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"Hong Kong écrit l'histoire": une marée blanche dans la rue pour dire "non" à Pékin

Des manifestants défilent dans une rue du centre-ville pour protester contre la loi sur l'extradition à Hong Kong le dimanche 9 juin 2019. (AP Photo / Vincent Yu)

Provenant de toutes les couches de la société hongkongaise, une mer de manifestants vêtus de blanc a bravé dimanche la chaleur dans une longue procession au coeur de l'ex-colonie britannique avec un mot d'ordre: défendre l'identité unique de leur territoire face aux ingérences de Pékin.

Il y avait des familles avec des bambins agitant des drapeaux, des personnes âgées en fauteuil roulant, des expatriés, des musiciens, des artistes, des cadres supérieurs, des militants associatifs.

La plupart avaient opté pour le blanc censé représenter la justice. Tous étaient là pour dire leur rejet d'un projet du gouvernement local pro-Pékin d'autoriser des extraditions vers la Chine continentale.

"Le projet de loi, s'il est voté, brouillera totalement la frontière entre Hong Kong et la Chine continentale", estimait dans la foule Ryan Leung.

"Cela détruirait totalement les libertés que nous avons toujours eues, et l'Etat de droit dont nous sommes si fiers."

Au terme de l'accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à sa rétrocession en 1997, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés qui n'existent pas en Chine continentale, et ce en théorie jusque 2047.

- "Nous ne pouvons laisser faire" -

L'ex-colonie britannique est cependant depuis une dizaine d'années le théâtre d'une forte agitation politique en raison de l'inquiétude que génère l'ingérence grandissante de Pékin dans ses affaires intérieures, et le sentiment que l'accord de rétrocession n'est plus respecté.

Mais si la ville a l'habitude des manifestations spectaculaires dans l'impressionnant décor de sa forêt de gratte-ciel, la mobilisation de dimanche était historique, du fait du nombre de personnes présentes.

Les organisateurs ont revendiqué un million de manifestants, la police a décompté 240.000 personnes, ce qui en ferait la deuxième manifestation la plus importante depuis la rétrocession.

Si elle s'est achevée par des heurts entre des jeunes gens masqués et les forces de la police antiémeute, la manifestation s'est déroulée toute la journée dans le calme, déversant une marée blanche sur des kilomètres de bitume, dans la moiteur subtropicale étouffante.

"Même avant ce projet de loi, il y a eu l'affaire des libraires", a déclaré Fiona Lau, 15 ans, en évoquant la disparition de libraires travaillant pour une maison d'édition critique de Pékin, et qui étaient pour certains réapparus ensuite en Chine.

"Une fois que le projet de loi aura été voté, notre situation deviendra encore plus critique. Nous ne pouvons laisser faire."

"Les gouvernements hongkongais et chinois ne sont pas sur un pied d'égalité", dénonce de son côté Chan Sze-chai, membre d'un syndicat étudiant.

- Arrestations politiques -

Pour lui, si Pékin demande l'extradition d'un dissident ou veut utiliser des poursuites judiciaires pour museler l'opposition, "il n'y a rien que l'exécutif hongkongais pourra faire".

"Il est impossible pour les Hongkongais de faire confiance aux gouvernements chinois et hongkongais."

Shaun Martin, un Britannique qui vit depuis cinq ans à Hong Kong, dit être descendu manifester en raison de l'arrestation en Chine de deux Canadiens juste après celle à Vancouver d'une dirigeante de la société chinoise Huawei.

Selon lui, si la loi sur l'extradition passe, rien n'empêchera que Hong Kong soit également le théâtre d'arrestations à caractère politique, dans le contexte de la dégradation des relations entre Pékin et certaines puissances occidentales.

"Des gens comme moi, des expatriés, nous sommes vraiment inquiets de ce que la Chine puisse procéder à des arrestations en représailles", explique-t-il.

Même une fois la nuit tombée, l'ambiance est longtemps demeurée festive dans une foule qui a accueilli dans une impressionnante clameur l'annonce du chiffre des participants.

"Hong Kong écrit l'histoire", a lancé Jimmy Shum, un des organisateurs.

Mais en soirée, le climat s'est dégradé avec des affrontements entre de jeunes militants au visage dissimulé par des masques et la police qui a eu recours au gaz au poivre.

L'échec du "Mouvement des Parapluies", cette énorme mobilisation prodémocratie qui avait paralysé le centre de Hong Kong pendant des semaines fin 2014, a eu pour conséquence de radicaliser une partie de la jeunesse qui ne croit plus aux manifestations pacifiques.

Certains militent même désormais pour l'indépendance, ce qui est une ligne rouge absolue pour Pékin.

"Si le gouvernement continue d'ignorer l'opinion de plus d'un million de personnes, comment peut on dire que Hong Kong est un territoire libre", interrogeait dans la soirée Philip Leung, 23 ans, devant le spectacle des affrontements avec la police.

Avec AFP

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Une fille meurt sous les coups d'une "exorciste" au Sri Lanka

La police a arrêté dimanche au Sri Lanka une femme se disant "exorciste" après la mort d'une fille de neuf ans qu'elle avait rouée de coups dans le cadre d'un rituel.

