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Sénégal

Avec la saison des pluies, les éleveurs peuls reprennent leur transhumance

Les éleveurs peuls porte des agneaux dans leurs charrettes alors qu'ils se déplacent vers le nord à Barkedji, le 21 juillet 2020.

Les premières pluies de l'année sont tombées sur le nord du Sénégal, teintant de vert émeraude un paysage semi-désertique et donnant le signal du départ à la transhumance de milliers de pasteurs peuls et de leurs troupeaux.

Dans ce pays aux portes du Sahel, ces populations semi-nomades qui vivent quasi exclusivement de l'élevage de bovins, de chèvres et de moutons, se déplacent aux rythme des saisons.

Quand le temps est sec, ils se dirigent vers le sud, pour trouver des herbages, accompagnant leurs bêtes à pieds ou juchés sur des carrioles tirées par des ânes. Ils remontent vers le nord pendant la courte saison des pluies, l'"hivernage", de juillet à septembre.

Une peul avec deux agneaux sur sa charrette alors que sa famille se déplace vers le nord à Barkedji le 21 juillet 2020.
Une peul avec deux agneaux sur sa charrette alors que sa famille se déplace vers le nord à Barkedji le 21 juillet 2020.

Vivant à l'écart des grandes villes, les éleveurs peuls ont pourtant été indirectement frappés par la pandémie de coronavirus. L'état d'urgence, en vigueur au Sénégal de mars à fin juin, a notamment eu pour conséquence l'instauration d'une interdiction de circuler entre les régions du pays, les bloquant avec leurs bêtes dans des zones aux pâtures épuisées.

Avec la levée de ces restrictions et le retour de la pluie la semaine dernière, beaucoup ont enfin replié leurs campements provisoires, chargé leurs charrettes de casseroles et repris la route pour rejoindre le nord du pays.

Un pasteur peul fait sa prière du soir avant de partir pour trouver un camp pour la nuit à Barkedji le 20 juillet 2020, ils sont sur la route depuis deux semaines, en direction du nord vers la frontière mauritanienne.
Un pasteur peul fait sa prière du soir avant de partir pour trouver un camp pour la nuit à Barkedji le 20 juillet 2020, ils sont sur la route depuis deux semaines, en direction du nord vers la frontière mauritanienne.

Avec les orages violents qui s'abattent en ce moment sur des sols durcis par la sècheresse, ce trajet parfois long de plusieurs centaines de kilomètres n'est pas sans danger.

Près de la petite localité de Barkedji, une inondation subite a détruit la semaine un campement et tué une quinzaine de moutons de la même famille, emportant dans les flots une fortune.

Un jeune éleveur peul garde les moutons de son père à Barkedji le 20 juillet 2020, son père a perdu quinze moutons dans des crues soudaines après les premières pluies importantes dans la région de Louga.
Un jeune éleveur peul garde les moutons de son père à Barkedji le 20 juillet 2020, son père a perdu quinze moutons dans des crues soudaines après les premières pluies importantes dans la région de Louga.

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Une styliste sénégalaise veut honorer les signares

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Scandale Miss Sénégal: une pétition, 70 000 signatures et zéro inculpation

Le collectif des femmes du Sénégal devant le tribunal de Dakar, le 24 novembre 2021.

Des accusations de viol et proxénétisme touchent le comité Miss Sénégal et le monde de la mode. Une pétition en ligne a déjà recueilli près de 70.000 signatures. Les femmes de tous bords se sont mobilisées dans l’espoir de faire bouger les choses.

L’onde de choc secoue le Sénégal depuis plusieurs jours. Fatima Dione, lauréate du concours Miss Sénégal 2020, a affirmé avoir subi un viol suivi d’une grossesse dont elle impute la responsabilité à Amina Badiane, organisatrice du concours de beauté.

"Si on te viole, c’est que tu l’as bien cherché", ces propos tenus par la promotrice ont fortement ému à travers le Sénégal.

