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Les manifestants paralysent Hong Kong, report de l'examen d'un texte controversé

La gouverneure générale de Hong Kong, Carrie Lam, face à la presse à Hong Kong, le lundi 10 juin 2019.

Les autorités hongkongaises ont reporté mercredi l'examen d'un projet de loi controversé visant à autoriser les extraditions vers la Chine alors que des milliers de manifestants bloquaient plusieurs artères principales au coeur de la ville pour dire leur refus du texte.

Des milliers de protestataires vêtus de noir, pour la plupart des jeunes gens, encerclaient les bâtiments du gouvernement dans le centre de l'île de Hong Kong et paralysaient la circulation pour exiger le retrait du projet soutenu par Pékin.

Les rangées de policiers anti-émeutes déployées pour l'occasion, portant pour bon nombre d'entre eux des masques, des casques et des lunettes de protection, étaient bien moins nombreux que les protestataires.

Ces derniers s'étaient mobilisés en vue de l'examen en deuxième lecture par le Conseil législatif (Legco, Parlement) du projet de loi. Mais alors que les foules continuaient d'enfler, le président de cette assemblée dominée par les députés proPékin a annoncé que les débats étaient reportés à une "date ultérieure".

Comme en écho à l'immense mouvement prodémocratie de l'automne 2014 qui avait paralysé des quartiers entiers de la mégapole pendant plus de deux mois, les manifestants ont envahi des voies principales de circulation du centre-ville à l'aide de barrières métalliques. Certains protestataires arrachaient des pavés sur les trottoirs.

Des policiers gardant le LegCo ont fait usage de gaz au poivre à l'encontre des manifestants, brandissant également des pancartes pour les avertir qu'ils étaient prêts à utiliser la force en cas d'assaut de la foule.

L'ancienne colonie britannique, haut lieu de la finance internationale, fut le théâtre dimanche de la plus importante manifestation jamais organisée depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des foules immenses, estimées par les organisateurs à un million de personnes, ont exigé des autorités qu'elles renoncent à leur projet de loi soutenu par Pékin.

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d'habitants n'a pas fait bouger d'un pouce la cheffe du gouvernement local Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi. Elle a également mis en garde l'opposition contre toute "action radicale".

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu'une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l'image internationale et l'attractivité du territoire semi-autonome.

- Grèves -

Au terme de l'accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à la rétrocession de 1997, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047.

L'ex-colonie britannique est cependant depuis une dizaine d'années le théâtre d'une forte agitation politique en raison de l'inquiétude générée par l'ingérence grandissante de Pékin dans ses affaires intérieures, et par le sentiment que le fameux principe "Un pays, deux systèmes" n'est plus respecté.

Plus d'une centaine d'entreprises et de commerces ont annoncé leur fermeture mercredi en signe de solidarité avec les opposants au texte. Les principaux syndicats étudiants ont appelé au boycottage des cours pour permettre aux élèves de participer à la protestation.

Plus de 1.600 employés de compagnies aériennes ont signé une pétition demandant à leur syndicat de se mettre en grève. Un syndicat de chauffeurs de bus a invité de son côté ses membres à conduire très lentement pour marquer leur soutien aux manifestants.

"C'est le gouvernement qui force les gens à l'escalade, je crois qu'il est inévitable que ça chauffe cette fois ci", déclarait Lau Ka-chun, un manifestant de 21 ans.

Des enseignants, infirmières et travailleurs sociaux ont également fait part de leur volonté de cesser le travail dans ce territoire où les grèves sont rares.

Dans la nuit, environ 2.000 manifestants avaient organisé une veillée devant les bâtiments du gouvernement, chantant pour certains des hymnes.

- Méfiance -

Pendant toute la soirée de mardi, les policiers avaient inondé le quartier, arrêtant de nombreux jeunes qui arrivaient sur les lieux pour les fouiller.

Le projet de loi doit permettre les extraditions vers toutes les juridictions avec lesquelles aucun accord bilatéral n'existe, y compris la Chine continentale.

Un vote final sur le texte était attendu le 20 juin.

Le projet, disent les autorités, doit combler un vide juridique et faire que la ville ne soit plus un asile pour certains criminels. Elles assurent que des garde-fous existent en matière de droits de l'Homme et qu'il ne visera pas les opposants politiques à la Chine.

Mais après des années de tensions politiques, nombre de Hongkongais ne croient plus aux promesses de leur exécutif et se méfient des intentions du gouvernement chinois.

Lors du "Mouvement des parapluies" de la fin 2014, les manifestants prodémocratie avaient réclamé l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel. Pékin n'avait rien lâché.

L'opposition au projet de loi unit des franges très diverses de la population hongkongaise. Le diocèse catholique de Hong Kong a ainsi exhorté Mme Lam, une catholique fervente, à renoncer.

