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Les Etats-Unis et le Canada affichent leur optimisme sur un accord commercial

Chrystia Freeland, après une réunion avec le président-élu du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, Mexico, Mexique, le 25 juillet 2018.

Le Premier ministre canadien et le président américain ont tous deux exprimé leur optimisme mercredi d'arriver à un accord d'ici vendredi pour rénover le pacte de libre-échange nord-américain (Aléna), un traité qui joue un rôle crucial dans les économies de leurs deux pays et du Mexique.

Donald Trump --qui n'a eu de cesse de dénoncer l'Aléna qu'il juge "désastreux" pour l'économie américaine-- a trouvé que les négociations intenses qui se déroulent à Washington depuis mardi entre les négociateurs américains et canadiens, se "passaient très bien".

L'optimisme du président américain fait ainsi écho à celui du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui quelques heures plus tôt, lors d'une réunion en Ontario avait évoqué la "possibilité d'avoir un bon accord pour le Canada d'ici à vendredi".

Washington et Mexico, qui se sont entendus lundi sur les termes d'un Aléna version 2.0, aimeraient la conclusion d'un accord tripartite d'ici à vendredi, a dit M. Trudeau, "mais c'est seulement une possibilité car cela dépendra s'il s'agit ou non d'un bon accord pour le Canada".

Chrystia Freeland, la ministre des Affaires étrangères canadienne venue en personne pour diriger les négociations dans la capitale américaine, a indiqué mercredi soir que les hauts fonctionnaires des deux délégations allaient continuer à négocier sans doute toute la nuit.

"Nous avons convenu au niveau ministériel (Mme Freeland et le Représentant au commerce Robert Lighthizer Ndlr), de nous retrouver demain matin pour faire des arbitrages sur le travail de la nuit", a-t-elle indiqué au cours d'un bref point de presse.

Mme Freeland a refusé une nouvelle fois de donner des détails sur la négociations en cours mais a reconnu que "le temps presse" si un accord doit être conclu vendredi comme le souhaitent les Etats-Unis et le Mexique, qui sont déjà tombés d'accord sur toute une série d'aménagements du traité de 1994.

"Il y a une bonne atmosphère et nous travaillons de façon productive", a-t-elle ajouté.

- Points de friction -

Mercredi matin, Mme Freeland avait révélé que le Canada et les Etats-Unis étaient déjà arrivés "à un accord de haut niveau" concernant l'automobile.

C'était l'un des points essentiels --avec des concessions en matière salariale et de droit du travail par Mexico-- de l'accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis annoncé solennellement lundi du Bureau ovale par Donald Trump.

Les Canadiens avaient délibérément choisi de s'éloigner des discussions sur un Aléna réformé en attendant que les Etats-Unis et le Mexique arrivent à surmonter leurs nombreux différends.

Mme Freeland a bien fait comprendre que le Canada, loin d'avoir été hors jeu pendant les tractations ardues entre les deux partenaires, était resté juste discret mais se tenait parfaitement au courant.

- Grandes lignes -

Les grandes lignes d'un nouvel Aléna sont maintenant dessinées.

Elles comprennent de nouvelles dispositions sur le commerce de l'automobile, avec un pourcentage plus élevé de composants produits localement, des protections plus strictes pour les travailleurs et une disposition permettant de revoir l'accord tous les six ans.

Les principaux points de friction pour le Canada sont la question de son marché des produits laitiers et son attachement à une procédure de règlement des différends entre les partenaires du traité.

Le secteur laitier canadien semble déjà au coeur du débat et les Américains réclament le démantèlement du système de protection mis en place dans les années 1970.

Autre point de contentieux entre Washington et Ottawa: le Canada s'oppose à la volonté des Etats-Unis d'éliminer le mécanisme de règlement des différends (Chapitre 19) qui semble avoir été abandonné dans l'accord avec le Mexique. Le Canada a utilisé cette disposition pour contester les droits antidumping et compensateurs américains.

- Faire vite -

Dans les trois pays, on se montre plutôt pressé de conclure un nouvel accord, même si Donald Trump brandit régulièrement la menace de signer deux accords bilatéraux si les négociations ne vont pas dans son sens.

Au Canada, M. Trudeau fait face à la pression du calendrier politique, alors que des élections doivent avoir lieu dans un an et qu'il faut éviter d'apparaître comme capitulant devant le président américain.

Aux Etats-Unis, il y a aussi urgence car Washington veut résoudre la question avant les législatives de novembre. Et au Mexique, le président Enrique Peña Nieto veut signer le pacte commercial avant de laisser la place à Andrés Manuel Lopez Obrador le 1er décembre.

Avec AFP

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Fusillade dans la cour du lycée, deux élèves tués et trois blessés

Evacuation des élèves du lycée Saugus après la fusillade survenue le jeudi 14 novembre 2019 à Santa Clarita, en Californie.

Scénario choquant mais devenu trop tristement banal aux États-Unis: le jour même de son seizième anniversaire, un adolescent a ouvert le feu jeudi dans la cour de son lycée, au nord de Los Angeles, tuant deux camarades et en blessant trois autres avant de tenter de se suicider.

Ironie du sort, le drame qui a frappé le lycée Saugus de Santa Clarita, en Californie, est survenu au moment même où le Sénat débattait à Washington d'une éventuelle limitation des armes à feu, dans un pays qui a connu ces dernières années plusieurs tueries sanglantes en milieu scolaire sans pour autant remettre fondamentalement en cause la législation en la matière.

"Cela me fait horreur d'ajouter Saugus aux noms de Columbine, Parkland, Sandy Hook", autant d'établissements américains endeuillés par de telles fusillades, a lancé le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, "mais c'est une réalité qui nous affecte tous à travers le pays".

