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Libération d'une femme détenue pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel


Les filles venant au cinéma au Caire sont maintenues derrière des clôtures et gardées par des femmes policières pour les protéger du harcèlement sexuel.

Une militante des droits humains en Egypte, détenue depuis septembre pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel dans ce pays, a été libérée jeudi.

Amal Fathi avait été arrêtée en mai pour "diffusion de fausses informations" après avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle avait critiqué le manque d'action des autorités face au harcèlement sexuel que subissent les Egyptiennes.

"Elle est sortie aujourd'hui" de prison, a indiqué jeudi son mari Mohamed Lotfy, lui-même militant des droits humains. Mère de famille, Mme Fathi avait été condamnée à deux ans d'emprisonnement. Elle a été libérée en attendant son jugement en appel, le 30 décembre.

Elle est aussi poursuivie dans le cadre d'une autre affaire, dont laquelle le parquet de la Sécurité d'Etat l'accuse d'"appartenance à un groupe terroriste" et de "diffusion de fausses nouvelles".

Les ONG égyptiennes et internationales accusent régulièrement l'Egypte d'utiliser la lutte anti-terrorisme pour réprimer les voix dissidentes.

"Dans aucune des deux affaires elle n'est innocentée", a précisé son mari, qui fait partie d'une ONG recensant notamment les disparitions forcées.

Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi à l'été 2013, les organisations de défense des droits humains accusent régulièrement l'Egypte de graves violations.

Selon une étude de l'ONU publiée en 2017, quelque 60% des femmes ont été victimes de harcèlement en Egypte, où elles sont confrontées aux remarques obscènes voire aux attouchements.

En septembre, Amnesty International avait qualifié la condamnation de Mme Fathi de "scandaleuse", estimant qu'elle avait simplement "eu le courage de dénoncer le harcèlement sexuel".

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