Pékin a répliqué en apportant son "ferme" soutien au texte, dénonçant également les "ingérences extérieures" dans les affaires de Hong Kong.

Avec AFP

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Hong Kong: la Chine diffuse des "aveux" vidéo d'un ex-employé du consulat britannique

La police chinoise a diffusé jeudi une vidéo dans laquelle un homme présenté comme un ancien employé du consulat de Grande-Bretagne à Hong Kong, Simon Cheng, semble avouer des contacts avec des prostituées lors de son arrestation en Chine l'été dernier.

Simon Cheng avait disparu le 8 août après s'être rendu à Shenzhen, une ville frontalière de Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine en proie à cinq mois de manifestations.

M. Cheng, détenteur d'un passeport hongkongais, a affirmé mercredi avoir été torturé durant sa détention en Chine.

Jeudi, la police de Shenzhen a diffusé sur son compte de réseau social Weibo une vidéo montrant ce qu'elle présente comme étant des aveux de l'ex-employé lors d'un interrogatoire.

"Nous vous avons dit que vous aviez le droit d'informer votre famille et votre avocat (de votre arrestation), pourquoi avez-vous refusé de le dire à votre famille?", demande un homme semblant être un policier mais qui n'apparait pas sur la vidéo.

"Parce que c'était un incident honteux. Je suis gêné d'en parler à ma famille. C'est pour ça que j'ai choisi de ne pas les prévenir", répond Simon Cheng, sans toutefois parler explicitement de prostituées.

La vidéo montre également des images de surveillance prises dans un couloir dans lequel un homme et une femme entrent dans une pièce qui s'apparente à une salle de massage.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier l'authenticité de ces images.

En Chine, il n'est pas rare que des suspects se livrent à des "aveux" filmés sous la contrainte, selon des groupes de défense des droits de l'homme.

Dans un long témoignage publié mercredi sur sa page Facebook, M. Cheng a affirmé avoir été torturé pendant de longs interrogatoires, les yeux bandés, et privé de sommeil.

L'ancien employé dit avoir été interrogé sur son rôle dans les manifestations, sur celui de Londres et sur ce qu'il savait de la participation de citoyens chinois à ce mouvement.

Les manifestations dans l'ancienne colonie britannique sont quasi quotidiennes depuis cinq mois pour dénoncer l'emprise de plus en plus pesante de Pékin sur les affaires du territoire autonome.

Les médias de Pékin répètent à l'envi que les manifestations sont téléguidées par les pays occidentaux, au premier rang desquelles les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le témoignage du jeune fonctionnaire était crédible et que ce qui lui avait été infligé relevait "d'actes de torture".

Hong Kong: ambiance de lendemain d'apocalypse sur le campus assiégé

Des ombres noires qui errent par petits groupes, des couloirs déserts jonchés de détritus et des cafards dans les cuisines dévastées: cinq jours après le début du siège de l'Université polytechnique (PolyU), une ambiance de lendemain d'apocalypse règne sur ce campus hongkongais.

Les manifestants censés tenir cette "forteresse" de briques dont les tours rondes dominent la péninsule de Kowloon sont invisibles ou presque.

Mais tous les bâtiments portent les stigmates de la bataille du week-end dernier, la plus violente depuis le début en juin de la contestation pro-démocratie.

"La police dit que nous sommes une centaine. Nous évitons de donner de chiffre mais je peux vous dire que nous sommes bien plus nombreux", affirme un manifestant masqué qui se présente comme "Mike", sans qu'on puisse dire s'il bluffe ou non.

Des centaines de protestataires ont quitté ces derniers jours la PolyU, dont une très grande majorité qui ont été arrêtés.

"La plupart d'entre nous sommes cachés", poursuit-il dans le réfectoire principal du campus. "Je viens récupérer de la nourriture et je vais à nouveau disparaître."

De fait, on croise entre les bâtiments de l'université bien plus de journalistes que de manifestants masqués. Ceux-ci circulent par petits groupes de trois, quatre ou cinq mais jamais plus. Et ce, dans l'éventualité d'un assaut policier, afin de répartir les "forces" sur le campus qui paraît immense.

- Film fantastique -

Il y a dans ces espaces vides et cette absence des bruits de la ville quelque chose d'irréel pour une mégapole hyperactive de 7,5 millions d'habitants, bâtie sur un territoire exigu.

Et la PolyU a des airs de film fantastique dans lequel une poignée de personnes auraient survécu à une apocalypse. Ou de zone de guerre.

Sur les "lignes de front" barricadées, d'où on distingue à quelques centaines de mètres les policiers en tenue kaki, des parapluies ouverts ont été abandonnés, mais aussi des gants, des lunettes, des barrières de plastique fondu par les flammes des cocktails Molotov...

