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Les médias privés tchadiens plaident pour un plan de sauvetage

Les responsables des journalistes tchadiens demandent au gouvernement d'appuyer les médias privés à N'Djamena, au Tchad, le 19 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Les mesures barrières prises par le gouvernement tchadien pour lutter contre la propagation du coronavirus ont un impact négatif sur les médias. Certains responsables des médias privés procèdent à la réduction de salaires de leurs employés et se débarrassent du personnel jugé non essentiel. Les responsables des radios et télévisions privées affirment qu’ils risquent de fermer si le gouvernement ne leur vient pas en appui.

Depuis l’avènement du nouveau coronavirus, avec son corollaire de mesures barrières, les journalistes tchadiens -- surtout ceux des médias privés -- broient du noir. Certains journaux revoient leur production à la baisse en raison de la mévente et réduisent de manière drastique les salaires de leurs employés, allant de 20 à 40%.

Coronavirus: la presse tchadienne en difficultés
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Des radios privées en revanche, augmentent leur temps d’antenne pour sensibiliser la population au respect strict des mesures barrières.

Dénémadji Yolande, chargée de programme à la radio Arc-en-ciel à N'Djamena, au Tchad, le 19 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dénémadji Yolande, chargée de programme à la radio Arc-en-ciel à N'Djamena, au Tchad, le 19 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Pour Dénémadji Yolonde, chargée des programmes de la radio "Arc-en-ciel", une radio confessionnelle, la grille de programmes a été modifiée pour accompagner le gouvernement dans sa politique de sensibilisation, mais aucun financement n'a été débloquer pour combler ce vide. La rédaction fait le travail avec les moyens de bord.

Djimet Wiché, directeur de publication du journal "Alwhida", un média en ligne, lui, met une partie de son personnel au chômage technique. Il s'agit surtout les collaborateurs externes et du personnel non essentiel. Sur le plan financier, il déclare n’avoir pas reçu des annonces et des publicités qui constituent la force principale de chaque organe de presse. Ce qui affecte négativement les activités de sa rédaction, a t-il déploré.

Si quelques journaux tiennent encore le coup, c’est un travail de sacrifice estime Samory Ngaradoumbé, président de l’Association des éditeurs de la presse privée du Tchad.

"Si nous fermons les portes, qui va porter le message nécessaire à la population? Il y a un travail de sacrifice qui est là et c’est au mérite des journalistes qu’il faut reconnaître", a-t-il déclaré.

Leubnodji Tah Nathan, responsable d'une organisation des journalistes reporter à N'Djamena, au Tchad, le 19 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Leubnodji Tah Nathan, responsable d'une organisation des journalistes reporter à N'Djamena, au Tchad, le 19 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Pour Leubnodji Tah Nathan, qui dirige une organisation des journalistes reporters, la presse tchadienne est en train de mourir à petit feu.

Il explique que certaines rédactions sont menacées d’expulsion parce qu’elles n’ont pas payé le loyer. Il précise pour une dizaine de journaux, il est impossible d'aller à l’imprimerie parce qu’ils ont des dettes à payer.

Les responsables des télévisions et radios privées du Tchad demandent au gouvernement un appui financier à ces médias.

Selon Mekondo Sony, président de l’Union des radios privées du Tchad, les médias privés accordent un sursis de trois jours à compter du lundi 18 au nouveau Comité de gestion de la crise sanitaire pour répondre à leurs revendications. A défaut d’une réponse favorable, tous les médias privés se verront dans l’obligation d’engager des actions conséquentes, menace le patron des radios privées du Tchad.

Le président Déby vient de mettre sur pied, par décret, un Comité de gestion de crise sanitaire placé sous son autorité en lieu et place de la cellule de veille qui a montré ses limites dans cette lutte. Selon le communiqué officiel publié ce dimanche 17 mai, les autorités médicales parlent de 503 cas d’infection au Covid-19 et 53 de décès au Tchad.

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Le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine sous mandat de dépôt à N'Djamena

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Un concert à huis clos à N'Djamena

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Des étudiants tchadiens tentent désespérément de regagner leurs universités au Cameroun

Des étudiants tchadiens, au Tchad, le 27 septembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Les étudiants tchadiens qui étudient au Cameroun sont bloqués au Tchad depuis l’apparition du coronavirus. Ils ne peuvent pas retourner reprendre les classes en raison de la fermeture des frontières due à la pandémie. Les autorités camerounaises annoncent la reprise des cours pour ce 1er juin.

Par manque d’infrastructures universitaires et la perturbation quasi quotidienne des années académiques, des milliers des jeunes tchadiens s’inscrivent dans des universités du Cameroun voisin pour leurs études supérieures.

Les Tchadiens qui étudient au Cameroun sont bloqués
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Avec la pandémie, de nombreux étudiants sont rentrés au Tchad. Mais les autorités camerounaises ont annoncé la reprise des activités académiques ce 1er juin alors que les frontières entre les deux pays restent fermées. Ceux qui ont tenté de contourner cette décision en voulant traverser par le fleuve ont été interceptés par les agents de sécurité.

Oumar Yaya Hissein, ministre tchadien de la communication, au Tchad, le 27 septembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Oumar Yaya Hissein, ministre tchadien de la communication, au Tchad, le 27 septembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Oumar Yaya Hissein, "les frontières sont fermées et ceux qui traversent clandestinement, nous leurs opposons la loi. Nous sommes dans une phase très difficile de crise de pandémie à gérer donc qu’on laisse le gouvernement gérer cette situation".

