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Ultrasurveillance à Pékin pour les 30 ans de Tiananmen

La place Tiananmen sous surveillance policière à Beijing le 3 juin 2019. (Photo de Nicolas ASFOURI / AFP)

Internet censuré, militants arrêtés, presse muselée: le gouvernement chinois impose une chape de silence à l'occasion des 30 ans mardi de la répression sanglante des manifestations de la place Tiananmen à Pékin.

L'anniversaire de l'intervention brutale de l'armée le 4 juin 1989 contre des manifestants pacifiques, qui réclamaient des réformes démocratiques et la fin de la corruption, fait toujours l'objet d'un tabou dans la sphère publique, voire dans les conversations privées.

A l'aube, un vidéojournaliste de l'AFP qui tentait d'accéder à la place Tiananmen pour la cérémonie quotidienne du lever des couleurs sur l'immense esplanade du coeur de Pékin s'est vu intimer l'ordre de rebrousser chemin.

"Il vous faut une autorisation du bureau d'administration de Tiananmen", ont expliqué les gardiens occupés à filtrer via des portiques électroniques les accès à la place.

Ces mesures de sécurité étaient encore plus strictes qu'à l'accoutumée, au grand dam de touristes de province qui n'ont pas pu arriver à temps sur la place pour la cérémonie.

En prévision de la date-anniversaire, le régime a arrêté ou éloigné des militants des droits de l'homme et interdit aux médias chinois d'évoquer l'événement.

Le Parti communiste au pouvoir bloque depuis plusieurs années l'accès à plusieurs sites étrangers (comme Facebook, Google, ou Twitter), où circulent des informations sur la répression. Le régime ordonne également aux réseaux sociaux de retirer tout contenu pouvant faire référence au massacre.

- "Vacciner" la société -

De mi-avril à début juin 1989, des millions d'étudiants, rejoints par des ouvriers et des intellectuels, s'étaient mobilisés pour demander des changements démocratiques et dénoncer la corruption et l'inflation.

Des soldats et des blindés avaient repris le contrôle de Pékin en faisant feu sur les manifestants et les simples civils présents le long des avenues et aux abords de la place Tiananmen.

Le nombre exact de victimes reste inconnu. Le gouvernement a évoqué "près de 300 morts" -- militaires compris. Mais la fourchette généralement admise est comprise entre 400 et plus d'un millier de décès.

Depuis Washington, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a rendu lundi un hommage appuyé aux "héros du peuple chinois qui se sont courageusement levés il y a 30 ans place Tiananmen pour exiger leurs droits".

Le patron du département d'Etat a paru faire son deuil de tout espoir de libéralisation du régime communiste.

"Dans les décennies qui ont suivi (la répression), les Etats-Unis ont espéré que l'intégration de la Chine dans la communauté internationale déboucherait sur une société davantage ouverte et tolérante. Ces espoirs ont été balayés. L'Etat chinois à parti unique ne tolère aucune dissidence et viole les droits humains à chaque fois que c'est dans son intérêt", a résumé M. Pompeo.

Pékin ne change pas d'un iota sa vision des événements, qualifiés il y a 30 ans "d'émeute contre-révolutionnaire".

Le ministre de la Défense, Wei Fenghe, a estimé dimanche que l'intervention de l'armée avait été une décision "correcte", permettant d'assurer la "stabilité et le développement" de la Chine.

Un éditorial du quotidien anglophone Global Times, proche du pouvoir et au ton nationaliste, a lui jugé lundi que la répression avait permis de "vacciner la société" contre toute agitation politique.

- "En réfection" -

Des mesures draconiennes étaient déjà en place lundi aux abords de la place Tiananmen, les forces de l'ordre interdisant de prendre des photos ou des vidéos.

Un journaliste de l'AFP, qui circulait en voiture autour de la place, a été stoppé par la police, laquelle a exigé qu'il efface les images présentes dans son appareil photo.

Un de ses confrères qui voulait réserver dans un grand hôtel proche n'a finalement pas pu obtenir une chambre avec vue sur la place, cette dernière étant soudainement "en réfection".