"La bataille de samedi et dimanche a été le combat le plus terrible de l'histoire hongkongaise", raconte "Mike".

Ce "brave" comme sont surnommés les manifestants de première ligne confie qu'il a eu en main un arc et des flèches, "quelque chose contre lequel la police a menacé de tirer à balle réelle".

"On sait qu'il y avait des snipers en face", ajoute ce radical qui ne donnera ni son âge exact, "la trentaine", ni sa profession précise, "dans le domaine de la recherche et développement", paniqué à l'idée de pouvoir être identifié.

Dans le centre du campus, tous les bâtiments sont ouverts aux quatre vents, avec au sol les bris de leurs porte-fenêtres explosées et des détritus en tout genre, malgré les affiches écrites à la main pour demander de garder l'endroit propre.

- 'On a joué à Fifa' -

A l'intérieur des bâtiments, une odeur fétide émane de réfectoires et cuisines mises à sac, ou des restes de nourriture traînent, attirant des cafards de la taille d'un pouce.

Dans les parties communes, les distributeurs automatiques de snacks et de canettes ont depuis longtemps été pillés. Mais les frigos et congélateurs du vaste campus sont encore bien remplis.

"La police se trompe si elle croit que nous allons nous rendre", avance "Mike". "Nous avons toutes les ressources qu'il faut en eau et nourriture. On peut tenir un mois."

Certains trouvent même aux étages et escaliers déserts de la fac des airs de jeu vidéo, où chaque porte à ouvrir réserve son lot de surprise.

Au détour d'un couloir, trois manifestants très jeunes font irruption d'une salle où se trouvent les matelas de yoga sur lesquels ils se sont reposés. Tombant nez-à-nez sur un journaliste, ils remettent en vitesse le bandeau qui masque leur visage.

"Non, on n'est pas fatigué", lâche "Stephen", la vingtaine à peine, en descendant vers le principal réfectoire chercher ce qu'il peut y avoir à se mettre sous la dent.

Il est intégralement vêtu de noir. Tout un attirail de mousquetons accrochés à sa ceinture et les protections de vététiste qu'il porte lui donnent un air de Robocop.

"On a passé toute la soirée d'hier à jouer à la Playstation 4", plaisante-t-il en éclatant de rire avec ses camarades. "On a joué à Fifa."

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Shinzo Abe bat le record de longévité d'un Premier ministre japonais

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, à Tokyo le 24 juillet 2019.

Le Premier ministre japonais nationaliste Shinzo Abe a dépassé mercredi le record de longévité à la tête du gouvernement du pays, mais nombre de ses ambitions, dont une réforme de la Constitution, semblent difficiles à atteindre.

Mercredi marque son 2.887ème jour à ce poste, soit un de plus que celui atteint par Taro Katsura, trois fois Premier ministre entre 1901 et 1913.

M. Abe arrive en deuxième position au sein des pays du G7, derrière la chancelière allemande Angela Merkel, en poste depuis 2005.

Egalement président de sa formation politique, le Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur), son pouvoir reste solidement ancré et il devrait s'y maintenir au moins jusqu'en septembre 2021. Mais il est encore loin du but sur certains des chantiers qu'il s'est promis de réaliser.

Il a récemment rappelé son projet de révision de la Constitution pacifiste imposée par l'occupant américain après la capitulation du Japon après la Seconde Guerre mondiale. Une révision dont le but est de changer le statut des Forces d'autodéfense du Japon pour leur donner plus de prérogatives.

Mais les partis d'opposition ont refusé jusqu'à présent d'adopter les mesures nécessaires pour engager ce processus. La réputation de M. Abe, 65 ans, a par ailleurs été ternie par la démission récente de deux de ses ministres et par un scandale de favoritisme.

Malgré ces déconvenues, les experts estiment que sa coalition n'est pas en grand danger au Parlement et soulignent l'absence de rival évident pour briguer son poste.

Outre la révision de la Constitution, M. Abe devrait se concentrer dans les prochaines années sur deux autres objectifs difficiles à atteindre: la libération de ressortissants japonais kidnappés dans les années 1970 et 1980 par des agents nord-coréens et la résolution d'un différend territorial opposant le Japon et la Russie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

M. Abe était le Premier ministre le plus jeune de l'histoire du Japon lorsqu'il avait pris son poste en 2006, à l'âge de 52 ans. Mais il avait démissionné un an plus tard, atteint pas des scandales et souffrant de problèmes de santé.

Il est revenu au pouvoir en 2012 en promettant notamment de relancer l'économie nippone avec un plan ambitieux baptisé "Abenomics", mais dont le bilan est jusqu'à présent mitigé. En matière de politique étrangère, c'est un allié indéfectible des Etats-Unis et un partisan de la fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord.

Avec AFP

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