Les étudiants ont mis sur pied un collectif qui a mené des démarches et obtenu des autorités en charge de la sécurité publique une autorisation de déplacement collectif pour repartir au Cameroun via le sud du Tchad.

Pendant que le collectif organise les étudiants de N’Djamena pour un voyage paisible, ceux des trois provinces du Sud notamment Sarh, Doba et Moundou ont tenté d’entrer au Cameroun par Koutéré. Ils ont été bloqués à la frontière, comme en témoigne un étudiant à VOA Afrique sous l’anonymat.

"Nous sommes arrivés samedi autour de 15 heures, la frontière camerounaise n’est pas ouverte. Nous sommes très nombreux et ils nous ont fait comprendre que du côté du Tchad, il n’y a pas de soucis, on devrait déjà traverser mais que c’est le Cameroun qui ne veut pas qu’on traverse", renseigne-t-il.

Blaise Nadjiri Nagrlédé, porte-parole du Collectif des étudiants tchadiens au Cameroun, demande aux autorités médicales de prendre des dispositions pour éviter "que nous soyons mis en quarantaine Cameroun". "L’autorisation de voyage collectif a été déjà signée et donc notre priorité c’est nos études", a-t-il déclaré.

Selon le ministre Oumar Yaya Hissein, le retour des étudiants tchadiens au Cameroun doit être géré diplomatiquement. Mais pour l’instant dit-il, "la priorité du gouvernement, c’est d’abord de maitriser la chaine de contamination à coronavirus".

Il rappelle que les deux pays ont fermé leurs frontières pour éviter la chaine de propagation. "Et Donc pour l'instant", précise-t-il, "il n’y a aucun protocole qui dit que les étudiants qui sont ailleurs peuvent revenir au Cameroun".

Quelques 10.000 étudiants tchadiens au Cameroun sont concernés par cette impasse. Au fil des jours, beaucoup craignent de rater la suite de l’année académique.

Les Tchadiens qui étudient au Cameroun sont bloqués

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Les Tchadiens qui se rétablissent du coronavirus ont du mal à être acceptés

Un local d'un hôpital public de N'Djamena, le 27 juillet 2017. (VOA/André Kodmadjingar).

Les malades guéris de la maladie Covid-19 au Tchad sont marginalisés par leur entourage. Même certains agents de santé qui ont été contaminés en plein exercice de leurs fonctions ne sont pas épargnés. Des malades guéris sont rejetés par leur famille et trouvent refuge dans les lieux de culte.

Mathias Dourang, étudiant en 4e année de droit à l’université de N’Djamena, dit avoir été stigmatisé toutes les fois qu’il sort dans le quartier. On l’appelle "coronavirus", "Covid-19" en terme de moquerie alors qu’il avait été déclaré guéri par les autorités médicales.

Attestation en main, il devient sans domicile fixe. Rejeté par sa famille qui dit avoir subi beaucoup de préjudices et d’humiliation à cause lui, il trouve refuge à l’église depuis trois semaines. Mathias Dourang demande au gouvernement d’accorder une protection juridique aux personnes qui sont victimes de cette maladie. Il invite aussi ceux qui se sont rétablis à briser le silence afin que cette stigmatisation s’arrête.

Abba Zène, oncle du jeune étudiant guéri, affirme que sa famille était confinée, à cause de lui, pendant 14 jours et il considère cela comme une humiliation. Il dénonce la manière dont son neveu est parti se faire dépister et mettre en quarantaine et se dit découragé par son comportement.

Les Tchadiens guéris du coronavirus sont stigmatisés
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Profitant de la fermeture des lieux de culte, Mathias Dourang a élu domicile à l’église de l’Assemblée évangélique de Pentecôte du Tchad. Pour l’apôtre de l'église, Bamaré Jacques, il faut simplement avoir confiance aux médecins qui l’ont traité et ont attesté qu’il est totalement guéri. Il lance un appel à tous les Tchadiens afin qu'ils arrêtent de rejeter les malades guéris de la maladie covid-19.

Même le personnel soignant n’est pas épargné.

Manguelso Bang Beni, technicien supérieur en soins infirmiers, guéri après s’être infecté dans le cadre de la prise en charge d’un patient qui avait cette maladie, affirme à VOA Afrique qu’il est souvent stigmatisé par ses collègues.

Il témoigne que ses collègues se méfient de lui et le surnomment "corona". Il se dit choqué, et préfère ignorer ce surnom.

Pour Bessimbaye Nadlaou, chef de service du laboratoire à l’hôpital général de référence national, les personnes guéries ne présentent aucun risque pour leur entourage.

"En virologie, lorsque qu’un malade est guéri par réaction anticorps, il y a certains de ces anticorps qui circulent dans le sang après guérison. Même si quelques années après la même maladie va revenir, les anticorps sont là donc ils vont réagir automatiquement pour l’éliminer. C’est quand la personne devient de plus en plus vieille que les anticorps diminuent, c’est en ce moment qu’on est exposé. C’est ceux qui n’ont pas encore fait la maladie qui vont s’inquiéter", a-t-il déclaré.

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