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Les principaux ministres du nouveau gouvernement gambien prêtent serment


Le président gambien Adama Barrow salue ses partisans à son retour de Dakar, à Banjul, Gambie, 26 janvier 2017.

Dix des 18 ministres du nouveau gouvernement gambien, dont une femme, ont prêté serment lors d'une cérémonie officielle, six jours après le retour dans le pays du président Adama Barrow.

Parmi les principaux ministres figurent deux avocats de formation: aux Affaires étrangères le chef historique de l'opposition à l'ex-président Yahya Jammeh, Ousainou Darboe, et à l'Intérieur le conseiller spécial de M. Barrow, Mai Fatty. Amadou Sanneh, ancien trésorier du principal parti d'opposition, a obtenu le portefeuille de l'Economie et des Finances.

Une dirigeante de l'opposition à M. Jammeh, Isatou Touray, est nommée ministre du Commerce et de l'Intégration régionale.

M. Barrow a désigné le 23 janvier une autre femme, Fatoumata Jallow Tambajang, membre de sa coalition et ex-ministre de Yahya Jammeh, vice-présidente, une nomination controversée en raison d'une limite d'âge constitutionnelle pour ce poste.

MM. Darboe et Sanneh sont sortis récemment de prison.

Né le 8 août 1948, diplômé des universités nigériane de Lagos et canadienne d'Ottawa, Ousainou Darboe, chef du Parti démocratique uni (UDP), a été battu par M. Jammeh aux élections présidentielles de 1996, 2001, 2006 et 2011.

Arrêté en avril 2016 avec d'autres opposants pour participation à une manifestation non autorisée et condamné en juillet à trois ans de prison ferme, il a été libéré sous caution sur décision judiciaire le 5 décembre, après la victoire de M. Barrow au scrutin du 1er décembre.

Amadou Sanneh avait été condamné en décembre 2013 à cinq ans d'emprisonnement pour avoir écrit dans une lettre ouverte à l'en-tête de son parti que deux militants de l'UDP risquaient la mort s'ils ne partaient pas en exil. Il a bénéficié lundi d'une grâce présidentielle.

Né le 12 septembre 1969, Mai Fatty a été l'avocat de plusieurs opposants avant de créer en exil son propre parti, le Congrès moral de Gambie (GMC), en 2009, pour rentrer en Gambie en 2011.

- 'Compétence et professionnalisme' -

Les ministres restants seront désignés "en fonction de la compétence des individus, de leur expérience et de leur professionnalisme", avait indiqué mardi à la presse le porte-parole de M. Barrow, Halifa Sallah.

"Dès que les ministres auront prêté serment, ils se mettront au travail", avait ajouté M. Sallah.

Par ailleurs, comme il s'y était engagé le 28 janvier lors de sa première conférence de presse depuis son retour du Sénégal voisin deux jours auparavant, le président Barrow a changé le nom de la très redoutée Agence nationale du renseignement (NIA), considérée comme l'instrument de répression du régime de M. Jammeh.

Le chef de l'Etat "a renommé l'Agence nationale du renseignement +Service de renseignements d'Etat+", selon un communiqué officiel lu mardi soir à la télévision publique.

Ce nouveau service "s'abstiendra désormais de toute arrestation, détention ou activité inconstitutionnelle, en particulier au regard des droits civiques et humains", selon le texte.

La Gambie sort d'une crise à rebondissements de six semaines provoquée par le revirement de Yahya Jammeh, qui a annoncé le 9 décembre contester la victoire électorale de M. Barrow, candidat d'une large coalition de l'opposition, une semaine après l'avoir reconnue.

Accueilli le 15 janvier au Sénégal, à la demande de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui craignait pour sa sécurité en Gambie tant que M. Jammeh était en place, M. Barrow a prêté serment le 19 janvier à l'ambassade de Gambie à Dakar.

Peu après, la Cédéao lançait une opération pour forcer au départ M. Jammeh, qui a finalement quitté le pays le soir du 21 janvier pour un exil en Guinée équatoriale, à la suite d'une ultime médiation mauritano-guinéenne.

Avec AFP

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