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Les éleveurs nomades se sédentarisent avec difficulté au Tchad


Les éleveurs nomades au bord de la grande voie bitumée en train de vendre le lait caillé, à N'Djamena, le 2 septembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les éleveurs de grands bétail pratiquent le nomadisme ou la transhumance. Ils campent tout autour de la ville de N'Djamena pendant la saison sèche en provenance du nord du Pays. Ce mode d'élevage est confronté à la nouvelle pression démographique.

En 2017, ce mode d’élevage est confronté à la pression démographique et ces éleveurs se sédentarisent. À N’Djamena, ils campent tout autour de la ville.


Ces éleveurs érigent un carré parmi les 14 que constitue le quartier Toukra, une circonscription de la commune du 9e arrondissement municipal situé à la sortie sud de la capitale.

Ils se sont installés sur ce site depuis plus de 10 ans. Ces éleveurs nomades ont une école dénommée "nouvelle race" pour l’éducation de leurs progénitures. Malheureusement, les filles sont données en mariage très tôt et les garçons préfèrent plutôt aller derrière le bétail que d’aller en classe.

À chaque saison de pluie, ces nomades renvoient toutes leurs fortunes et bétails vers le centre du pays à cause des intempéries comme en témoigne Boulaman Hassan Azzene Abdoulaye.

Boulaman Hassan Azzene Abdoulaye, chef de zone des éleveurs nomades installés dans la commune du 9e arrondissement municipal de N'Djamena, le 2 septembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)
Boulaman Hassan Azzene Abdoulaye, chef de zone des éleveurs nomades installés dans la commune du 9e arrondissement municipal de N'Djamena, le 2 septembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

"A de telle période, on envoie notre bétail dans les régions de Hadjer-Lamis et Kanem pour les faire paître. Les chameaux n’aiment pas l’eau sale et la boue. Tous les espaces sont cultivés donc nous sommes obligés de les déplacer à cause de pâturage. On garde quelques têtes de moutons et chèvres près de nous, pour notre survie", confie-t-il.

Maïmouna Abdoussamad, épouse de Boulaman Hassan Azzene Abdoulaye, évoque les difficultés que cette frange de la population rencontre pendant cette période de soudure pour se nourrir mais également pour se soigner en cas de maladie.

La zone des éleveurs nomades installés sur le périmètre urbain de N'Djamena, le 2 septembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)
La zone des éleveurs nomades installés sur le périmètre urbain de N'Djamena, le 2 septembre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

"En cette saison de pluie, si tu tombes malade, il faut avoir au moins 5000 francs CFA pour aller à l’hôpital. Mais avec cette situation de crise sociale, on va trouver l’argent où ? Nos bœufs sont tous en pâturage. Même pour se nourrir, je suis obligé de prendre du lait des chameaux avec les autres pour le faire cailler et aller le revendre. Et c’est avec le bénéfice que j’achète de quoi à manger à mes enfants", explique-t-elle à VOA Afrique.

"Regardez, même nos huttes et cases sont délabrées. On souffre beaucoup, mais personne ne nous vient en aide", lance-t-elle.

Mariam, une élève âgée de 10 ans, profite de ses vacances pour vendre des produits au bord de la grande voie à l’entrée Sud de la ville de N’Djamena.

Elle exerce cette activité avec tout le risque, mais elle parvient quand même à épauler ses parents malgré des personnes mal intentionnée utilisant des faux billets de banque pour lui acheter du lait.

André Kodmadjingar, correspondant à N’Djamena

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