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Les Etats-Unis veulent réagir face à l'érosion de leur suprématie militaire

Des chars américains en action lors d’une manœuvre militaire à Paju, en Corée du Sud, près de la frontière avec la Corée du Nord, le 14 avril 2017.

Les Etats-Unis sont confrontés aux "menaces croissantes" de la part de la Chine et de la Russie, des "puissances révisionnistes" qui "tentent de créer un monde conforme à leurs modèles autoritaires", a déclaré vendredi le ministre américain de la Défense, en présentant sa nouvelle "Stratégie de défense nationale".

L'armée américaine a donc besoin des moyens prévisibles pour se moderniser car son "avantage compétitif diminue dans tous les domaines --aérien, terrestre, marin, spatial et cyberspatial-- et ne cesse de diminuer", a ajouté Jim Mattis en présentant ce document à Washington.

Le président américain Donald Trump avait présenté le mois dernier sa nouvelle "Stratégie de sécurité nationale", et le document signé par M. Mattis en est la déclinaison militaire. M. Trump avait alors souligné que "des puissances rivales, la Russie et la Chine, essayaient de remettre en cause l'influence, les valeurs et la richesse de l'Amérique".

La nouvelle stratégie de défense, la première depuis 10 ans, "reconnaît que la Chine et la Russie en particulier ont oeuvré assidûment depuis plusieurs années à développer leurs capacités militaires", a expliqué à la presse le sous-secrétaire à la Défense chargé de la stratégie Elbridge Colby, notant que pendant ce temps, les Etats-Unis se consacraient à la "lutte contre le terrorisme et les Etats voyous".

Le document d'une cinquantaine de pages, dont seul un "sommaire" d'une dizaine de pages a été rendu public par le Pentagone, accuse la Chine d'avoir usé de "tactiques économiques prédatrices pour intimider ses voisins tout en militarisant la mer de Chine".

Quant à la Russie, elle est dénoncée pour avoir "violé les frontières de pays voisins", une allusion à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou en 2014 suivie par la guerre dans l'Est de l'Ukraine.

Ces accusations risquent de provoquer une nouvelle fois de fortes réactions à Moscou et Pékin, qui avaient dénoncé en décembre le caractère "impérialiste" et la "mentalité de Guerre froide" de la stratégie nationale de Donald Trump.

Etre moins prévisibles

Pourtant, a souligné M. Colby, "il ne s'agit pas d'une stratégie de confrontation, mais d'une stratégie qui reconnait la réalité d'une concurrence" militaire accrue de ces deux grandes puissances.

L'Iran et la Corée du Nord, que Washington classe dans la catégorie des Etats "voyous", "déstabilisent leur région en cherchant à acquérir l'arme nucléaire et en soutenant le terrorisme", est-il précisé. Mais la lutte contre le terrorisme, si elle reste "importante", n'est plus la priorité.

Pour répondre à cet environnement plus incertain, les Etats-Unis ont décidé d'être moins prévisibles et moins rigides.

"En changeant la posture de nos forces, nous allons donner la priorité à la préparation au combat dans des conflits majeurs, ce qui nous rendra stratégiquement prévisibles pour nos alliés mais opérationnellement imprévisibles pour tous nos adversaires, a indiqué M. Mattis.

De plus, Washington cherche à obtenir des alliés un meilleur "partage du fardeau", selon le document qui propose de "fortifier" l'Otan. "Nous attendons de nos alliés européens qu'ils respectent leur promesse d'augmenter leurs budgets de défense et de modernisation pour renforcer l'alliance face à nos soucis de sécurité communs", est-il précisé.

Questionné à ce sujet, M. Mattis a assuré avoir été "encouragé" par les premières réponses des alliés à ce sujet. "Cela se passe mieux que ce à quoi je m'attendais", a-t-il déclaré.

Il a aussi souligné que pour une meilleure coopération, le Pentagone devait apprendre "non seulement à écouter", mais aussi à "se laisser persuader" par ses alliés. "Toutes les bonnes idées ne viennent pas du pays qui a le plus de porte-avions", a-t-il lancé.

La nouvelle stratégie militaire américaine ne mentionne absolument pas le changement climatique, que le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama, considérait comme un véritable enjeu de sécurité nationale. Depuis, le républicain a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat signé par près de 200 pays.

Avec AFP.

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Impôts de Trump: la Maison Blanche ne respecte pas le délai des démocrates

Le président Donald Trump, à la Maison-Blanche, à Washington. (AP Photo / Pablo Martinez Monsivais, Fichier)

La Maison Blanche a de nouveau raté mardi la date butoir fixée par les démocrates pour obtenir les déclarations d'impôts du président républicain Donald Trump, laissant augurer une âpre bataille judiciaire.

Le Trésor américain a repoussé au 6 mai sa "décision finale" sur cette demande "sans précédent", le temps de consulter le ministère de la Justice, a expliqué le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, dans une lettre.

C'est la deuxième fois que l'administration Trump repousse le délai imparti par les démocrates de la Chambre des représentants pour cette demande, présentée le 3 avril par la commission chargée des questions de fiscalité ("Ways and Means").

M. Trump est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de divulguer sa situation fiscale.

Forts de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants, les démocrates sont dotés de l'autorité de réclamer ces documents. Jamais une telle demande, présentée par cette même commission, n'a été rejetée par le passé, ont-ils souligné.

