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Acculées par la pandémie, les femmes d'affaires du Togo s'adaptent


Des Togolaises portent un masque à Lomé, au Togo, le 17 avril 2020.

Depuis un an, les femmes entrepreneures sont à la quête des voies et moyens pour éviter la faillite à leurs sociétés. Face au Covid-19, des Togolaises cheffes d’entreprises se montrent résilientes.

Depuis le 6 mars 2020 où le premier cas de covid-19 a été déclaré au Togo, le tissu économique a subi un grand coup comme partout ailleurs. Les cheffes d’entreprise n’ont pas été épargnées. C’est dans ce contexte que le marché du recyclage et de la valorisation est à l’arrêt.

Judith Gbaliboa Laré, promotrice du MAREVA à Lomé, le 8 mars 2021.
Judith Gbaliboa Laré, promotrice du MAREVA à Lomé, le 8 mars 2021.

Avant le début de la pandémie, le magasin de vêtements de seconde main de Judith Gbaliboa Laré, Maréva, était florissant.

"Les gens qui avaient des vêtements qu’ils ne portaient plus, les cédaient à des prix vraiment dérisoires et d’autres personnes venaient les acheter. C’était vraiment en plein envol quand la pandémie, qui n’a pas prévenu, est arrivée. Et donc depuis le 21 mars 2020, la boutique de Maréva a été fermée", a indiqué la promotrice.

Comme elle, d’autres entrepreneures togolaises grincent les dents.

"Étant dans le domaine du voyage, nos activités ont été arrêtées courant mars jusqu’en août où on a rouvert l’aéroport international de Lomé. Donc on va dire que notre entreprise a été réellement touchée", explique Dédé Ona Mienso, directrice de Expression Holding, une agence de voyage et de tourisme.

Lenina Kodjo, directrice de la marque Adjoasika Na Mawu à Lomé, le 8 mars 2021.
Lenina Kodjo, directrice de la marque Adjoasika Na Mawu à Lomé, le 8 mars 2021.


Même son de cloche dans le secteur de l’artisanat. "Nous sommes dans un secteur très porté sur l’exportation. Et vu que les frontières sont fermées, il y a un pan entier du marché qui s’est fermé aussi", a confié, à VOA Afrique, Lenina Kodjo, responsable de la marque Adjoasika Na Mawu.

Contrairement à beaucoup de startups dirigées par les femmes, qui ont été sérieusement touchées par le Covid-19, la boutique de vente de produits locaux Togossimé, elle, se frotte les mains.

Lucia Allah-Assogba. Fondatrice de Togossimé à Lomé, le 8 mars 2021.
Lucia Allah-Assogba. Fondatrice de Togossimé à Lomé, le 8 mars 2021.


"Comme les frontières sont fermées, les produits importés n’arrivent pas, les Togolais étaient obligés de se replier sur les produits locaux", a laissé entendre Lucia Allah-Assogba, fondatrice de Togossimé, sourire aux lèvres.

Ce n’est pas pour autant qu’elle compte dormir sur ses lauriers. "On est arrivé à tirer le meilleur de cette situation. Ce n’est pas encore fini mais on continue toujours pas trouver des stratégies pour pouvoir y arriver", ajoute-t-elle.

Les femmes d'affaires du Togo ne comptent pas baisser les bras face à la crise sanitaire. Même si ces cheffes d’entreprises ont été sérieusement secouées par la pandémie, elles sont en pleine réflexion pour relancer leurs activités.

Le secteur du transport aérien et celui du tourisme ont payé un lourd tribut. La chaîne tourne au ralenti. Cependant, notre responsable d’agence de voyage ne compte pas pour autant mettre la clé sous le paillasson.

Dédé Ona Mienso, Directrice de Expressia Holding à Lomé, le 8 mars 2021.
Dédé Ona Mienso, Directrice de Expressia Holding à Lomé, le 8 mars 2021.


"Aujourd’hui, on n’a plus beaucoup de clients qui viennent de l’extérieur. Ceux qui sont à l’intérieur, ils peinent aussi à partir. Donc on essaie de voir si on ne pouvait pas développer un tourisme de proximité. Dénicher des endroits vraiment magnifiques et les proposer aux Togolais", dit Mme Mienso, en dévoilant un peu ce qui se prépare.

"On est en pleine réflexion pour voir comment relancer l’activité. Parce que si la pandémie va durer, disons, 5 ans, on ne va pas attendre 5 ans pour relancer", renchérit Judith Gbaliboa Laré. "Ma devise, c’est que je ne serai jamais à court d’options", précise-t-elle.

L'artisane Lenina Kodjo ne compte pas non plus abdiquer. "Aujourd’hui avec cette situation, on se rend compte à quel point il est important de pouvoir communiquer avec nos frontières directes. Et donc les nouvelles stratégies seront certainement focus sur les échanges avec les pays voisins, les consommateurs locaux et régionaux", se projette-t-elle.

Face au Covid, ces combattantes togolaises ont compris que le mot d’ordre est la résilience.

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