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Conakry promet la fin de l'enquête sur le massacre de 2009 mais les victimes exigent un procès

Manifestants guinéens fuyant les forces de sécurité au stade du 28 Septembre à Conakry. Au moins 157 personnes ont été tuées et des dizaines de femmes violées, le 28 septembre 2009 en Guinée.

"Nous voulons la justice parce que l'impunité engendre la récidive. Nous voulons la justice maintenant", a lancé Ousmane Diallo, une auxiliaire de vie de 57 ans, qui avait été violemment frappée au visage par des militaires.

Huit ans jour pour jour après le massacre au stade de Conakry, les autorités guinéennes se sont engagées à clôturer l'enquête avant le 31 octobre, ont affirmé jeudi des ONG, alors que les victimes réclament la tenue d'un procès en 2018.

Le 28 septembre 2009, au moins 157 personnes avaient été tuées et 109 femmes violées par des militaires, dans un stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants au chef de la junte de l'époque, Moussa Dadis Camara, selon une commission d'enquête de l'ONU.

Des dizaines de personnes, dont de nombreuses femmes, se sont rassemblées jeudi dans la capitale guinéenne, au siège de l'Avipa, une association de victimes.

De la viande de taureau et des bols de riz ont été distribués aux participants, réunis sous des tentes, et des extraits du Coran ont été lus pour le repos de l'âme des défunts, selon la même source.

De gauche à droite, Paul Nsapu, secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Asmaou Diallo, présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA) et Malal Diallo président de l’Associ
De gauche à droite, Paul Nsapu, secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Asmaou Diallo, présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA) et Malal Diallo président de l’Associ

Lors d'une rencontre mercredi, "le ministre de la Justice, Cheik Sako, et les autorités judiciaires ont pris l'engagement que l'instruction serait clôturée avant la fin du mois d'octobre", ont expliqué des représentants de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), de l'Avipa, de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme OGDH et l'association Mêmes droits pour tous (MDT).

"Ca suffit, c'est un menteur, nous exigeons la clôture de l'instruction et l'ouverture du procès", a lancé une femme en colère, alors que d'autres éclataient en sanglots.

La FIDH et les autres ONG ont dit "prendre acte" de l'engagement des autorités, leur donnant rendez-vous fin octobre.

Dans le même temps, à Paris, d'autres victimes et défenseurs des droits de l'Homme ont également réclamé la clôture "immédiate" de l'enquête et la tenue d'un procès en 2018.

"Nous voulons la justice parce que l'impunité engendre la récidive. Nous voulons la justice maintenant", a lancé Ousmane Diallo, une auxiliaire de vie de 57 ans, qui avait été violemment frappée au visage par des militaires.

"Je n'ai reçu qu'un coup de crosse. J'ai eu plus de chance que mes centaines d'amis qui ont été violés ou tués", a confié Mme Diallo, lors d'une conférence de presse à l'occasion d'une exposition de photos de victimes accompagnées de leur témoignages.

"Certaines victimes de viols collectifs se meurent du VIH, d'autres ont été répudiées par leurs proches", a souligné cette Guinéenne, installée en France depuis 2011.

Au terme de sept ans d'une procédure très difficile, 14 personnes ont été inculpées en Guinée - dont Moussa Dadis Camara mais aussi l'actuel chef de la garde présidentielle - pour leur implication présumée dans ce massacre.

"Les juges (...) ont fait des progrès impressionnants, mais l'enquête doit être terminée afin que les responsables du massacre puissent être jugés sans plus tarder", a déclaré dans un communiqué Elise Keppler, de l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Une saynète jouée lors de la commémoration du 8e anniversaire du massacre de Conakry, en Guinée, 28 septembre 2017. (VOA/Zakaria Camara)
Une saynète jouée lors de la commémoration du 8e anniversaire du massacre de Conakry, en Guinée, 28 septembre 2017. (VOA/Zakaria Camara)

Que des personnes mises en cause "continuent à occuper des postes officiels de haut niveau et de pouvoir est un affront envers les victimes", a estimé François Patuel, chercheur à Amnesty International, cité dans le communiqué, en réclamant que ces responsables soient "mis en congé" afin qu'ils ne tentent pas d'influencer les procédures.

Le procès de ce massacre en 2018 serait "important et très symbolique (...) dans un pays qui n'a connu que l'impunité, à travers 40 ans de violences politiques et de violences d'Etat", a estimé à Paris Florent Geel, responsable Afrique de la FIDH, soulignant que la Guinée entrerait ensuite en campagne électorale avant des élections délicates en 2020.

La Cour pénale internationale pourrait se saisir du dossier si la justice guinéenne échouait à le juger.

Mais, après le procès au Sénégal de l'ex-dictateur tchadien, Hissène Habré, "on a la conviction que l'Afrique est pleinement à même de juger sur le territoire africain ses propres bourreaux", a insisté M. Geel.

Avec AFP

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Ebola: l'OMS évalue l'épidémie mercredi après le décès du premier cas à Goma

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général de Bwera, dans l'ouest de l'Ouganda, à la frontière avec la RDC,le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) va de nouveau évaluer mercredi la portée de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, après le décès du premier cas enregistré dans une métropole, Goma, deuxième ville du pays et carrefour des Grands Lacs.

Un peu plus d'un mois après les deux premiers cas enregistrés à l'étranger en Ouganda, l'OMS va de nouveau se demander s'il faut élever cette épidémie - qui a tué 1.668 personnes depuis l'été dernier - au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale".

La situation doit être pour cela "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des "répercussions pour la santé publique au-delà des frontières nationales de l'État touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate", selon les critères du Règlement sanitaire international.

La réponse avait été "non" le 14 juin.

Comme pour l'Ouganda, ce premier cas diagnostiqué à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie avec un à deux millions d'habitants, semble bousculer la routine de la "riposte" face à une épidémie déclarée le 1er août 2018.

"Il est important d'évaluer le niveau de risque", a déclaré à la presse à Goma Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS.

"L'évaluation de l'OMS montre que le risque est élevé pour les provinces et les pays voisins, notamment l'Ouganda et le Rwanda", a ajouté le coordinateur de l'OMS sur place Michel Yao.

Goma est proche du Rwanda, qui a déconseillé à ses ressortissants de traverser la frontière.

La ville, bien connue des humanitaires et des Nations unies, dispose d'un aéroport connecté à Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba. Des bateaux partent vers la province voisine du Sud-Kivu.

- "Envoyé spécial" français -

En préambule à sa conférence de presse, l'OMS a confirmé le décès du patient diagnostiqué dimanche à Goma lors de son transfert à Butembo, l'un des principaux foyers de l'épidémie à 250 km à vol d'oiseau au nord.

Ce patient "était pratiquement en phase terminale donc c'était un transfert assez délicat", a relevé M. Yao de l'OMS.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie était circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La France a annoncé, sous la pression des événements, qu'elle nommait un "envoyé spécial" pour Ebola en RDC. Il s'agit du professeur Yves Levy, spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La veille, le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan avait regretté l'absence de contribution financière française.

"Ce serait bien d'avoir davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a ajouté le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart.

Avec AFP

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