Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Société et culture

Tabaski: après les célébrations, le stress des dettes

Un client paie pour les moutons qu'il a achetés à un vendeur installé à côté de la voie express de Dakar, au Sénégal, le 28 décembre 2006, avant les célébrations de l'Aïd Al-Adha, ou "Tabaski". Photo: GEORGES GOBET/AFP

La Tabaski est un rendez-vous crucial au Sénégal, où la quasi-totalité de la population est musulmane. Mais la pression sociale qui l'entoure est de plus en plus insoutenable pour certains ménages.

Maintenant que les célébrations de la Tabaski sont passées, de nombreux chefs de famille se sont réveillés ce week-end avec un nouveau casse-tête : comment rembourser la dette contractée pour ce jour unique.

En effet année après année, la manière de fêter la Tabaski s'éloigne de plus en plus des recommandations religieuses. Le côté faste de la célébration est mis en avant, créant ainsi des tensions financières chez les moins nantis. Ces derniers se sentent souvent obligés d'assurer des dépenses faramineuses que ni la logique, ni la religion ne cautionnent.

Les chefs de famille vivent un véritable calvaire à l'occasion de cette fête de l'Eid particulièrement difficile à gérer. Cette année, la situation a été aggravée par des moutons hors de prix, des obligations familiales intenables et une conjoncture accentuée par le coronavirus.

"On est obligé d'acheter un mouton, de satisfaire les besoins de la famille et la pandémie ne nous arrange pas parce que les prix ont doublé", affirme Pape Ndiaye​, un habitant de Dakar.

Pour lui, l'évolution de la société l'oblige à ne pas "laisser son enfant en marge" parce que "voir tous les enfants s'habiller et voir son enfant ne pas avoir les mêmes satisfactions que les autres enfants" créé une distanciation sociale qui n'est pas très bonne. Donc pour Pape, il faudra "tout faire pour satisfaire les besoins des enfants".

La Tabaski cause beaucoup de stress chez les Sénégalais
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:36 0:00

Et pour satisfaire les vœux des enfants, les mamans également se démènent comme elles peuvent.

C'est le cas de Fatou Seck, qui estime que la pire pression sociale pour un parent est la sensation de ne pas pouvoir combler son enfant durant ce genre de fête.

"Quand tu es mère de famille, ton vœu le plus cher est de voir ton enfant bien habillé comme les autres, de voir son père amener un beau bélier à la maison car au cas échéant les petits sont frustrés", explique-t-elle.

C'est pourquoi les mères de famille n'attendent plus que les pères fassent tout.

Fatou affirme qu'elles essaient aussi de "se débrouiller pour que tous les besoins de la famille soient satisfaits même si les temps sont durs, très durs".

Des prêts pour faire la fête

Pourtant cette pression pouvait être évitée si les gens se limitaient aux recommandations religieuses.

C'est l'analyse de l'imam Ibrahima Aïdara, qui affirme que la démesure de la société sénégalaise est à la base de la pression sociale qui entoure l'Eid. "Il n'est pas recommandé d'aller faire des prêts ou d'endosser des dépenses intenables qui pourraient avoir des conséquences fâcheuses après la fête", tranche-t-il.

L'imam confie que des musulmans célèbrent même des fêtes qui n'ont aucun rapport avec la culture ou les religions pratiquées au pays. Pour conclure, il rappelle que la tabaski est une fête qui doit être "empreinte de sobriété" et appelle les Sénégalais à "éviter les dépenses grossières, les moutons hors de prix" et se limiter strictement aux principes édictés par l'islam "qui bannissent tout cela".

Toutes les actualités

Profil de James Maina Mwangi, le sapeur kenyan

Profil de James Maina Mwangi, le sapeur kenyan
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:50 0:00

Après 60 ans d'indépendance, le Faso entre nostalgie et contentement

La présidence de la République en 1960 est aujourd’hui le siège de la primature à Ouagadougou, le 5 août 2020. (VOA/Kader Traoré)

Chaque année, le 5 août marque la date anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso. Cette année, 2020 représente 60 ans d’accession à la souveraineté nationale. Si beaucoup de Burkinabè pensent que cette indépendance est effective, d’autres estiment qu’il y a encore de nombreux défis à relever pour parler d’une véritable indépendance du pays des hommes intègres.

Le 5 août, les Burkinabè ont célébré leur accession à l’indépendance. 60 ans que le pays a décidé de se défaire du joug colonial et de prendre son destin en main. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains citoyens veulent marquer une halte pour fêter cette autonomie nationale.

"60 ans d’indépendance, ça se fête. Il faut faire un arrêt pour analyser les choses et savoir ce qui a marché et ce qui n’a pas été. Il faut encourager les gens à consommer burkinabè. Le Faso dan Fani, pagne tissé locale est un bel exemple", a affirmé Emilienne Kaboré, une habitante de Ouagadougou.

Le 5 août marque la date anniversaire de l’indépendance du Faso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:56 0:00

Pour parler de l’indépendance proprement dite, certains pensent que c’est la révolution d’août 1983 sous le capitaine Thomas Sankara qui l’a offerte aux Burkinabè.

"Cette date nous a donné un sentiment de fierté par rapport à notre pays, il y a eu le changement de nom, de régime et aussi de gouvernance", a souligné Dieudonné Ouédraogo, un ancien étudiant.

Les plus anciens pensent que, 60 ans après, le Burkina a connu une évolution intéressante. "J'ai connu un Ouagadougou totalement en banco en 1960 où on comptait au bout des doigts les bâtiments définitifs, je peux dire qu’aujourd’hui on a relativement avancé", a indiqué Edouard Ouédraogo.

Alain Zongo n’est pas de cet avis. "La fièvre et la joie qui ont suivi la déclaration de l’indépendance ont donné lieu à un désenchantement. Beaucoup de gens sont désillusionnés parce que 60 ans après, quand vous regardez la plupart des Etats africains, nous sommes toujours à un stade où on ne peut pas dire que nous avons progressé à la hauteur de nos attentes", regrette-t-il.

Désormais, les regards sont tournés vers l'avenir. Mais comment l'aborder?

"Le développement de nos Etats doit être réorienté vers des systèmes plus endogènes parce que nous avons essayé le système démocratique suivant le modèle occidental qui, malheureusement, a montré ses limites dans la gouvernance en Afrique", tranche Paul Mikki Rouamba​. "Nous avions une meilleure gouvernance et un meilleur système politique avant l’arrivée des colons à travers la chefferie traditionnelle. Il faut y retourner", conclut-il.

Le 5 août marque la date anniversaire de l’indépendance du Faso

Le 5 août marque la date anniversaire de l’indépendance du Faso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:56 0:00

Une attaque contre les locaux du quotidien sénégalais "Les Échos"

Une attaque contre les locaux du quotidien sénégalais "Les Échos"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:53 0:00

Entretien avec le professeur Chérif Keita sur la réhabilitation du site de la "Falaise de Bandiagara"

Entretien avec le professeur Chérif Keita sur la réhabilitation du site de la "Falaise de Bandiagara"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:34 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG