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Les Dakarois préfèrent les marchés traditionnels aux centres commerciaux modernes


Vue intérieure du célèbre marché de Sandaga à Dakar le 19 octobre 2013.
Vue intérieure du célèbre marché de Sandaga à Dakar le 19 octobre 2013.

A Dakar, on note une grande présence des centres commerciaux et autres enseignes de grandes marques. Cependant, les endroits les plus fréquentés par les acheteurs demeurent les marchés traditionnels qui se forment un peu partout dans la capitale. Sandaga (80 ans d’existence) et le "Parc Lambaye" (près d’un siècle d’existence) sont parmi les plus anciens et les plus appréciés.

Si l’un a une notoriété et une variété de marchandises qui attirent toujours plus de monde, l’autre formé par des ressortissants de Lambaye (région de Diourbel, centre à 200 km de Dakar) renferme une histoire très particulière.

Sandaga, est sans doute l’un des marchés les plus célèbres et les plus fréquentés de Dakar, malgré sa fermeture depuis 2013 suite à un grave incendie, les commerces aux alentours continuent à attirer les clients. Badou Ndiaye vendeur de livres d’occasions explique les raisons de cette popularité.

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"Les Sénégalais ont peur des librairies classiques puisque là-bas il y a entre autres les vitres et la climatisation. Ils n’ont pas l’habitude de fréquenter ce genre de commerces pour leur propre consommation.

Donc, il préfère venir au marché Sandaga faire leurs besoins quotidiens, passer chez des vendeurs qui exercent un commerce traditionnel, échanger des livres ou d’autres produits avec eux ou acheter des marchandises au rabais. Les gens viennent ici par que l’abord est plus facile ", déclare M. Ndiaye.

Non loin de Sandaga se dresse le "Parc de Lambaye", un centre commercial traditionnel qui a une histoire assez particulière.

Il a été créé pour appuyer financièrement Cheikh Ahmadou Bamba dans sa lutte contre le colonialisme. Dame Séne, un des délégués du marché explique la genèse du Parc de Lambaye.

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"Quand les colons ont décidé mettre Cheikh Ahmadou Bamba en résidence surveillée à Diourbel, un de nos ancêtres du nom de Cheikh Ababacar Ndiaye Thiergane a demandé aux disciples de venir à Dakar pour se regrouper et développer des ventes de bois, de sacs et bouteilles en plastiques et divers autres objets afin de collecter de l’argent pour soutenir Cheikh Ahmadou Bamba. C’est ainsi qu’est né le premier Parc de Lambaye qui se trouve ici au centre-ville de Dakar sur l’avenue du Président Lamine Gueye", révèle M. Séne.

Niché au cœur de la ville de Dakar depuis le début du 20 siècle, le Parc Lambaye est aujourd’hui une plaque tournante des activités commerciales dans la capitale même si ses occupants demeurent loin de la modernité comme l’indique le délégué du marché.

"Ces parcs de commerce sont issus d’une tradition qui n’a rien avoir avec la modernité. Cet endroit ne peut pas être comme un centre commercial classique. Ici, on peut acheter ou échanger toutes sortes de marchandises et il y en a pour toutes les bourses. Aujourd’hui, le parc de Lambaye emploie plus de 1500 personnes et fonctionnes sans aucune assistance venant de l’Etat. Cet endroit est bien plus puissant que beaucoup de centres commerciaux de la capitale et les Dakarois l’apprécient énormément", confie M. Séne.

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Les marchés traditionnels demeurent les endroits les plus prisés par la clientèle. Les populations y trouvent toutes sortes d’articles à des prix relativement bas.

Même si l’incendie du Parc de Lambaye de Pikine en banlieue dakaroise remet en cause les installations anarchiques de ces marchés, ils continuent de se multiplier au gré de l’exode des populations rurales vers la capitale.

Seydina Aba Gueye, correspondant à Dakar

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