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Les Maliens veulent "un nouveau départ", selon Ramata Sissoko Cissé

Des manifestants maliens exigent la démission du président malien Ibrahim Boubacar Keita sur la place de l'Indépendance à Bamako, au Mali, le 19 juin 2020. REUTERS/Matthieu Rosier

Les forces d'opposition maliennes prévoient une grande manifestation mardi pour exiger le départ immédiat du président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018.

"Nous sommes arrivés à la conclusion que la seule façon d'apporter la paix et la sécurité au Mali est qu'il démissionne", a confié Dr Ramata Sissoko Cissé à James Butty du service anglophone de la VOA.

Cette nouvelle manifestation intervient alors qu'il semble que les efforts de médiation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) n'aient pas encore porté leurs fruits.

Lundi le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, a de nouveau atterri à Bamako où il a assisté à la prestation de serment de la nouvelle Cour constitutionnelle. Il devrait poursuivre ses consultations mardi.

Mais selon Dr Cissé, la médiation de la CEDEAO n’ira nulle part vu que ni le gouvernement malien ni l'opposition n'ont respecté les recommandations issues du sommet des chefs de l’État sur la question malienne. Par exemple, a-t-elle expliqué, les 31 députés que la CEDEAO avait sommés de démissionner ont refusé de le faire.

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"Toutes leurs recommandations sont anticonstitutionnelles, elles ne respectent pas la constitution malienne, donc nous ne pouvons pas les suivre", a-t-elle affirmé.

"Mardi 11 août 2020, nous aurons une manifestation au Mali et dans toutes les communautés maliennes du monde", a-t-elle ajouté. "Nous voulons un nouveau départ".

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Les donateurs promettent 1,7 milliard de dollars pour accroitre l'aide humanitaire au Sahel

Des déplacés d’Arbinda, une localité du Sahel, à Dori, le 7 octobre 2019 (VOA/Lamine Traoré)

Les pays donateurs ont promis mardi , donner plus de 1,7 milliard de dollars au Sahel central, pour accroître l'aide humanitaire dans la région et éviter qu'elle ne plonge "dans l’une des plus grandes crises humanitaires au monde", a indiqué l'ONU.

Le montant de ces sommes promises par 24 gouvernements et donateurs institutionnels et destiné aux population du Niger, du Mali et du Burkina Faso, a été annoncé à l'issue d'une réunion par visioconférence des donateurs organisée conjointement par l'ONU, le Danemark, l'Allemagne et l'Union européenne.

"Une fois débloqués, les fonds permettront d’aider quelque 10 millions de personnes pour le reste de l’année 2020 et jusqu’en 2021 en matière de nutrition et d’alimentation, de services de santé, d’eau et d’assainissement, de logement, d’éducation, et de protection et de soutien aux victimes de violences basées sur le genre", selon un communiqué commun aux organisations et pays qui ont mis cette conférence sur pied pour attirer l'attention sur la situation dans cette région.

"La région du Sahel central arrive à un point de rupture", a mis en garde le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres lors de son intervention.

"Nous devons renverser cette spirale destructrice en donnant un nouvel élan à la paix et à la réconciliation", a-t-il souligné.

Un voeux pieux pour l'heure dans une région triplement touchée par les violences armées entre groupes jihadistes et forces gouvernementales appuyées par des forces internationales, le changement climatique qui bouleverse des écosystèmes et des modes de vie fragile par nature et aussi la pandémie de Covid-19.

"Plus de 1,5 million d’habitants de la région du Sahel central ont été contraints de quitter leur foyer à cause de la violence, soit un chiffre multiplié par vingt en deux ans. La violence basée sur le genre a grimpé en flèche, des millions d’enfants ne sont pas scolarisés et les services de santé et services sociaux de base font défaut. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë est trois fois plus important aujourd’hui qu’il y a un an", souligne le communiqué .

Treize millions de personnes, dont sept millions d'enfants, dépendent de l'aide humanitaire.

Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangère, a estimé que "tous les indicateurs sont dans le rouge foncé" et exhorté à ce que "les parties au conflit respectent leurs obligations en vertu du droit international et protègent le personnel humanitaire".

Rasmus Prehn, le ministre danois de la Coopération au développement et co-organisateur a demandé à l'ensemble des pays de "beaucoup plus nous concentrer sur des solutions à long terme aux défis qui sont à l’origine de la crise".

A l'instar de nombreux autre intervenants, Mark Lowcock, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a insisté sur le tribut très lourd que payent les femmes et les filles, mais a aussi souligné qu'"investir dans les femmes et les filles est la meilleure chose que nous puissions faire pour aller de l’avant".

Vingt-deux pays ont promis plus de fonds dont 14 pays de l'UE, ainsi que le Japon, le Canada ou encore la Corée du sud, en plus de l'Union européenne et d'un fonds largement financé par le Royaume-Uni, le Education Cannot Wait Fund.

La Suisse a promis 464,1 millions de dollars, les Etats-Unis 274,8 millions, le Danemark 183 millions, l'UE 122 millions et l'Allemagne 118,2 millions.

L'armée malienne approvisionne par voie aérienne un village assiégé

Des soldats français de l'opération Barkhane patrouillent au nord de Tombouctou le 6 novembre 2014.

L'armée malienne a déclaré mardi qu'elle avait largué de la nourriture par voie aérienne dans un village du centre du pays où plus de 2 000 habitants sont assiégés par des militants islamistes présumés depuis deux semaines.

La situation à Farabougou, dont la majorité de la population est d'origine bambara, a de nouveau souligné les difficultés du gouvernement à affirmer son autorité dans une partie du pays où les djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique gagnent du terrain.

Le siège a commencé il y a deux semaines lorsque les militants, qui se sont généralement rangés du côté des éleveurs peuls dans leurs conflits avec les communautés agricoles comme les Bambara, ont kidnappé plusieurs villageois et se sont heurtés aux chasseurs locaux.

Les troupes maliennes n'ont pas pu atteindre Farabougou par voie terrestre car les fortes pluies ont rendu les routes impraticables, a déclaré un habitant de la région.

Dans un communiqué, les forces armées maliennes ont déclaré qu'un avion de transport avait "mené une action humanitaire importante" lundi et mardi en larguant une cargaison de produits de première nécessité à Farabougou.

Mais un habitant d'un village voisin, qui a demandé à ne pas être nommé, a déclaré que les réserves de céréales et d'huile de cuisine étaient insuffisantes pour répondre aux besoins de la population.

"Rien n’a changé. Le village est toujours en état de siège. Personne n'entre ou ne sort", a-t-il dit.

Le centre du Mali est apparu ces dernières années comme l'épicentre de la violence islamiste et interethnique dans le pays, dans le cadre d'une détérioration plus large de la sécurité dans toute la région semi-aride du Sahel.

L'insécurité a été l'un des facteurs déterminants du coup d'État militaire du 18 août qui a renversé le président de l'époque, Ibrahim Boubacar Keita.

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