Ils affirment vouloir ainsi étudier à quel point le fisc américain contrôle les finances d'un président, afin d'ajuster la loi si nécessaire.

Mais leur volonté est en réalité toute autre, affirme Steven Mnuchin dans sa lettre, en citant de "nombreuses" déclarations publiques de démocrates: il s'agit en fait de "publier les déclarations d'impôts du président".

"Au vu des graves questions constitutionnelles que pose cette requête et des conséquences significatives que cela pourrait avoir pour le respect de la confidentialité des données des contribuables, le Trésor est actuellement en consultation avec le ministère de la Justice", précise-t-il.

Les démocrates vont désormais consulter leurs avocats, selon des médias américains.

Réclamant les six dernières déclarations de revenus annuelles du président, ils avaient d'abord fixé un ultimatum au 10 puis au 23 avril.

La non-transmission des déclarations d'ici ce mardi serait interprétée "comme un refus", avait mis en garde le président démocrate de cette commission, Richard Neal, après le premier report.

M. Trump s'est depuis le départ montré réticent à livrer ses déclarations, affirmant qu'il faisait déjà l'objet d'un contrôle fiscal.

"Le président a été assez clair: une fois que le contrôle sera achevé, il y songera", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Hogan Gidley, mardi sur Fox News. "Il n'est pas disposé à le faire pour l'instant".

Avec AFP

Donald Trump en visite au Royaume-Uni et en France début juin

Le couple présidentiel américain et la reine d'Angleterre Elizabeth II en direction d'une entrée du château de Windsor, lors de la visite de M. Trump au Royaume-Uni.. / PHOTO AFP / PISCINE / Ben STANSALL

Donald Trump effectuera une visite de plusieurs jours au Royaume-Uni puis en France au début du mois juin, ont annoncé le palais de Buckingham et la Maison blanche mardi.

Le président américain a accepté l’invitation de la reine Elisabeth à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin. Il sera accompagné par sa femme Melania, précise Buckingham Palace.

Donald Trump est le troisième président américain, après Barack Obama en 2011 et George W. Bush en 2003, à bénéficier d’une telle invitation de la part de la souveraine britannique. Les détails de la visite seront précisés ultérieurement.

Donald Trump aura une entrevue avec la Première ministre britannique Theresa May qui n’est pas parvenue à faire approuver son projet d’accord sur le Brexit par les députés de la Chambre des communes.

“Le Royaume-Uni et les Etats-Unis entretiennent un partenariat profond et durable enraciné dans notre histoire commune et nos intérêts communs”, a déclaré Theresa May dans un communiqué.

Donald Trump a effectué en juillet 2018 une visite officielle au Royaume-Uni mais il ne s’agissait pas d’une visite d’Etat, forme la plus élevée du protocole diplomatique.

“Cette visite d’Etat est une occasion de renforcer notre coopération déjà étroite dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la sécurité et de la défense et de discuter de la manière de consolider ces liens dans les années à venir”, ajoute la chef du gouvernement britannique.

La Maison blanche a annoncé pour sa part que Donald Trump se rendrait en France pour une rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 6 juin, jour du 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie lors de la Seconde guerre mondiale.

UNE VISITE SUJETTE À CONTESTATION

Cette visite d’Etat à Londres risque à nouveau d’alimenter la contestation en raison du rejet que suscite le président américain dans une partie de l’opinion britannique.

En juillet 2018, quelque 250.000 manifestants s’étaient rassemblés à Londres pour dénoncer la venue de Donald Trump et les organisateurs de ce mouvement ont dit qu’ils préparaient une “manifestation gigantesque” contre cette visite d’Etat.

Après avoir été reçu par Trump à la Maison blanche, Theresa May avait rendu la politesse en invitant son hôte à effectuer une visite de même nature à Londres en 2017.

Une pétition avait alors été signée par près de 1,9 million de personnes pour s’opposer à la visite du chef de l’Etat américain et la Chambre des communes avait dû se saisir de la question en 2017.

Lors de sa venue l’an passé, Donald Trump avait pris la classe politique britannique à rebrousse-poil en offrant une version très peu diplomatique de l’évaluation qu’il faisait de la stratégie suivie par Theresa May dans les négociations sur le Brexit.

Il avait notamment déclaré que la chef du gouvernement n’avait pas suivi son conseil d’engager des poursuites judiciaires contre l’Union européenne. Plus tard, Donald Trump avait opéré une volte-face en affirmant que Theresa May accomplissait un travail formidable.

“C’est un président qui s’en prend systématiquement à toutes les valeurs communes qui unissent nos deux pays et à moins que Theresa May décide enfin de lui tenir tête et conteste son comportement, elle n’a aucun raison de dépenser l’argent des contribuables dans des frais de protocole et de sécurité impliqués par cette visite”, a commenté Emily Thornberry, porte-parole du Parti travailliste pour les questions de politique étrangère.

Une centaine de manifestations avaient été organisées l’an passé et les autorités avaient déployé 10.000 policiers dans une opération qui avait coûté près de 18 millions de livres sterling.

Avec Reuters

Nouvelles sanctions américaines pour les importateurs de pétrole iranien

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Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"

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