Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Les Etats-Unis envisageraient de renforcer leur posture militaire en Afrique

Le chef d'état-major interarmes, le général Joseph Dunford, au Pentagone, le 23 octobre 2017.

Ce serait pour mieux traquer les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui cherchent à se repositionner après la chute de leur "califat" aux confins de la Syrie et l'Irak, selon plusieurs responsables américains.

Après la chute de Raqa et de Mossoul, "l'Afrique est l'un des endroits où nous savons que l'ISIS espère renforcer sa présence", a indiqué lundi le chef d'état-major américain, le général Joseph Dunford, utilisant une autre dénomination pour l'EI.

"Nous savons à quel point la Libye et le Sinaï sont importants pour l'EI. Nous savons à quel point ils ont essayé de s'établir en Afrique de l'Est et bien sûr, nous parlons maintenant de l'Afrique de l'Ouest", a-t-il ajouté au cours d'un point de presse consacré à l'enquête en cours sur l'embuscade ayant coûté la vie à quatre militaires américains le 4 octobre au Niger.

"Nous allons faire des recommandations au ministre" de la Défense Jim Mattis et au président Donald Trump "sur la répartition des unités nécessaires pour répondre au niveau de menace que nous évaluons", a poursuivi le chef d'état-major qui doit présider mardi à Washington une réunion avec les représentants militaires de 75 pays pour "discuter de la prochaine phase de la campagne militaire" contre l'EI.

"La guerre se déplace"

Vendredi, le sénateur républicain Lindsey Graham avait été encore plus clair: "La guerre est en train de se déplacer. Nous allons assister à davantage d'actions en Afrique", avait-il déclaré à la presse à la sortie d'un entretien avec M. Mattis.

L'Afrique est déjà la deuxième zone d'intervention dans le monde des Forces spéciales américaines, après le Proche-Orient. Ces unités d'élites y sont chargées de former les militaires locaux à la lutte anti-terroriste. Ils ne sont pas censés partir en mission avec les militaires locaux quand il y a un risque de combat, a souligné le général Dunford.

Mais ces règles d'engagement "vont changer dans le cas des opérations anti-terroristes", a prévenu Lindsey Graham, laissant entendre que les soldats américains sur le terrain seraient autorisés à tirer les premiers sur des "cibles terroristes", ce qui n'est pas le cas actuellement.

La guerre "est en train de se déplacer", a confirmé le général Dunford lundi. "Je ne suis pas sûr qu'on puisse dire qu'elle se déplace vers l'Afrique seulement. Nous sommes confrontés à un défi qui s'étend de l'Afrique de l'Ouest à l'Asie du Sud-Est".

"Je pense que l'ISIS va tenter d'établir une présence physique ailleurs qu'en Irak ou en Syrie, maintenant qu'ils ont perdu leur califat de Raqa et Mossoul", a-t-il expliqué. "C'est bien pourquoi nous conduisons les sortes d'opérations que nous avons au Niger, pour nous assurer que les forces locales ont la capacité de l'empêcher".

Les Etats-Unis soutiennent l'opération militaire française Barkhane dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso), laissant à la France la tâche de mener le combat contre les groupes islamistes radicaux dans cette région avec les alliés africains.

Les Etats-Unis apportent notamment du ravitaillement aérien pour les avions français et échangent du renseignement avec les Français.

Même si la présence de soldats américains en Afrique est peu connue de l'opinion publique américaine, les Etats-Unis ont 6.000 hommes déployés dans 53 pays du continent, notamment au Tchad, en République démocratique du Congo, en Ethiopie, en Somalie, en Ouganda, au Rwanda et au Kenya.

Les effectifs des forces spéciales américaines varient fréquemment car leurs missions sont courtes mais, au moment des faits, 800 d'entre eux étaient déployés au Niger, ce qui en fait la force américaine la plus importante en Afrique. Malgré l'embuscade de début octobre, "notre intention est de continuer les opérations là-bas", a assuré le général Dunford.

Avec AFP

Toutes les actualités

Manifestation de réfugiés soudanais devant le HCR à Agadez

Les migrants expulsés d'Algérie se plaignent des conditions dans le camp de transit à Agadez, au Niger, le 9 décembre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Une centaine de demandeurs d'asile soudanais d'un camp de l'ONU ont manifesté jeudi à Agadez (nord du Niger) pour exiger l'accélération de leur dossier de demande de statut de réfugiés et leur acheminement vers l'Europe.

"Une centaine de demandeurs d'asile soudanais ont marché de leur camp (situé à 10 km du centre-ville) jusqu'au bureau du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR)", a dit à l'AFP un résident d'Agadez.

"Ce sont des enfants mineurs qui ont appris que certains enfants (réfugiés érythréens, somaliens) acheminés de Libye ont commencé à être réinstallés (notamment) en Europe", a déclaré à l'AFP un responsable onusien. Dans la foulée, les manifestants ont réclamé "plus de nourriture et du savon".

La représentante du HCR au Niger en mission à Agadez en compagnie de responsables de l'ONG Caritas internationale "a pu calmer la situation à l'issue d'une réunion" avec les manifestants "plus adultes", a assuré ce responsable.

En mars 2019, les autorités d'Agadez avaient mis en garde ces demandeurs d'asile qui avaient violemment manifesté dans leur camp en insultant et jetant des pierres sur une équipe locale du HCR.

"Le Niger n'acceptera d'aucune manière qu'on lui mette la pression", avait prévenu Sadou Soloké, le gouverneur d'Agadez qui s'était rendu dans le camp où vivent quelque 1.400 Soudanais ayant fui depuis 2017 l'insécurité et l'esclavage en Libye.

