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Victimes d'actes de violence, les médias sénégalais demandent plus de sécurité

Les organisations de presse se sont mobilisées suite à ces violences contre les acteurs des médias, à Dakar, le 5 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

En 2019, des journalistes avait subi une attaque à Tambacounda à la suite de violences meurtrières impliquant des membres du PUR. Ces derniers ont été condamnés à des peines allant de 3 mois à 15 ans de réclusion criminelle.

Une attaque contre les locaux du quotidien "Les Échos" à Dakar a remis au goût du jour les violences contre les médias et incité les associations de la presse à la mobilisation. Souvent victimes de menaces et quelques fois d'attaques verbales ou physiques, les journalistes comptent mettre fin à ces persécutions provenant des milieux politiques, religieux et coutumiers.

Lundi 3 août 2020, le quotidien "Les échos" avait mis à sa Une la contamination au Covid-19 et l'hospitalisation de Serigne Moustapha Sy, guide moral de la puissante association religieuse des moustarchidines et président du Parti de l'unité et du Rassemblement (PUR). Une information qui a déchaîné ses disciples qui sortent un communiqué menaçant le journal.

Une attaque contre les locaux du quotidien sénégalais "Les Échos"
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Le quotidien "Les Échos" est par la suite victime d'une violente attaque comme le relate le rédacteur en chef Mbaye Thiandoum. "Des gens ont débarqué au niveau du journal et ils se sont mis à attaquer notre matériel qu’ils ont complètement bousillé. Ils ont cassé pas moins de 8 ordinateurs et la télévision", ce dernier ajoute que les auteurs de l'attaque "se sont réclamés à leur arrivée comme des disciples de Serigne Moustapha Sy" avant de commettre le forfait.

Au lendemain de cette énième attaque contre les médias, la Coordination des associations de presse (CAP) s'est mobilisée pour mettre les autorités face à leurs responsabilités et réclamer plus de sécurité face à ces actes qui secouent l'un des piliers de la démocratie sénégalaise.


Pour les acteurs des médias, cet "acte de terreur lâche visiblement planifié et coordonné" appelle une condamnation de tout patriote soucieux du devenir démocratique du pays. La CAP en appelle à la responsabilité du gouvernement de la République du Sénégal afin que la "sécurité des journalistes" soit une "réalité institutionnelle" d’abord avec le "parachèvement des textes réglementaires qui sont toujours en souffrance dans les arcanes du pouvoir".

Au-delà de la saisine des autorités, le Syndicat des Professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) estime que c'est un combat que la presse doit mener avec fermeté sur tous les fronts possibles. Le Secrétaire Général du Synpics, Bamba Kassé, se dit surpris et déçu mais déterminé à mener ce combat.

"Nous pensions que le Sénégal avait dépassé ces périodes noires où on pointait du doigt la presse et où on essayait de la faire taire. Malheureusement cet acte nous renseigne que ce n’est pas encore le cas", s'insurge-t-il.

Pour lui, le rôle du syndicat est de "marquer sa solidarité mais aussi d’accompagner le média en question" dans toutes les actions judiciaires qu'il va entamer.

Le quotidien "Les Échos" a déposé une plainte et la section de recherches de la gendarmerie a d'ores et déjà procédé à l'arrestation de 6 personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'attaque.

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Une journaliste d'Al Jazeera tuée par balle lors d'un raid israélien en Cisjordanie

Des Palestiniens tiennent des photos de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh, qui a été tuée par des tirs de l'armée israélienne lors d'un raid, à Naplouse, en Cisjordanie occupée par Israël, le 11 mai 2022.

Selon al-Jazeera, Shireen Abu Akleh a été tuée "de sang froid" par les forces israéliennes.

La journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, une des plus connues de la chaîne panarabe al-Jazeera, a été tuée par balle mercredi matin alors qu'elle couvrait une opération de l'armée israélienne dans un secteur tendu de la Cisjordanie occupée.

Le ministère palestinien de la Santé et la chaîne al-Jazeera ont annoncé le décès de la journaliste vedette par un tir de l'armée israélienne lors de ces affrontements à Jénine, bastion des factions armées palestiniennes dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Un photographe de l'AFP sur place a fait état des tirs de l'armée israélienne et a vu le corps de la reporter qui portait un gilet pare-balles sur lequel était inscrit le mot "presse". Il a indiqué ne pas avoir vu de miliciens palestiniens à proximité de la scène où la journaliste a été tuée.

Un autre journaliste, Ali al-Samoudi, blessé lors de ces affrontements, a accusé l'armée israélienne d'avoir ouvert le feu sur les journalistes. "Nous étions en chemin pour couvrir l'opération de l'armée lorsqu'ils ont ouvert le feu sur nous (...) Une balle m'a atteint. La seconde balle a touchée Shireen", a-t-il déclaré.

L'armée israélienne a indiqué avoir mené au cours des dernières heures des opérations dans le camp palestinien de Jénine, et d'autres secteurs de Cisjordanie, afin "d'appréhender des personnes soupçonnées de terrorisme".

