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Colère après la mort d'un pêcheur sénégalais à Saint-Louis

Des pêcheurs déchargent leurs pirogues à Guet Ndar, au Sénégal, le 4 février 2018.(VOA/Seydina Aba Gueye)

La semaine dernière, les garde-côtes mauritaniens ont tiré sur une pirogue de pêcheurs sénégalais tuant un membre de l’équipage avant de retenir les huit autres membres comme prisonniers, ce qui a ravivé les tensions entre Dakar et Nouakchott.

À Guet-Ndar, sur la langue de Barbarie dans la région de Saint-Louis, les pêcheurs ruminent leur colère et demandent à l’Etat sénégalais de prendre ses responsabilités pour assurer leur sécurité en haute mer.

La maison mortuaire à Guet Ndar, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
La maison mortuaire à Guet Ndar, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

À Guet Ndar, les pêcheurs ont arrêté leurs activités pour rendre un dernier hommage au jeune Serigne Fallou Sylla tué dans des circonstances encore floues.

L'oncle de la victime, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
L'oncle de la victime, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Pape Mar Dieye, oncle de la victime, soutient que la perte est brutale et immense pour la famille.

"Ce drame, nous l’avons vécu avec un grand chagrin, avec regret parce qu’on ne peut pas concevoir que l’on fusille les gens comme des mouches", souligne-t-il.

"C’est la victime qui faisait tout pour sa mère donc si elle la perd d’une façon aussi tragique et subite, c’est un grand préjudice", confie-t-il à VOA Afrique.

>> Lire aussi : Manifestation au Sénégal après la mort d'un pêcheur tué par des garde-côtes mauritaniens

Le doyen Djibril Gueye, responsable au quai de pêche de Saint-Louis, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Le doyen Djibril Gueye, responsable au quai de pêche de Saint-Louis, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le doyen Djibril Gueye, un des responsables du quai de pêche de St-Louis estime que la réaction des garde-côtes mauritaniens est extrême tout en signalant que ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident a lieu

"C’est grave et c’est même inacceptable parce qu’il y a des moyens d’arrêter ou de sanctionner des contrevenants. Mais de là à tirer des balles réels sur de paisibles pêcheurs saint-louisiens qui ont délibérément ou par inadvertance franchi les eaux territoriales mauritaniennes, en tout cas, cela est vraiment extrême", estime-t-il.

>> Lire aussi : Sommet Sénégal-Mauritanie jeudi après la mort d'un pêcheur de Saint-Louis

Baye Diallo, coordonnateur de la pêche artisanale à Saint-Louis, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Baye Diallo, coordonnateur de la pêche artisanale à Saint-Louis, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Pour Baye Diallo, coordonnateur de la pêche artisanale de Saint-Louis, les autorités doivent faire plus pour accompagner le secteur maritime

"Il faut que l’Etat sache que malgré tout ce qu’on dit sur les lois et règlements, si on ne les applique pas, ça ne sert à rien. On n’ira pas loin. La surveillance maritime ne doit pas se limiter à la frontière. On doit surveiller la façon de pêcher, d’aller en haute mer et de revenir. Malheureusement, il y a un laisser-aller un petit peu partout", selon lui.

En attendant la libération des huit pêcheurs toujours retenus en Mauritanie, Oumar Gueye, ministre de la Pêche, affirme à VOA Afrique que le gouvernement sénégalais est décidé à faire la lumière sur cette affaire afin que cela ne se reproduise plus.

>> Lire aussi : Retour au calme à Saint-Louis et appels au dialogue entre Dakar et Nouakchott

Le ministre de la Pêche en pleine séance d'explication au quartier Guet Ndar, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Le ministre de la Pêche en pleine séance d'explication au quartier Guet Ndar, au Sénégal, le 4 février 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Il faut que les pêcheurs puissent continuaient à travailler convenablement. Le gouvernement est en train de faire les démarches nécessaires pour arranger les choses. Notre ambassadeur à Nouakchott est à pied d’œuvre pour que les pêcheurs retenus sur place puissent rentrer sur Saint-Louis et que leur matériel leur soit restitué".

Pour protester contre les abus dont ils se disent victimes en haute mer, les pêcheurs de Guet-Ndar ont attaqué la communauté mauritanienne établie à Saint-Louis en vandalisant plusieurs commerces et propriétés appartenant à ces derniers.

Seydina Aba Gueye, envoyé spécial à Guet-Ndar

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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