La femme, dont l'identité n'a pas été communiquée, est accusée d'avoir battu à plusieurs reprises la petite fille à coups de bâton en affirmant vouloir "faire sortir un démon qui avait pris possession de l'enfant", a expliqué le porte-parole de la police Ajith Rohana.

La petite fille avait été conduite par ses parents chez cette femme dans le village de Meegahawatte, tout près de la capitale Colombo. Des voisins, alertés par les appels au secours de l'enfant, sont arrivés trop tard pour la sauver.

"L'enfant s'était écroulée après les violents coups reçus. Elle a été déclarée morte à l'hôpital", selon M. Rohana.

La région a connu ces dernières années plusieurs cas de soi-disant tentatives d'exorcismes dont plusieurs ont provoqué des blessures voire le décès de ceux qui y étaient soumis, a-t-il ajouté.

Parmi les 21 millions d'habitants du Sri Lanka, nombreux sont ceux qui ont recours à des guérisseurs, sorciers ou exorcistes auto-proclamés.

Une militante libérée de prison en Inde après des accusations de torture

Manifestation de fermiers dans l'Haryana, le 27 décembre 2020. Les femmes ont joué un rôle croissant dans les contestations d'agriculteurs et d'ouvriers en Inde.

Nodeep Kaur, militante pour les droits du travail, arrêtée le mois dernier dans une manifestation ouvrière, a été libérée sous caution vendredi, quelques jours après que ses proches ont affirmé qu'elle avait été torturée et agressée sexuellement en détention.

Nodeep Kaur, âgée de 25 ans et appartenant à la communauté marginalisée des dalits (anciennement appelés "les intouchables"), avait été arrêtée dans une manifestation d'ouvriers devant une usine à la périphérie de la capitale indienne New Delhi.

Sa soeur Rajvir Kaur a confirmé vendredi qu'elle avait obtenu une libération sous caution de la Haute Cour du Pendjab et de l'Haryana (Nord). "Nous devons également lui faire passer un examen médical", a-t-elle précisé.

La police l'a arrêtée pour rassemblement illégal, tentative de meurtre et extorsion, selon des informations des médias locaux.

Son arrestation a déclenché une vague d'indignations et sa famille et ses partisans ont affirmé qu'elle avait été agressée sexuellement et torturée en détention. La police nie ces allégations.

Meena Harris, nièce de la vice-présidente américaine Kamala Harris, avait appelé à sa libération au début du mois, en tweetant qu'elle avait été "arrêtée, torturée et agressée sexuellement" en détention.

Le député travailliste britannique Tanmanjeet Singh Dhesi a évoqué l'arrestation de Nodeep Kaur au Parlement britannique, se disant alarmé par les accusations de torture.

La jeune femme a également participé au mouvement de protestations d'agriculteurs contre les réformes du gouvernement indien libéralisant les marchés agricoles.

Ces manifestations ont été abondamment commentées sur Twitter notamment par la pop star Rihanna et la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, suscitant la colère du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi.

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Une jeune domestique à Singapour ne pesait plus que 24 kilos à sa mort

Singapour

Une Singapourienne a reconnu avoir affamé, battu et tué sa domestique birmane qui ne pesait plus que 24 kilos au terme d'une année de sévices, selon les procureurs, qui y ont vu l'une des pires affaires de maltraitance de l'histoire de la cité-Etat.

Singapour compte environ 250.000 domestiques qui viennent généralement de pays asiatiques pauvres. Et les cas de mauvais traitement sont légions.

Mais les sévices endurés par Piang Ngaih Don jusqu'à son décès en 2016 avaient rarement été vus dans la ville, la jeune femme ayant reçu des coups de pied, de balai, été victime d'étouffement et de brûlures au fer à repasser, selon des documents judiciaires.

Gaiyathiri Murugayan, 40 ans, a plaidé mardi coupable de 28 chefs d'accusation, dont celui d'homicide volontaire. Passible de la prison à perpétuité, elle connaîtra sa peine ultérieurement.

"Le tribunal ressent une légitime colère à l'idée qu'un être humain en traite un autre d'une façon aussi inhumaine, et la loi doit s'appliquer dans toute sa force", ont affirmé les procureurs.

Piang Ngaih Don avait été embauchée en 2015 par Mme Gaiyathiri et son époux, un policier, pour s'occuper de leur fille de quatre ans et de leur garçon d'un an.

Mme Gaiyathiri infligea presque quotidiennement des sévices à son employée, et parfois plusieurs fois par jour, selon ces documents qui précisent que la mère de l'accusée, âgée de 61 ans, se livrait parfois aussi à des violences.

La domestique ne recevait que très peu à manger et perdit près de 40% de son poids pour ne peser finalement que 24 kilos au moment de son décès en juillet 2016. Elle n'était autorisée à dormir que cinq heures par nuit.

L'accusation n'a pas retenu la qualification la plus lourde qui aurait été passible de la peine capitale en prenant en compte le fait que l'accusée souffrait de plusieurs maladies, dont la dépression.

Son mari est également poursuivi.

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