"Durant ces activités de contreterrorisme dans le camp palestinien de Jénine, des dizaines d'hommes armés palestiniens ont ouvert le feu et lancé des objets explosifs en direction des forces israéliennes, menaçant leur vie. Les soldats ont répliqué. Des personnes ont été atteintes", a indiqué l'armée israélienne.

"L'armée mène une enquête sur ces événements et envisage la possibilité que les journalistes ont été atteints par des hommes armés palestiniens", ont ajouté les militaires. "Selon les informations que nous avons réunies, il semble probable que des Palestiniens armés, qui ont ouvert le feu sans discernement à ce moment, sont responsables de la mort malheureuse de la journaliste", a plus tard renchéri le Premier ministre israélien Naftali Bennett.

Palestinienne, chrétienne, âgée d'une cinquantaine d'années et ayant aussi la nationalité américaine, Shireen Abu Akleh avait travaillé à "La Voix de la Palestine", Radio Monte-Carlo, avant de rejoindre la chaîne al-Jazeera, où elle s'est fait connaître à travers le Moyen-Orient pour ses reportages sur le conflit israélo-palestinien.

En milieu de journée, des Palestiniens déposaient des fleurs aux abords de la route au passage de la voiture transportant sa dépouille dans le nord de la Cisjordanie occupée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une balle "au visage"

Dans un communiqué, la chaîne al-Jazeera a affirmé que Shireen Abu Akleh a été tuée "de sang froid" par les forces israéliennes.

"Al-Jazeera condamne ce crime odieux, qui a pour objectif d'empêcher les médias de faire leur travail", a indiqué la chaîne qatarie, appelant la communauté internationale à "tenir pour responsables les forces d'occupation israéliennes pour avoir intentionnellement ciblé et tué Shireen", qui a reçu une balle "au visage" selon les autorités qataries.

Israël a offert aux Palestiniens une "enquête conjointe" sur la mort de la journaliste, a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Yaïr Lapid.

Le gouvernement palestinien a appelé à une "enquête internationale" sur la mort de la journaliste, a indiqué à l'AFP son porte-parole, Ibrahim Melhem, alors que le président Mahmoud Abbas avait de son côté accusé le "gouvernement israélien d'être entièrement responsable" du décès de Shireen Abu Akleh.

L'ambassadeur américain en Israël Tom Nides a quant à lui appelé à une "enquête approfondie" sur la mort de la journaliste "américano-palestinienne", aussi condamnée par l'émissaire de l'ONU au Proche-Orient, Tor Wennesland.

Un an après Gaza

La mort de Shireen Abu Akleh intervient près d'un an jour pour jour après la destruction de la tour Jalaa, où étaient situés les bureaux de la chaîne qatarie dans la bande de Gaza, lors d'une frappe aérienne israélienne en pleine guerre entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et l'Etat hébreu.

Cette guerre de 11 jours avait fait 260 morts côté palestinien parmi lesquels de nombreux combattants et des enfants, et 14 décès en Israël, incluant un soldat et deux mineurs.

Un an après la guerre à Gaza, la tension demeure entre l'Etat hébreu et le Hamas. Mercredi, un cadre du Hamas, Ghazi Hamad, a accusé les forces israéliennes d'avoir "intentionnellement tué" la journaliste d'al-Jazeera, ce que l'armée a nié.

Depuis le 22 mars dernier, Israël a été la cible d'une série d'attaques ayant fait au moins 18 morts. Deux de ses attaques ont été perpétrées par des Arabes israéliens, et quatre d'entre elles par des Palestiniens, dont trois jeunes originaires de Jénine, où l'armée israélienne a multiplié les opérations ces dernières semaines.

Dans la foulée de ces attaques anti-israéliennes, 31 Palestiniens incluant des assaillants et un jeune de 18 ans mercredi près de Ramallah, ont été tués dans des incidents avec l'armée israélienne.

Kenya: 65% des femmes journalistes subissent le harcèlement sexuel

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Au Kenya, les femmes sont les plus harcelées dans leur rédaction. C’est du moins ce qu’indique une étude internationale sur les médias...

À Goma, une salle de rédaction occupée à 100% par des femmes

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L'Union congolaise des femmes des médias a mis en place à Goma depuis trois ans un journal 100% féminin afin d'encourager les femmes à pratiquer le journalisme.

Le difficile métier de journaliste au Nigeria

Le difficile métier de journaliste au Nigeria
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Les journalistes nigérians sur la ligne de front du reportage sur les conflits reçoivent le soutien d'une nouvelle initiative médiatique. Timothy Obiezu nous en dit plus depuis Abuja. Le récit est de Rosine Munezero.

Au Kenya, des fabriques à désinformer avant la présidentielle

"Le matin est le meilleur moment pour poster, juste avant que les gens arrivent au bureau (...) parce que la première chose qu'ils font est de se connecter pour voir quelles sont les tendances", explique un influencer kenyan.

