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Les Tchadiens réagissent à la prorogation des députés


L'assemblée a annulé sa séance faute de députés, à N'Djamena, Tchad, le 17 novembre 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef de l’Etat a clairement affiché son intention de ne pas organiser les élections législatives avant deux ans.

Face à la presse nationale et internationale, le président Idriss Déby Itno a confirmé ce qu’il a dit à huis clos aux députés de la majorité présidentielle : il n'y aura pas d'élection législative avant 2019.

Selon le président Déby, les élections législatives coûtent beaucoup trop chères pour être mises en place.

Pour Ngarleji Yorongar, l’opposant historique et député à l’Assemblée nationale, dit que cela "l'écoeur", "il meuble la galerie en augmentant le nombre de députés et garder la majorité".

Pour le coordonnateur du Fonac (Front de l’opposition nouvelle pour l’alternance et le changement), Mahamat Ahmed Alhbo, en prorogeant le mandat des députés à l’assemblée nationale, le chef de l’État a porté atteinte à la forme républicaine.

Selon lui, cette décision viole la constitution tchadienne et assimile cet acte à "un acte de haute trahison".

Il demande à la haute cour de justice de juger Idriss Déby Itno tout en sachant que la saisine ne peut être faite que par l’assemblée nationale à la majorité des 2/3 de ses membres au scrutin secret selon la constitution de la république du Tchad.

"La violation est un acte grave car le président doit protéger et être garant de la Constitution", dénonce-t-il.

Tous les députés de l’opposition de la troisième législature s’accordent à dire non à la prorogation de leur mandat car "ce n'est pas constitutionnel". Toutefois, ils refusent de démissionner collectivement.

André Kodmadjingar, correspondant à N'Djamena

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