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Une militante arrêtée après une vidéo contre le harcèlement sexuel en Egypte

Un accusé s’appuie d’une main contre la cage dans laquelle il est détenu, lors d’une d'audience à la prison de Torah, dans le sud du Caire, Egypte, 22 août 2015.

Une militante égyptienne a été arrêtée vendredi après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo critique des institutions égyptiennes et contre le harcèlement sexuel qui a suscité la polémique, ont indiqué des sources sécuritaires.

Dans la vidéo postée cette semaine sur Facebook, Amal Fathi critique de manière virulente les institutions égyptiennes, en particulier la Banque Misr. Elle accuse notamment les hommes de la sécurité de l'une des agences de l'institution bancaire publique de l'avoir lourdement "draguée".

"Sales types" ou encore "saleté de peuple", scande-t-elle dans la vidéo.

Mère de famille de 33 ans, Mme Fathi a été placée en détention pour 15 jours le temps de l'enquête sur ordre du Parquet, selon un communiqué de la Commission égyptienne pour les droits et libertés, une importante ONG locale dirigée par son mari Mohamed Lofti.

>> Lire aussi : Acquittement d'une chanteuse condamnée pour avoir plaisanté sur le Nil en Egypte

Mme Fathi est accusée d'"incitation à renverser le régime égyptien", de "diffusion de fausses rumeurs" et d'"utilisation abusive des réseaux sociaux", toujours selon la même source.

"C'est un jour sombre lorsque les autorités égyptiennes sont plus soucieuses de faire taire une femme qui parle du harcèlement sexuel plutôt que de prendre des mesures pour résoudre le problème", a dénoncé Najia Bounaim, directrice des campagnes d'Amnesty International pour l'Afrique du Nord.

"Nous appelons les autorités égyptiennes à libérer immédiatement et sans condition Amal Fathi", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l'ONG de défense des droits de l'Homme basée à Londres.

Après la publication de la vidéo, la presse égyptienne pro-régime a largement dénoncé le discours tenu par Mme Fathi. Le journal gouvernemental Al-Ahram a ainsi annoncé vendredi l'arrestation de "l'auteure de la vidéo insultante contre l'Egypte et les citoyens".

>> Lire aussi : Détention préventive pour l'auteur de vidéos satiriques en Egypte

Militante des droits de l'Homme, Mme Fathi fait par ailleurs l'objet d'une procédure devant le Parquet de la Sécurité d'Etat suprême pour avoir tenté "de faire échouer les dernières élections présidentielles et de provoquer un soulèvement populaire".

Le président Abdel Fattah al-Sissi, dont le régime est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l'Homme de violer les libertés publiques, a été réélu à plus de 97% des voix en avril.

Avec AFP

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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