Dans un banal bureau du nord de la capitale kényane Nairobi, Ian James Mwai ne lâche pas ses deux téléphones portables: il ne veut pas manquer une occasion de promouvoir sur les réseaux sociaux le parti pour lequel il travaille.

A 23 ans, le jeune homme fait partie des influenceurs qui, de plus en plus nombreux, offrent leurs services aux candidats pour peser sur l'élection présidentielle du 9 août. "Cette élection va se jouer à pas grand-chose", assure Ian James Mwai à l'AFP: "Un homme politique qui choisirait d'ignorer les réseaux sociaux serait un imbécile".

Au Kenya, la moitié des 50 millions d'habitants a moins de 35 ans, et 12 millions de Kényans utilisent les réseaux sociaux. Des influenceurs proposent donc aux hommes politiques de diffuser leurs idées, répondre aux critiques ou même lancer des rumeurs sur leurs adversaires. Créer et faire monter un hashtag est facturé 400 euros par jour. Surtout, les soldats du web offrent à leurs clients une chose qui n'a pas de prix: l'absence de responsabilité.

"Il y a tellement d'équipes et de gens (sur les réseaux sociaux) que vous ne pouvez pas contrôler ce qu'ils publient", poursuit Mwai. Il ne souhaite pas préciser pour qui lui et les 70 influenceurs qu'il chapeaute roulent, mais "mon équipe (travaille avec) éthique", assure-t-il.

A lui seul, Mwai compte 110.000 abonnés sur Twitter, dont il connaît les habitudes. "Le matin est le meilleur moment pour poster, juste avant que les gens arrivent au bureau (...) parce que la première chose qu'ils font est de se connecter pour voir quelles sont les tendances", explique-t-il.

"Instrumentaliser les tendances"

Le détournement des réseaux sociaux a été épinglé dans de précédents scrutins dans ce grand pays d'Afrique de l'Est. Des médias anglais ont ainsi révélé que la société britannique Cambridge Analytica – qui a utilisé les données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook pour faire de la communication ciblée – a joué un rôle important dans les campagnes de 2013 et 2017, remportées par l'actuel président Uhuru Kenyatta.

Les funérailles de l'ancien président kenyan Mwai Kibaki
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En 2022, les influenceurs locaux sont au coeur du jeu. Avec leurs centaines de milliers d'abonnés, leurs pages Facebook et comptes Twitter sont devenus des mines d'or. D'une simple recherche, l'AFP a recensé des centaines de pages Facebook utilisant les noms des deux principaux candidats à la présidentielle: l'actuel vice-président William Ruto et le vétéran Raila Odinga.

"Les gens instrumentalisent les tendances afin de diffuser de la fausse information", explique Alphonse Shiundu, de l'organisation de fact-checking Africa Check, en soulignant "le recrutement actif de soldats en ligne pour répandre des messages politiques".

Raila Odinga s'est retrouvé plongé dans une controverse sur Twitter après qu'un hashtag #RailaStateProject a affirmé que cet opposant historique, désormais soutenu par le président sortant Kenyatta, poursuivrait la politique du pouvoir en place.

Son adversaire a été visé par un autre hastag, #hungryruto, le présentant comme le bénéficiaire supposé de scandales de corruption atteignant plusieurs milliards de dollars.Sur les réseaux sociaux des deux camps, on trouve également des faux sondages ou des images trafiquées ou détournées d'immenses foules rassemblées pour des meetings électoraux.

"Mercenaires"

"A partir du moment où (les influenceurs) ont cultivé leur audience en ligne, ils la monétisent: cela signifie qu'ils poussent des contenus pour quiconque peut payer", affirme Alphonse Shiundu. Ils profitent également du manque d'application des lois réprimant la désinformation et les discours de haine.

Dans un communiqué commun publié en avril, six organisations de la société civile ont alerté sur la menace que fait peser la désinformation dans le pays, qui a été à plusieurs reprises le théâtre de violences en période électorale. "Nous sommes inquiets que les influenceurs sur les réseaux sociaux soient devenus des mercenaires qui fabriquent de la désinformation et du discours haineux", écrivent-elles.

Plus de 1.100 personnes sont mortes au Kenya lors des violences post-électorales interethniques de 2007-2008. Dix ans plus tard, en 2017, des dizaines d'autres ont été tuées dans de nouvelles violences. Les influenceurs affirment, eux, n'avoir d'autre choix que de défendre pied à pied leur candidat.

Mac Otani, un consultant numérique travaillant pour le parti de Raila Odinga, explique à l'AFP que lorsque qu'une rumeur se répand, il doit réagir rapidement pour s'assurer que leurs partisans reçoivent le "bon message". Cela fait partie du jeu, confirme Ian James Mwai. "Nous sommes prêts pour le tollé qui vient avec. Nous sommes prêts pour cette énergie négative", ajoute-t-il: "Nous sommes toujours prêts."

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