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Les observateurs africains demandent l'autorisation des partis dans le royaume d'eSwatini


Le roi Mswati III d'eSwatini prononce un discours lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2017.

Les observateurs de l'Union africaine (UA) ont demandé samedi au petit royaume africain d'eSwatini, une des dernières monarchies absolues de la planète, de lever l'interdiction des partis politiques et de permettre aux candidats de faire campagne librement dans l'ex-Swaziland.

Cette demande insistante des observateurs africains est intervenue au lendemain des élections législatives.

Les candidats ne peuvent être affiliés à un groupe politique, aux termes de la Constitution qui insiste sur le fait que le "mérite individuel" est le critère permettant de sélectionner les membres du Parlement et les responsables gouvernementaux.

Les candidats, dont la plupart sont loyaux au roi Mswati III, se sont présentés à titre personnel et non sous l'étiquette d'un parti.

Même si les formations politiques ne sont plus interdites depuis 2005, elles ne sont toujours pas autorisées à participer aux élections. Plusieurs partis de l'eSwatini avaient appelé les électeurs à bouder les bureaux de vote, qui ont fermé vendredi soir. Le scrutin a été qualifié de "farce" par les partis politiques.

Les élections sont "truquées" par le roi, a affirmé le parti Pudemo, qualifié par les autorités d'organisation terroriste.

Les parlementaires ne jouissent que de peu de pouvoir, le roi Mswati III ayant le contrôle complet du Parlement, du gouvernement, du pouvoir judiciaire, des fonctionnaires et des forces armées.

"La mission (des observateurs de l'UA) encourage les autorités de l'eSwatini à envisager de réviser le decret de 1973 sur l'interdiction des partis politiques et de leur permettre de participer librement à ces élection", a déclaré le chef de la mission de l'UA, James Michel, ancien président des Seychelles.

L'UA a également noté qu'il existait une interdiction de faire campagne au premier tour des élections.

La campagne a été autorisée un mois avant le scrutin de vendredi. Tout le matériel de campagne devait être approuvé par la commission électorale. Seules quelques rares affiches des candidats ont pu être vues dans le pays. Il n'y a pas eu de meetings politiques.

Ce scrutin "n'est rien que de la poudre aux yeux", a estimé le Parti communiste. "Les partis politiques ne peuvent pas participer aux élections, ce à quoi il faut ajouter la censure des médias et le manque de liberté pour les réunions publiques. La mainmise de la monarchie est omniprésente".

La chambre basse composée de 69 membres - 59 élus et 10 nommés par le roi - ne peut adopter de loi qui n'aurait pas reçu le blanc-seing du monarque.

Mercredi, la police avait dispersé à coups de canons à eau des centaines de personnes qui défilaient à Manzini (centre) pour dénoncer le coût de la vie et la corruption du régime.

Mswati III, 50 ans et marié quinze fois, notamment avec de jeunes vierges choisies lors de la fête traditionnelle des roseaux, est régulièrement mis en cause pour son train de vie dispendieux. Il possède jets privés et palaces.

Avec AFP

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