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Sommet Sénégal-Mauritanie jeudi après la mort d'un pêcheur de Saint-Louis

Le président sénégalais Macky Sall (à gauche) et le président français Emmanuel Macron (à droite) se tiennent la main après le discours de Macron à Saint-Louis, au Sénégal, le 3 février 2018.

La Mauritanie et le Sénégal aborderont leur différend en matière de partage des ressources halieutiques au cours d'un sommet bilatéral le 8 février, a annoncé samedi le président sénégalais Macky Sall, une semaine après la mort d'un pêcheur de Saint-Louis tué par des garde-côtes mauritaniens.

Indiquant avoir été invité par son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, Macky Sall a expliqué qu'il se rendrait à Nouakchott "afin que cette question liée aux conditions d'exploitation des ressources halieutiques et aux conditions d'octroi des licences de pêche soient rediscutée, dans le respect de la souveraineté de la Mauritanie mais également dans la nécessité de nos deux pays de travailler ensemble".

Macky Sall s'exprimait devant une foule compacte d'habitants de Saint-Louis (nord) à l'occasion de la visite du président français Emmanuel Macron, qui a également "rendu hommage à votre frère mort" lors d'un discours.

>> Lire aussi : Macron promet l'aide de la France contre l'érosion à Saint-Louis du Sénégal

"Soyez rassurés que tout cela mènera à ce que nos vaillants pêcheurs puissent continuer à exercer leur métier, tout en respectant les lois de la Mauritanie", a poursuivi Macky Sall. "Nous avons, au-delà de la pêche, beaucoup d'intérêts convergents, car vous le savez, une importante découverte de gaz naturel nous réunit à la Mauritanie, et nous parlerons de tout cela".

Dans la nuit du 27 au 28 janvier, un pêcheur de Saint-Louis âgé de 19 ans a été tué lorsque des garde-côtes mauritaniens ont tiré sur sa pirogue, qui croisait illégalement dans les eaux mauritaniennes.

Les huit autres pêcheurs qui se trouvaient à bord ont été remis en liberté dans la nuit de vendredi à samedi, a rapporté samedi l'Agence de presse sénégalaise APS (officielle).

Des centaines d'habitants de Saint-Louis avaient manifesté lundi dernier pour protester contre la mort du jeune homme et réclamer des licences de pêche en Mauritanie. Des boutiques appartenant à des Mauritaniens avaient été pillées et des véhicules incendiés.

>> Lire aussi : Retour au calme à Saint-Louis et appels au dialogue entre Dakar et Nouakchott

L'armée mauritanienne a dénoncé le "comportement provocateur" de l'équipage de la pirogue, "à l'origine" selon elle de cet "incident regrettable ayant eu pour conséquence la perte d'une vie humaine".

"Sommée de s'arrêter, la pirogue a refusé d'obtempérer aux mises en gardes répétées et s'est même rapprochée du bateau de surveillance dans l'intention d'entrer en collision avec lui en vue de l'endommager", selon un communiqué.

Des incidents entre garde-côtes mauritaniens et pêcheurs artisanaux de Saint-Louis sont fréquents ces dernières années.

>> Lire aussi : Manifestation au Sénégal après la mort d'un pêcheur tué par des garde-côtes mauritaniens

Un accord de pêche qui liait Dakar à Nouakchott n'a pas été renouvelé depuis janvier 2016 en raison du refus de la partie sénégalaise d'observer l'obligation de débarquement des prises en Mauritanie, prévue par une nouvelle réglementation mauritanienne.

Les pêcheurs sénégalais, particulièrement ceux de Saint-Louis, sont confrontés à une raréfaction de la ressource halieutique dans leur pays due notamment à une surexploitation. Ils dépendent en partie des eaux poissonneuses de la Mauritanie voisine, selon des professionnels de la pêche.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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