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Les réactions dans le monde en attendant l'annonce de Trump sur Jérusalem


Le président américain Donald Trump fait une déclaration à la Maison Blanche à Washington le 28 novembre 2017.

De Téhéran à Islamabad, en passant par Londres, la prochaine décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël a fait réagir les dirigeants, bercés entre inquiétudes et colère.

L'Iran "ne tolérera pas" la décision de Trump

Le président iranien Hassan Rohani a affirmé que son pays ne tolérerait pas la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Le président américain Donald Trump va reconnaître mercredi Jérusalem comme capitale d'Israël, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale malgré les mises en garde de toutes parts contre le risque d'une flambée de violences.

Dans un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Rohani a déploré une décision américaine "illégitime, provocatrice et très dangereuse", selon des propos relayés sur le site du gouvernement.

Lors de cet échange, le président iranien s'est engagé à participer à un sommet extraordinaire de l'Organisation de coopération islamique (OCI) le 13 décembre à Istanbul convoqué par le président turc pour élaborer une réponse unifiée face aux derniers développements.

L'Iran "ne tolérera pas une violation des lieux saints musulmans", a indiqué par ailleurs M. Rohani lors d'un discours devant des responsables à Téhéran, en référence à l'annonce prochaine de M. Trump.

"Les musulmans doivent être unis face à ce grand complot", a-t-il ajouté devant des responsables politiques et religieux de plusieurs pays musulmans réunis dans la capitale iranienne.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui s'est exprimé plus tôt, a lui vu dans la décision américaine un geste désespéré, fruit de l'"incompétence" des Etats-Unis.

"Le monde islamique s'opposera assurément à ce complot", a-t-il déclaré.

Depuis la révolution islamique de 1979, le soutien à la cause palestinienne et l'opposition à Israël sont deux éléments centraux de la diplomatie iranienne.

Le Pakistan "opposé sans équivoque"

Le Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé au monde et allié des Etats-Unis depuis la guerre froide, s'est dit "opposé sans équivoque" à la décision que doit prendre le président américain Donald Trump.

"Le peuple et le gouvernement du Pakistan ont pris note avec grave préoccupation de la décision rapportée (dans les médias, NDLR) des Etats-Unis de déplacer son ambassade dans la ville occupée d'Al-Quds Al-Sharif, modifiant de ce fait le statut légal et historique de (cette) ville", a fait savoir le bureau du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi dans un communiqué.

Al-Quds Al-Sharif est le nom arabe de Jérusalem. Aucune mention d'Israël ne figure dans ce texte pakistanais. Le Pakistan ne reconnaît pas Israël, un pays que ses citoyens ont interdiction de visiter, ce qui est inscrit noir sur blanc sur leurs passeports.

Un tel pas, qui "constituerait une claire violation du droit international et de résolutions onusiennes", "mettrait de côté des décennies de consensus sur la question, saperait la paix régionale et la sécurité de même qu'il empêcherait toute perspective de paix durable au Moyen-Orient", insiste le communiqué.

Les relations entre Pakistan et Etats-Unis se sont fortement rafraichies depuis qu'en août Donald Trump a accusé Islamabad de jouer un double jeu en Afghanistan et d'abriter sur son sol des "agents du chaos".

Londres préoccupé par les intentions de Trump

La Première ministre Theresa May a déclaré avoir "l'intention de parler au président Trump à ce sujet".

"Notre position n'a pas changé", a déclaré Mme May devant les députés britanniques. "Le statut de Jérusalem devrait être décidé dans une solution négociée entre Israéliens et Palestiniens et Jérusalem devrait être une capitale partagée".

"Nous observons avec préoccupation les informations que nous avons entendues", a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson à Bruxelles

"Nous pensons que Jérusalem devrait, évidemment, faire partie d'une solution définitive (au conflit) entre Israéliens et Palestiniens, une solution négociée", a-t-il insisté en arrivant à une réunion de l'Otan.

"Nous-mêmes n'avons pas l'intention de déplacer notre ambassade", a également tenu à préciser le ministre britannique, alors que Donald Trump devrait également ordonner des préparatifs pour déménager, à terme, l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem.

L'intervention du président américain est prévue à 18 heures GMT. Il "reconnaîtra Jérusalem comme la capitale d'Israël", a indiqué un responsable de l'administration sous couvert d'anonymat, mettant en avant la "reconnaissance d'une réalité" à la fois historique et contemporaine.

Proclamer Jérusalem capitale d'Israël profitera "aux groupes terroristes"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".

"Une telle mesure ne servira qu'à faire le jeu des groupes terroristes", a déclaré M. Erdogan à l'issue d'un entretien à Ankara avec le roi Abdallah II de Jordanie. Ce dernier a de son côté souligné que la ville sainte était "cruciale pour la stabilité" de la région.

L'UE exhorte les Palestiniens à la "retenue"

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a appelé les Palestiniens à la "retenue" dans leurs réactions à la reconnaissance attendue de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président américain Donald Trump.

Lors d'une conversation téléphonique avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Mme Mogherini a réitéré la "position ferme" de l'UE selon laquelle "le statut final de Jérusalem comme future capitale d'Israël et d'un Etat palestinien doit être réglée à travers des négociations qui répondent aux aspirations des deux parties", selon un communiqué.

Elle a également réaffirmé la détermination de l'Union européenne en faveur de "la reprise d'un véritable processus de paix conduisant à une solution à deux Etats", seule perspective à ses yeux "garantissant la paix et la sécurité à la fois pour les Palestiniens et les Israéliens".

Un haut conseiller de M. Abbas, Nabil Chaath, a d'ores et déjà prévenu mardi Donald Trump que toute reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem -- occupée et annexée par Israël - comme capitale de l'Etat hébreu signifierait la fin de l'effort mené par l'administration américaine pour relancer le processus de paix, au point mort depuis 2014.

Dans son communiqué, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a exhorté les Palestiniens à réagir avec "retenue dans leurs réactions à l'annonce attendue", saluant l'engagement du président Abbas pour que les manifestations de protestation restent pacifiques.

Avec AFP

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