L'appel d'urgence a été reçu par la police jeudi à 07h38, alors que certains élèves du lycée Saugus étaient déjà en cours et que d'autres continuaient à s'y présenter.

Les policiers sont arrivés sur place seulement deux minutes plus tard et ont découvert dans la cour "six personnes présentant des blessures par balles. Tous étaient des élèves du lycée", a raconté lors d'une conférence de presse le capitaine Kent Wegener, des services du shérif de Los Angeles.

Les blessés ont été pris en charge et transportés vers des hôpitaux locaux mais "il s'est avéré que parmi eux se trouvait le suspect, actuellement hospitalisé dans un état grave", a expliqué Alex Villanueva, précisant qu'il s'agit d'un jeune homme "asiatique" scolarisé au lycée et résidant à Santa Clarita.

La fusillade a fait deux morts, une lycéenne de seize ans et un garçon de quatorze ans qui ont tous deux succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés dans un "état critique".

Les trois autres jeunes blessés sont un garçon et deux filles âgés de quatorze à quinze ans. L'une des victimes a pu rentrer chez elle après avoir été soignée, ont souligné les médecins.

- Message sur Instagram -

Pendant plus d'une heure, les forces de l'ordre avaient ratissé en vain la zone résidentielle environnante et les collines voisines du lycée à la recherche du tireur, dont on pensait qu'il avait pris la fuite.

Mais les policiers ont visionné des images de caméras de surveillance "qui montrent clairement le suspect dans la cour en train de sortir une arme de poing de son sac à dos, ouvrir le feu sur cinq personnes puis se tirer dans la tête", a dit le capitaine Wegener.

L'arme, un pistolet semi automatique de calibre .45, a été retrouvée sur place avec le chargeur vide, et aucun autre suspect n'est recherché, a-t-il précisé.

L'enquête ne fait que commencer mais à ce stade, aucune motivation précise ou idéologie ne permet d'expliquer le geste du tireur, qui semble avoir agi seul et prémédité son geste.

Le capitaine Wegener a confirmé les informations selon lesquelles le suspect avait publié sur son compte Instagram le message suivant: "Saugus, amusez-vous bien à l'école demain". Le message a été retiré jeudi et les enquêteurs cherchent à déterminer par qui et dans quelles circonstances.

Sur le campus du lycée, des centaines d'élèves étaient restés cloîtrés dans l'attente du feu vert des autorités.

Denzel Abesamis, en dernière année à Saugus, avait aperçu des camarades de classe s'enfuir en courant au moment où il allait se garer. Il avait alors fait demi-tour et appelé une amie qui se trouvait déjà sur le campus. Selon le Los Angeles Times, cette dernière lui a dit qu'il y avait un tireur et qu'elle se cachait dans une salle de classe avec cinq autres élèves.

"J'ai toujours eu peur que quelque chose comme ça arrive", a-t-il dit.

Amber Miller, élève du lycée, a raconté aux télévisions comment elle s'est couchée au sol, toutes lumières éteintes dans sa classe, avec ses camarades lorsque les coups de feu ont retenti.

"On a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte. Et beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre" comme on le leur a appris lors d'exercices de sécurité, a-t-elle expliqué.

"Je ne devrais pas me rendre à l'école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c'est l'Amérique de Trump", a estimé la lycéenne.

Avec AFP

"Impeachment": Nancy Pelosi accuse Donald Trump de corruption

La Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à Capitol Hill à Washington, aux États-Unis, le 31 octobre 2019. REUTERS / Joshua Roberts

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé jeudi que Donald Trump avait déjà reconnu des actes de corruption dans l'affaire ukrainienne, au coeur de l'enquête pour destitution ("impeachment") visant le président républicain.

"La corruption consiste à accorder ou suspendre une aide militaire en échange d'une déclaration publique concernant une fausse enquête sur les élections", a déclaré Nancy Pelosi lors d'une conférence de presse au lendemain du début des auditions publiques au Congrès américain dans le cadre de l'enquête préalable à une éventuelle procédure de destitution.

Selon elle, les faits reprochés au président républicain Richard Nixon, visé par une enquête pour destitution en 1974, apparaissent "presque petits" à côté des agissements de Trump.

Les démocrates à la Chambre cherchent à déterminer si Donald Trump a demandé une contrepartie à Kiev pour les 391 millions de dollars d'aide destinés à faire face aux séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine - une aide provisoirement suspendue par le président républicain malgré son approbation au Congrès.

Donald Trump réfute ces accusations. William Taylor, ancien ambassadeur en Ukraine qui est désormais chargé d'affaires à Kiev, et George Kent, secrétaire d'Etat adjoint chargé des affaires européennes et eurasiennes, ont été entendus mercredi.

Une autre figure centrale de cette affaire, Marie Yovanovitch, qui a été limogée en mai dernier de son poste d'ambassadrice en Ukraine, sera entendue vendredi. L'enquête des démocrates menace la présidence de Trump alors qu'il est candidat à sa réélection en novembre 2020.

Si l'impeachment franchit l'obstacle de la Chambre - la majorité simple suffit pour cela -, un procès de déroulera alors au Sénat, où les républicains sont majoritaires et où la majorité qualifiée des deux tiers est nécessaire.

Les déclarations de Pelosi offrent un aperçu des articles de la procédure d'impeachment que les démocrates pourraient mettre en avant. Lors de sa conférence de presse, la présidente de la Chambre a déclaré que l'administration Trump avait fait "obstruction au Congrès" en bloquant les témoignages de responsables qui avaient été assignés à comparaître par la Chambre.

Selon la Constitution, la "trahison, la corruption ou d'autres crimes et délits graves" peuvent mener à une destitution. Les démocrates ont commencé à utiliser les mots corruption ou tentative de corruption pour qualifier les actes de Trump.

Avec Reuters

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