Toute velléité de commémoration par d'éventuels contestataires risquait fort de se faire loin du regard de la presse étrangère.

Une immense foule est cependant attendue mardi soir pour la traditionnelle veillée aux chandelles organisée annuellement à Hong Kong, le territoire autonome étant le seul endroit de Chine où une telle commémoration peut avoir lieu.

Malgré une baisse de la participation ces dernières années, des dizaines de milliers de personnes devraient être présents à cette manifestation, qui demande la justice pour les victimes et une démocratisation du pays.

Twitter a quant à lui présenté ses excuses ce weekend pour avoir suspendu il y a quelques jours des comptes publiant des commentaires critiques envers Pékin -- tout en démentant avoir agi sous pression des autorités chinoises.

Avec AFP

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Corée du Sud: 40 ans de prison pour le chef d'un gang de vidéos porno

Photo d'illustration (Reuters)

Le cerveau d'un réseau criminel sud-coréen qui contraignait des femmes, dont des mineures, à réaliser des vidéos pornographiques mises en ligne a été condamné jeudi à 40 ans de prison.

Cho Ju-bin, 25 ans, fut à la tête de ce gang de mai 2019 à février cette année, un intervalle au cours duquel 74 personnes, dont 16 mineures, furent contraintes, notamment par le chantage, à envoyer des contenus à caractère sexuel. Les vidéos étaient ensuite postées sur des forums payants ou envoyées par la messagerie Telegram.

"L'accusé a largement distribué des contenus sexuellement offensants qui avaient été créés en trompant ou en menaçant les victimes", a jugé le Tribunal du district central de Séoul, selon l'agence Yonhap, en affirmant qu'il avait ce faisant provoqué "un tort irréparable".

Le tribunal a ajouté qu'au vu de la gravité des crimes et du nombre de victimes, Cho Ju-bin devrait être "maintenu à l'écart de la société pendant une longue période de temps". Cinq de ses acolytes ont écopé de peines allant de sept à 15 années de prison.

La violence sexuelle en ligne et le partage illégal de contenus à caractère sexuel est un sérieux problème au sein de la société sud-coréenne, où les autorités sont accusées de laxisme face à ce type de délits. Le gouvernement a créé en 2019 une équipe dédiée à la traque des contenus illégalement partagés.

Dans une des affaires les plus médiatisées de ces dernières années, la star de la K-pop Jung Joon-young a été condamnée pour avoir tourné, à l'insu de ses partenaires, des vidéos de leurs rapports sexuels et les avoir partagées. Egalement reconnu coupable de viol en groupe, il purge une peine de cinq ans de prison.

La Corée du Sud est confrontée à un grave phénomène connu sous le nom de "molka", des caméras cachées installées pour filmer secrètement les femmes dans les lieux publics, toilettes, transport ou bureaux. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en 2018 à Séoul pour demander aux autorités d'agir contre cette forme de harcèlement.

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Un travailleur humanitaire condamné à mort pour viols sur mineurs au Pakistan

Aire de jeux à Lahore au Pakistan, 11 novembre 2017. (Photo AP/K.M. Chaudary)

Un travailleur bénévole a été condamné à mort au Pakistan, reconnu coupable de viols et abus sexuels en série sur mineurs et d'avoir téléchargé des vidéos pornographiques mettant en scène des mineurs.

"Il sera pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive", a déclaré le tribunal dans son verdict du 18 novembre, qui doit être confirmé par la Haute Cour de Lahore.

Sohail Ayaz avait été reconnu coupable de délits similaires au Royaume-Uni et en Italie avant d'être extradé vers le Pakistan où il a continué de s'en prendre à des enfants, selon la police.

Ce travailleur bénévole avait collaboré avec l'ONG Save the Children, ainsi que dans le cadre d'un projet humanitaire en Afghanistan, selon un haut responsable de la police, Rai Mazhar.

M. Ayaz aurait avoué avoir violé environ 30 enfants au Pakistan, selon les enquêteurs, qui auraient trouvé en sa possession des dizaines de milliers de vidéos pornographiques.

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