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Les lois électorales votées dans un climat de tensions à Madagascar


Le Président malgache Hery Rajaonarimampianina arrive à la session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) lors du 30e sommet annuel de l'UA à Addis Abeba, le 29 janvier 2018.

L'Assemblée nationale malgache a voté mardi les lois qui régiront les élections générales prévues à la fin de l'année sur l'île, dans une ambiance rendue électrique par des accusations de corruption lancées par les députés de l'opposition.

Ces trois textes, qui modifient notamment les règles de révision des listes électorales, de publication des résultats ou de candidature à la présidentielle, ont été successivement adoptés par une majorité serrée de 79 des 151 élus.

"L'adoption de ces lois est très importante", s'est réjoui le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana.

"Ce n'est pas seulement une victoire pour les partisans de ces lois, mais une victoire de la démocratie, une victoire pour avancer vers les élections aussi", a-t-il souligné.

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L'opposition s'oppose vigoureusement depuis des semaines à l'adoption de ces lois. Elle dénonce surtout le durcissement des procédures de révision des listes électorales, jugées "beaucoup trop lourdes" pour les "omis" qui n'y ont pas été inscrits.

Mardi, ses élus ont accusé le gouvernement d'avoir acheté certains de leurs collègues pour faire voter ces lois.

"Avant la séance d'aujourd'hui, plusieurs députés ont été logé à l'hôtel Paon d'or aux frais du gouvernement et ont obtenu chacun 50 millions d'arriary (12.800 euros) pour faire passer ces trois textes", a lancé la députée Christine Razanamahasoa.

Les élus ont refusé de prendre part au vote et quitté l'hémicycle en brandissant des pancartes "stop corruption" et en arrachant son micro au président de l'Assemblée.

Celui-ci a dû faire appel aux forces de sécurité du palais pour récupérer son bien.

>> Lire aussi : Amnesty dénonce la maltraitance de civils par la police à Madagascar

Les prochaines élections législatives et présidentielle devraient se tenir entre les 25 novembre et 25 décembre prochains, selon la commission électorale malgache.

Elu en 2013, le président sortant Hery Rajaonarimampianina n'a pas encore annoncé s'il allait briguer un second mandat.

En revanche, deux anciens chefs de l'Etat ont déjà laissé entendre qu'ils se présenteraient: Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014. Tous les deux avaient été interdits de candidature en 2013.

M. Ravalomanana a été renversé en 2009, avec l'aide de l'armée, par le maire d'Antananarivo de l'époque, M. Rajoelina, qui était devenu président non élu d'une transition jusqu'en 2014.

L'arrivée au pouvoir de M. Rajaonarimampianina a mis un terme aux crises politiques à répétition dans la Grande Ile.

Avec AFP

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