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Dans les eaux sénégalaises, lutte acharnée entre les pêcheurs artisanaux et les exploitants industriels


A Rufisque, les acteurs de la pêche s’active pour sauver leur gagne-pain, le 15 novembre 2021.

Six ans après l'accord de Paris, la conférence de Glasgow sur le climat a ravivé quelques espoirs. Un moment bien choisi par les pêcheurs, mareyeurs, organisations de femmes transformatrices de produits halieutiques pour décrier encore une fois les conséquences écologiques des usines de farine et d'huiles de poissons.

Sur la plage de Rufisque, village traditionnel de pêcheurs située à la sortie de la région de Dakar, les pirogues arrivent à quai mais la joie habituelle des pêcheurs est restée en haute mer. Ces derniers sont confrontés à un manque criard de poissons depuis quelques temps et ils imputent la faute aux usines de transformation installées le long de la côte.

Tamsir ne mâche pas ses mots.

"Pour dire vrai tant que les usines seront là, d'ici 2035 on n'aura pas de poissons parce que les petits poissons sont même achetés par les usines", affirme-t-il. "On devrait faire pareil et imposer des périodes de repos pour que les poissons puissent se reproduire et grandir. Je reviens de la mer et je n'ai eu que trois poissons, trois petits poissons", se lamente-t-il.

C’est le même problème que rencontrent les femmes transformatrices de produits halieutiques qui n’ont pratiquement plus de matière première. Aissatou Faye, présidente du GIE Bokk Jomm, affirme que cette situation tue l’économie maritime locale petit à petit.

"On n’a plus les poissons qu’il nous faut à cause des bateaux étrangers, mais pire les petits poissons sont pris par l'usine qui envoie des camions charger ça dès que les bateaux et les pirogues arrivent parce qu’on n’a pas les moyens financiers pour rivaliser avec eux", se plaint-elle.

Pour la porte-étendard des femmes transformatrices, cela cause une "pénurie de poissons surtout qu’on n’a pas les moyens de rivaliser ". "De plus en plus, les pêcheurs peinent à trouver le poisson qui est leur gagne-pain", explique-t-elle.

De son côté, le mareyeur Mamadou Niang dit Niangara estime que "tous les jours, il y a des revendications pour fustiger la situation et les difficultés rencontrées".

Greenpeace en appui

Pour faciliter l’union sacrée des parties prenantes et les aider à porter le plaidoyer devant les autorités compétentes, l’ONG Greenpeace a proposé son assistance. Pour Abdoulaye Ndiaye, chargé de campagne Greenpeace, il s’agit d’aider les acteurs locaux mais surtout les femmes transformatrices.

"Il ne faut pas oublier que ces femmes font vivre leurs familles grâce à leur travail et subviennent aussi à la scolarité et parviennent aussi à traiter les maladies de leurs familles de leurs enfants à partir des gains récoltés de la transformation artisanale. Aujourd’hui, la concurrence déloyale que leur mène les usines font que ces femmes vivent dans une précarité totale", argumente-t-il.

Pour y remédier et sauvegarder la pêche artisanale et les activités connexes, un plaidoyer actif est fait au niveau des autorités nationales. Mais les acteurs locaux veulent également une plateforme impliquant les acteurs de la sous-région pour un impact plus grand.

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