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Les observateurs étrangers appellent à la patience au Kenya


Des électeurs debout devant des urnes au centre de collection à Nair0bi, Kenya, 9 août 2017.

"Il faut donner le temps à l'IEBC de poursuivre sa tâche, ils travaillent 24 heures sur 24", a déclaré la députée européenne Marietje Schaake, qui dirige la mission d'observation de l'Union européenne (UE). "Nous continuons d'appeler tout le monde à rester calmes, résilients et pacifiques".

Les observateurs étrangers déployés au Kenya pour les élections générales ont appelé le pays à la patience alors que la commission électorale (IEBC) est en train de compiler les résultats définitifs sur fond d'accusations de fraude électorale formulées par l'opposition.

Mercredi, l'opposition avait évoqué un piratage informatique et rejeté les résultats provisoires créditant le président sortant Uhuru Kenyatta d'une confortable avance. Ces accusations avaient été suivies d'échauffourées principalement dans des fiefs de l'opposition. Au total, quatre personnes ont été tuées dans deux incidents distincts.

L'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui dirige la mission d'observation électorale de l'influente Fondation Carter, a exprimé sa confiance dans l'intégrité du système mis en place par la commission électorale, qualifiant de "détaillé et transparent" le processus de vote et de comptage, qui, "s'il est suivi jusqu'à la fin, peut donner confiance quant aux résultats".

Pour que les résultats provisoires puissent être validés, ils doivent être corroborés par les procès-verbaux venus des 40.883 bureaux de vote. La commission espère recevoir les procès-verbaux dont elle ne dispose pas d'ici à vendredi midi.

"Nous avons observé ci et là des variations mineures témoignant d'une déviation par rapport à la procédure établie, mais nous avons le sentiment jusqu'à présent qu'aucune d'entre elles n'a affecté l'intégrité du processus dans son ensemble", a déclaré John Kerry lors d'une conférence de presse à Nairobi.

Il a notamment évoqué des irrégularités liées au système biométrique de reconnaissance des électeurs, ainsi que des assesseurs donnant de mauvaises instructions aux électeurs.

Dans une apparente référence aux accusations de piratage informatique de l'opposition, M. Kerry a par ailleurs soutenu que "le système judiciaire et les lois électorales kényanes disposent de provisions tout à fait adéquates en vue de rendre des comptes dans le cadre de cette élection, mais pas la rue".

"Il faut donner le temps à l'IEBC de poursuivre sa tâche, ils travaillent 24 heures sur 24", a pour sa part déclaré la députée européenne Marietje Schaake, qui dirige la mission d'observation de l'Union européenne (UE). "Nous continuons d'appeler tout le monde à rester calme, résilient et pacifique".

Elle a également indiqué que les observateurs de l'UE, présents dans des bastions du pouvoir et de l'opposition, n'avaient remarqué le jour du vote "aucun signe de manipulation, localisée ou centralisée".

Environ 400 observateurs étrangers ont été déployés au Kenya, par l'UE et la Fondation Carter, mais aussi par l'Union africaine et l'organisation du Commonwealth. Des milliers d'observateurs locaux ont également été déployés.

L'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, à la tête de la mission de l'UA, s'est dit surpris du nombre important de bulletins de vote invalidés (397.200 selon les résultats provisoires, soit 2,67% du total).

Il a estimé que certains bulletins avaient été trop sévèrement écartés, mais aussi que les électeurs, dont beaucoup ont voté pour la première fois, devaient être mieux informés sur la manière de remplir un bulletin.

Avec AFP

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