Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tchad

Les victimes d'Hissène Habré manifestent pour exiger leurs indemnisations

Marche pacifique des victimes d'Hissène Habré dans la rue de N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Une marche pacifique des victimes de l’ancien président Hissène Habré a été organisée lundi à N’Djamena. Après huit mois de sit-in, les victimes ont décidé de protester dans la rue pour l’exécutif de la décision de justice en leur faveur. Elles ont été dispersées par la police.

Prévue pour une distance de plus de 2 kilomètres sur l’avenue principale de la ville de N’Djamena, la marche des victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré pour exiger du gouvernement leur indemnisation a très vite tourné à l’émeute.

Marche pacifique des victimes de l’ancien président Hissène Habré
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:29 0:00


Ces victimes, brandissent des banderoles et pancartes sur lesquelles on peut lire entre autres "Nous, victimes du régime d’Hissène Habré​, revendiquons notre indemnisation... Payez impérativement notre argent, ne continuez pas à nous tuer". A quelques mètres du point de départ, et la police surgit et tente de convaincre les manifestants de renoncer à la marche. Mais la tension était vive.

Les victimes s’entêtent et avancent progressivement vers le centre-ville, notamment l’hôtel de ville, choisi comme point de chute de cette manifestation pacifique. Le renfort de la police arrive et stoppe le cortège devant deux grands lycées de la capitale.

Quelques élèves et des badauds entrent dans la danse et les deux voies sont bloquées. La police fait usage de gaz lacrymogène. Colère et indignation des victimes. Elles déclarent : "Les victimes d’Hissène Habré​ deviennent les victimes d’Idriss Déby. Et c’est exactement ce que Hissène Habréa dit. Il dit qu’il a laissé une paire de sa chaussure ici au Tchad. Voilà l’exemple qui est là devant vous".

Ces victimes insistent :"nous sommes pacifiques mais c’est la police elle-même qui a créé cette situation", déplore une autre victime.

Les victimes d'Hissein Habré face à lacrymogène de la police nationale à N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Les victimes d'Hissein Habré face à lacrymogène de la police nationale à N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Repliées dans leur quartier général, l’émotion est à son comble. Les femmes âgées qui aspirent le gaz lacrymogène, respirent à peine. Le président de l’association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré. Clément Ndokot Abaifouta, qualifie d’inhumain, l’acte perpétré contre ces personnes de troisième âges.

Pour lui, "si les gens qui manifestent pacifiquement les mains sur la tête, réclamant leur droit, on peut les violenter jusqu’à ce que nous ayons dans nos rangs 5 personnes qui sont alitées, je crois que c’est de l’horreur. Ces gens qui tirent des grenades, sur les pauvres victimes seront traqués en justice", averti M. Clément.

Il interpelle le président de la République qui dit qu’il est victime lui aussi, de s’investir pour que les victimes aient leurs droit immédiatement et sans délai.

Pour rappel, au-delà de la condamnation à des travaux forcés allant de 5 à 20 ans pour les uns et la perpétuité pour d’autres, les 20 ex-agents de la DDS doivent également payer à ces victimes, une somme de 75 milliards de FCFA à titre de dommages et intérêts.

L’Etat tchadien est civilement responsable et doit s’exécuter à hauteur de 50%. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des droits humains se veut rassurant.

Djimet Arabi d’indiquer que "le gouvernement est conscient de la situation de ces victimes et toutes les dispositions sont en train d’être prise pour que ces victimes soient satisfaites le plus rapidement possible. Pour le ministre, la volonté politique est claire et que l’ensemble des Tchadiens doivent compatir avec les victimes qui ont souffert dans leur corps et dans leur sang sous le régime d’Hissein Habré. Ça fait 40.000 morts donc ça doit concerner tout le monde selon le garde des Sceaux".

Les victimes quant à elles, trouvent que cette sortie est une victoire et n’entendent pas baisser les bras.

Toutes les actualités

Deux départements déclarés "zone de guerre" par N'Djamena après l'attaque au lac Tchad

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015.

