à déterminer de poursuivre le procès de Jacob Zuma ou de l'abandon définitif des accusations qui pèsent sur lui.

Englué dans de nombreux scandales, Jacob Zuma a cédé en décembre 2017 sa place à la tête du Congrès national africain (ANC) au pouvoir à son vice-président Cyril Ramaphosa.

Ce dernier l'a poussé à la démission deux mois plus tard et lui a succédé à la tête de l'Etat avec l'ambition de nettoyer son parti et l'Etat de la corruption qui les gangrènent.

Malgré une popularité en déclin, l'ANC a remporté les élections législatives du 8 mai. Ses députés, qui ont renouvelé leur majorité absolue à l'Assemblée nationale, doivent élire mercredi M. Ramaphosa pour un nouveau mandat à la tête du pays.

Ouganda : 8 morts et 15 disparus dans le chavirage d'un bateau

Des bateaux transportant des réfugiés congolais traversent les eaux du lac Albert à Sebagoro, en Ouganda, le 15 février 2018.

Au moins huit personnes ont été tuées et 15 autres sont portées disparues et présumées mortes après le chavirage dimanche d'un bateau sur le lac Albert, dans l'ouest de l'Ouganda, alors qu'elles se rendaient à un match de football, a-t-on appris lundi de source policière.

Ces 23 personnes étaient membres ou supporteurs d'une équipe locale de football, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la police régionale, Julius Allan Hakiza.

"Pour l'instant, nous avons retrouvé huit corps, cinq femmes et trois hommes. Jusqu'à 15 personnes sont portées disparues et une unité de la Marine est sur place mais nous ne pensons pas trouver de survivants", a-t-il déclaré.

"L'équipe de football et leurs supporteurs allaient de l'embarcadère de Fofo à celui de Runga pour un match de football quand le bateau a chaviré", a-t-il ajouté.

Selon la police, le mauvais temps et la surcharge du bateau sont à l'origine de l'accident.

Un responsable administratif du village de Fofo, Baker Ogen, a affirmé à l'AFP que "30 personnes sont décédées dans cette tragédie et elles venaient toutes de ma zone".

"Le bateau était rempli de nos joueurs et supporteurs. Il y avait plus de 60 personnes et 32 ont survécu", a-t-il ajouté, précisant que six membres de l'équipe dont l'entraîneur avaient été tués.

Les naufrages sont relativement courants sur le lac Albert, que se partagent l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC).

En mars 2014, le naufrage d'un bateau ramenant des réfugiés congolais d'Ouganda en RDC y avait fait 210 morts et disparus.

Katumbi veut défendre "la paix et les intérêts congolais"

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Jacob Zuma de retour devant le tribunal

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Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nouveau Premier ministre de la RDC

Le nouveau Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Kinshasa, 20 mai 2019. (Twitter/Corneille Lubaki)

Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé lundi un Premier ministre près de quatre mois après son investiture, l'ex-ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba, a annoncé le porte-parole du président, Kasongo Mwema Yamba Yamba.

Actuel directeur général de la Société national des chemins de fer (SNCC), M. Ilunga Ilukamba a été nommé en vertu de l'accord politique entre M. Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, a-t-il été précisé.

Ce professeur en sciences économiques appliquées, a été présenté lors de sa nomination à la présidence de la RDC.

Il a promis de tout faire pour faire fonctionner harmonieusement la coalition au niveau du gouvernement et contribuer à l’amélioration de la vie de nos concitoyens en toute transparence.

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