Mi-décembre 2018, des Soudanais évacués de Libye avaient manifesté pendant plusieurs jours devant le HCR à Niamey pour exiger une accélération de leur installation dans des pays d'accueil, notamment en Europe.

Des centaines de réfugiés, en particulier des Ethiopiens et des Erythréens vivant à Niamey, ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande et d'autres attendent un pays d'accueil.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait promis que le Niger continuerait à accueillir des demandeurs d'asile mais avait souhaité qu'ils "ne restent pas longtemps" dans son pays.

Libération du leader d'un parti d'opposition arrêté lundi

L'entrée du Palais présidentiel, à Libreville, le 22 août 2009.

Le président d'un parti d'opposition au Gabon, arrêté lundi à Libreville après des propos sur l'état de santé du chef de l'Etat gabonais, a été libéré mercredi soir, a-t-il indiqué jeudi à l'AFP, dénonçant "une répression tous azimuts de l'opposition".

A la tête du Front patriotique gabonais (FPG), Gérard Ella Nguéma, avait été arrêté lundi matin, une semaine après avoir accusé plusieurs proches du président Ali Bongo Ondimba, victime d'un AVC fin octobre dont il se remet actuellement, de "le manipuler".

"J'ai été interpellé par la police judiciaire, on m'a demandé si j'avais déclaré qu'Ali Bongo était mort, si j'avais déclaré qu'il y avait une vacance du pouvoir au Gabon", a déclaré M. Ella Nguéma joint au téléphone par l'AFP depuis Libreville.

"J'ai été libéré mercredi soir vers 20H00 par le procureur de la République, aucun papier officiel ne m'a été donné", a-t-il ajouté.

"Est-ce comme ça qu'un leader politique doit être traité ? On a l'impression d'une répression tous azimuts de l'opposition", a-t-il accusé.

Sollicité par l'AFP, le parquet de Libreville n'était pas joignable pour confirmer l'arrestation et la libération de M. Ella Nguéma.

Lors d'une conférence de presse le 7 juillet dernier, M. Ella Nguéma s'était attaqué au directeur de cabinet du président Brice Laccruche Alihanga, à la première dame Sylvia Bongo Ondimba ou encore à la présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo.

Son interpellation était survenue quelques jours après l'arrestation de quatre responsables syndicaux dont le mouvement avait déclaré début juillet que le président gabonais Ali Bongo Ondimba était "mort".

Après cinq mois de convalescence à l'étranger, Ali Bongo Ondimba est rentré le 23 mars à Libreville pour un "retour définitif".

Ce retour devait notamment faire taire l'opposition qui réclame que la vacance du pouvoir soit déclarée et s'interroge sur la capacité du président Bongo à diriger le pays.

Hormis deux discours enregistrés et retransmis à la télévision, le chef de l'Etat gabonais ne s'est pas exprimé en public ou en direct depuis son AVC.

Après son retour, il a toutefois multiplié les entretiens au palais présidentiel avec des chefs d'Etat africains et présidé ce jeudi un conseil des ministres.

Une embuscade djihadiste contre les militaires nigérians

Une embuscade djihadiste contre les militaires nigérians
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:44 0:00

Combattre la stigmatisation par la musique

Combattre la stigmatisation par la musique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:37 0:00

Six soldats nigérians tués dans une embuscade djihadiste

Des maisons de boue ont été incendiées par des combattants islamistes de Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Six soldats ont été tués dans une embuscade tendue par des djihadistes contre une patrouille dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, ont déclaré jeudi deux sources militaires à l'AFP.

Des combattants armés du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont ouvert le feu mercredi contre un véhicule militaire en patrouille près de Jakana, à 30 kilomètres de la capitale de l'Etat, Maiduguri. Tous les soldats à bord du véhicule sont morts.

"Nous avons perdu les six soldats lors de l'embuscade, y compris un colonel", a précisé une des sources militaires, toutes deux anonymes.

Les soldats se déplaçaient de Maiduguri vers Damaturu, la capitale du Yobe, un Etat voisin, quand les djihadistes ont attaqué vers 16H20 GMT, selon la même source.

"Le camion armé que conduisaient les soldats a été détruit", a complété la seconde source.

Après cette embuscade, les djihadistes ont attaqué une base militaire à l'extérieur de Jakana, utilisant sept camions munis de mitrailleuses pour entamer un affrontement d'une heure, selon les mêmes sources.

L'assaut a été repoussé par les soldats de la base, et les combattants de l'ISWAP ont abandonné des armes ainsi qu'un de leurs véhicules en prenant la fuite.

L'armée n'a pas confirmé officiellement les attaques.

La route de 120 kilomètres qui sépare Maiduguri et Damaturu a vu des attaques répétées, sur des bases militaires et des marchés dans des villages comme Jakana, commises aussi bien par des combattants de l'ISWAP que par Boko Haram, les deux groupes djihadistes qui opèrent dans la région.

En décembre dernier au moins 13 soldats avaient été tués lors d'une embuscade préparée par l'ISWAP près du village de Kareto, le long de cet axe.

Les djihadistes ont aussi lancé plusieurs attaques contre des civils sur la route, tuant les voyageurs et brûlant les véhicules.

Après près de dix ans, l'insurrection se poursuit dans le nord-est du Nigeria et déborde sur les pays voisins, au Niger, Tchad et Cameroun.

Plus de 27.000 personnes ont été tuées et environ deux millions ont fui leur domicile.

La crise s'est complexifiée en 2016, où une scission au sein de Boko Haram a vu émerger l'ISWAP, un groupe qui a prêté allégeance au chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi.

Voir plus

XS
SM
MD
LG