Deux des cinq départements de la province du Lac, au Tchad, ont été déclarés "zone de guerre" par les autorités qui promettent une "riposte foudroyante" après la mort de 98 soldats tchadiens dans une attaque du groupe jihadiste Boko Haram lundi.

"Les départements de Fouli et de Kaya, dans la province du Lac sont déclarés +Zone de guerre+", selon un décret signé jeudi par le président Idriss Déby Itno, consulté par l'AFP.

Le Conseil des ministres a adopté vendredi l'état d'urgence dans ces deux départements, situés à la frontière avec le Niger et le Nigeria. Cette disposition accorde notamment aux autorités militaires et administratives le droit d'interdire la circulation ou d'ordonner des perquisitions à domicile de jour comme de nuit.

L'armée tchadienne, considérée comme l'une des plus efficaces en Afrique, a subi un rude coup avec la perte en une journée de 98 soldats, lors d'une attaque de Boko Haram à Bohoma, dans le département de Fouli.

Le président Déby s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a promis à la télévision nationale une "riposte foudroyante".

L'insurrection de Boko Haram est née en 2009 au Nigeria, avant de se propager au Cameroun, au Niger et plus tard, en 2015, au Tchad.

Depuis cette date, ces pays luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Après un affaiblissement du groupe jihadiste, aujourd'hui divisé en plusieurs factions, les attaques se sont intensifiées en 2019.

Cette détérioration a conduit le Tchad, en janvier 2020, à redéployer 1.200 de ses soldats au sein de la FMM, du Nigeria au côté tchadien du Lac, où plusieurs attaques meurtrières avaient été rapportées.

Pour expliquer la défaite de Bohoma, un officier supérieur a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que la garnison avait été affaiblie par l'envoi d'un bataillon sur un terrain extérieur.

Le Tchad a promis ces derniers mois d'envoyer 480 soldats dans la "zone des trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pour y lutter contre les groupes jihadistes.

L'envoi par le Tchad de troupes hors de ses frontières, en échange de financements, commence à agacer une partie de la société civile qui s'inquiète de la multiplication des attaques dans le Lac.

Les autorités tchadiennes ferment les marchés pour éviter la propagation du coronavirus

Ecoles et universités hermétiquement fermés, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, après la fermeture des établissements d’enseignements, des bars et alimentations, les lieux de culte, le regroupement de plus de 50 personnes, les marchés sont fermés. Certains commerçants profitent pour faire la spéculation des prix des produits de première nécessité.

Le président Idriss Deby a mis en garde les commerçants qui augmentent de façon vertigineuse les prix des denrées alimentaires. "Cette pratique est inadmissible", dit-il.

"J’instruis fermement les services compétents à l’effet de traquer et traduire en justice tous les commerçants qui s’adonnent à ce jeu. Les opération de surveillance de prix doivent s’intensifier sur toute l’étendue du territoire national pour mettre fin à cette pratique qui n’honore pas le secteur privé", avertit le président Déby.

Face à la gravité de la situation, certains consommateurs affirment à VOA Afrique que "ça va être trop compliqué mais on est obligé d’admettre ces mesures de précaution pour notre santé". Ils lancent un appel à toute la population de respecter ces mesures usuelles d’hygiène.

"C’est pour notre santé donc moi j’accepte, et quand ça va passer on va toujours ouvrir nos salons, les bars, les marchés et consorts", a indiqué une tenancière de salon de coiffure.

Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour l’universitaire Sitack Yombatinan Béni, le gouvernement doit penser aux mesures d’accompagnement avant de s’en prendre aux commerçants qui font de la spéculation.

"Le gouvernement devrait plutôt mettre en place un plan de sauvetage", déclare-t-il.

La lutte contre le covid-19 pénalise également les détenus préventifs qui attendent d’être jugés. Toutes les audiences publiques sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, sauf les audiences des flagrants délits.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé, le Tchad comptabilise trois cas de coronavirus. Aucun décès n'a été enregistré dans le pays à ce jour.