"On était tous sidérés par ses propos, c'en est de trop. Elle ne devait pas chercher à couvrir ses arrières mais juste penser à celle qui a subi le sort d'être violée", déplore Thiané Diagne, qui habite à Dakar.

"Tout le monde sait que le viol est affreux et insupportable, surtout avec la peur d'être mal jugé par la société. Personnellement, ces victimes doivent être soutenues, surtout psychologiquement", estime Arabia Diatta, une autre habitante de la capitale.

"C'est des situations qui commencent à se répéter, et il est temps que l'État prenne ses responsabilités", tranche Madame Camara.

Le parquet inerte

Face à l’inertie du parquet, les Sénégalais ont lancé une pétition pour le retrait de la licence d’Amina Badiane, la promotrice du concours Miss Sénégal.

Après avoir obtenu près de 70.000 signatures, les associations de femmes ont pris le relais à travers le dépôt d’une plainte collective mercredi au tribunal de Dakar.

Le viol "est un crime, et l'apologie du crime existe dans le code pénal", dit Maimouna Astou Yade, présidente du Collectif des femmes du Sénégal.

Selon les données les plus récentes, enregistrées en 2019, il y a eu au Sénégal 668 cas de viols sur mineures, 706 agressions sexuelles, 15 femmes tuées et plus de 1200 cas de viol.

Des chiffres alarmants, qui ont conduit à la criminalisation du viol en 2020. Une étape pour le moment insuffisante pour freiner le fléau, selon les militantes pour les droits des femmes.

Scandale Miss Sénégal: 70.000 signatures dans l'espoir de faire bouger les choses

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Découverte: le "marché sénégalais" de Casablanca

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Pour certains Sénégalais, il faut choisir entre un repas et les fournitures scolaires

Une enseignante avec ses élèves lors du premier jour de rentrée à Dakar, le 12 novembre 2020.

Au Sénégal, l’ouverture des classes est effective depuis plusieurs semaines mais certains parents peinent toujours à assurer les frais scolaires de leurs enfants. La faute à une conjoncture accrue.

Des frais d'inscription souvent hors de portée, des fournitures pas toujours au complet et des priorités à prendre en charge. Cette année, beaucoup de parents d’élèves comme Alioune Ndiaye font face à un dilemme: gérer la survie familiale ou assurer les frais de scolarité des enfants.

"S'occuper de sa famille chaque jour est une obligation et les charges sont nombreuses. À cela s'ajoute les frais pour la rentrée des classes, c'est très difficile pour nous les parents", explique-t-il.

Certaines mères de famille comme Maman Mbengue préfèrent sacrifier le budget quotidien familial.

"La situation est très difficile, rien que de subvenir à la dépense quotidienne pour assurer les trois repas c'est compliqué", avoue-t-elle. "Les enfants doivent retourner en classe sans fournitures scolaires. On manque réellement de moyens, des fois on sacrifie la dépense quotidienne pour acheter les matériels scolaires. Il est aussi important que l'enfant ne se sente pas inférieur ni qu’il ait honte face aux autres c'est-à-dire aller à l'école sans cahiers ou stylos", affirme-t-elle.

La précarité qui s'abat sur les familles ne laisse pas insensible le personnel enseignant. Pour soulager les parents, certaines écoles acceptent et appuient les élèves défavorisés malgré le non-paiement des frais d’inscriptions ou le manque de fournitures.

Madame Badji, enseignante à l’école élémentaire Hamo 5 dans la banlieue de Dakar, explique qu"il y a des restants de cahiers des élèves de l'année dernière qui sont dans l'armoire donc il faut juste prendre ça, les départager et donner aux élèves".

L’enseignante ajoute qu’elle ne voit pas "le renvoi (des élèves) normal, il faut juste attendre que leurs parents réagissent ou on va prendre les ardoises".

Dans les communautés également, des actions de solidarité sont souvent menées pour doter ces enfants de sacs et de fournitures scolaires.

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