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Les Tchadiens dénoncent les abus de la police dans la lutte contre le coronavirus


Les forces de l'ordre tentent de faire faire respecter l'une des mesures gouvernementales, le 3 avril 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les forces de l’ordre sont accusées d’abus contre les populations civiles dans le cadre de l’application des mesures contre la propagation du nouveau coronavirus. A Ndjamena plusieurs citoyens affirment avoir subi des bastonnades.

Depuis l’instauration du couvre-feu et la fermeture des bars et alimentations, les forces de l’ordre sont mobilisées sur le terrain. Mission? Assurer le respect de ces mesures gouvernementales. Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer des abus: des bastonnades mais aussi des extorsions financières.

"Il était environ 21 heures quand je voulais amener la femme de mon cousin, qui est en travail à l’hôpital, à bord de ma moto. Un militaire est venu et il a commencé à me frapper. Son collègue est descendu, lui aussi s’est jeté sur moi pour me frapper", déplore une victime.

"La nuit le commissaire a confisqué notre moto et nous a demandé de partir. Le lendemain matin, quand nous sommes revenus, il nous a demandé de payer 6.000 francs CFA", témoigne une autre victime.​ "Nous nous sommes rendus compte que même le carburant de la moto est soutiré par les agents de sécurité", ajoute-t-elle.

Les vendeuses de la bière locale disent aussi être victimes de ces abus policiers. ​

"Ce jour, deux de mes mes sœurs ont préparé la billi-billi chez moi. Les agents sont venus et les ont conduites au commissariat. Ils ont même arrêté mon mari. Le lendemain, il a payé 3.000 francs CFA avant d’être libéré. Mais les deux femmes, ils leur ont demandé de payer 30.000 francs chacune avant de libérer mes casseroles", s’exclame-t-elle.

Même les journalistes subissent des abus.

Le directeur de publication du journal en ligne Tchad.com, Kita Ezéchiel, affirme aussi avoir été pris à partie par la police. Il dit avoir été arrêté et battu, avant d’être libéré.

"Ils m’ont roué de coups et m’ont pris de force pour me jeter dans leur véhicule. Ils ont formaté mon ordinateur et effacé toutes les images, les audios et même les vidéos", se lamente le journaliste.

Oumar Yaya Hissein, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le 19 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Oumar Yaya Hissein, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le 19 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)


Le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, Oumar Yaya Hissein, est conscient de la situation, mais parle d’actes isolés.

"C’est vrai qu’il y a eu des abus", reconnaît le porte-parole du gouvernement, "mais il faut comprendre que dans cette chaine, il peut y avoir des cas isolés".

"Il faut que la population aide les forces de défense qui assurent leur sécurité. On ne prend pas des mesures comme ça au hasard", a-t-il précisé.

Les responsables de la Commission sécurité du Covid-19 mettent en garde tous les agents qui seront surpris en train d’infliger des amendes indues ou des traitements dégradants à la population.

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