Deuil national de trois jours pour les 92 soldats tchadiens tués par Boko Haram

L'armée tchadienne lors d'un défilé, au Tchad, le 12 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, l'attaque de Bohoma, une localité située dans le département de Fouli, province du Lac, lundi par les éléments de Boko Haram a fait une centaine de morts et plusieurs blessés. Selon les autorités, les forces tchadiennes ont tué plus de 100 éléments de Boko Haram.

Pour la première fois, Boko Haram a infligé une lourde perte à l’armée tchadienne. Au moins 92 soldats ont péri dans l’attaque de lundi et 47 sont blessés.

Du côté de Boko Haram, on parle d’une centaine de morts, alors que sur cette île, une unité de force de défense et de sécurité a été installée pour sécuriser les populations. Le président Idriss Déby Itno en personne s’est rendu sur le terrain pour mobiliser les troupes.

Pour le chef de l’Etat tchadien, cette unité a été dégarnie un peu pour des besoins opérationnels ailleurs. Et c’est sur cette île que 92 soldats ont perdu la vie aux rangs desquels, les sous-officiers et officiers.

"Je suis venu m’incliner devant leur mémoire ici. Et je dirais que c’est pour la première fois, j’ai mené beaucoup d’opérations mais en un seul coup perdre autant d’hommes, c’est dans l’histoire et je suis écoeuré. Nous allons revoir tous nos dispositifs pour éviter ce qu’on a connu", a insisté le président tchadien.

Le Tchad face à Boko Haram

Pour le politologue Evariste Ngarlem Toldé, cette attaque coïncide malheureusement avec l’annonce d’entrée en guerre du Tchad dans la zone de trois frontières.

"Ce sont des gens qui ont fait allégeance à l’État islamique donc ils vivent en réseau et pour peu que vous touchez le cheveu d’un, vous touchez à tous les combattants", a-t-il déclaré.

Pour le politologue, "dans toute guerre il faut savoir négocier, et non toujours privilégier le combat, surtout que nos chefs d’Etat du Niger, du Nigéria et du Tchad ont promis la fin de Boko Haram depuis des années".

Laldjim Narcisse Mbainadji, journaliste et analyste politique, demande au gouvernement de diligenter une enquête "pour situer les responsabilité et informer le peuple de ce qui s’est passé".

"Cette défaite est due également par le fait que certaines garnisons du Lac sont dégarnies: le Tchad vient d’envoyer les contingents au niveau des trois frontières dans le cadre du G5 Sahel", analyse-t-il.

Le bilan est toujours provisoire car le décompte se poursuit sur le terrain. Un deuil national de trois jours est décrété à partir de ce mercredi.

Boko Haram inflige une lourde perte à l'armée tchadienne

Boko Haram inflige une lourde perte à l'armée tchadienne
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:31 0:00

Les Tchadiens perdent 92 militaires tués par Boko Haram dans la province du Lac

Le village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram en février 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

"Nous avons perdu 92 de nos soldats, sous-officiers et officiers" dans l'attaque qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, "c'est la première fois que nous perdons autant d'hommes", a déclaré le président dans une intervention retransmise sur une chaîne d'Etat.

"L'ennemi a porté un coup dur à notre système de défense dans cette zone", a reconnu un officier supérieur qui a réclamé l'anonymat.

L'attaque qui visait les militaires de la presqu'île de Boma a duré au moins sept heures et les renforts envoyés ont eux-mêmes été pris pour cible, a affirmé un autre militaire à l'AFP.

Selon lui, 24 véhicules de l'armée ont été détruits dont des blindés, tandis que du matériel militaire a été récupéré et emporté sur cinq hors-bords par des éléments de Boko Haram.

Boko Haram multiplie ces derniers mois les attaques dans les îles marécageuses du bassin du lac Tchad, à la frontière du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameroun.

L'insurrection de Boko Haram a fait 36.000 morts et près de 2 millions de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria depuis son début en 2009, selon l'ONU. Le groupe jihadiste a étendu son action au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Voir plus

XS
SM
MD
LG