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États-Unis

Les démocrates avancent dans leur enquête en vue de destituer Trump

Le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff, lors d'une conférence de presse avec la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, au Capitol à Washington, le 2 octobre 2019.

Les démocrates ont affirmé mardi qu'ils accumulaient les éléments à charge en vue de destituer le président américain Donald Trump grâce à une série d'auditions parlementaires, en dépit du refus réitéré de la Maison Blanche de coopérer à leur enquête.

Le Congrès a fait sa rentrée mardi après deux semaines sans siéger, que les élus démocrates de la Chambre des représentants ont mis à profit pour faire avancer leur enquête sur le président américain. Ils cherchent à déterminer si Donald Trump a abusé de sa fonction pour forcer Kiev à enquêter sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, en lice pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

La chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, et le responsable de l'enquête à la Chambre Adam Schiff ont déploré lors d'une conférence de presse le refus de l'administration Trump de fournir des documents au Congrès.

Le vice-président Mike Pence, le ministère de la Défense, la direction du Budget de la Maison Blanche et l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani, se sont soustraits mardi aux injonctions du Congrès. Selon Adam Schiff, "il y a de plus en plus de preuves d'une entrave au travail du Congrès" de la part de l'administration Trump.

La Maison Blanche reproche en particulier à Nancy Pelosi de ne pas avoir organisé de vote en séance plénière à la Chambre des représentants pour initier cette procédure explosive de destitution ("impeachment"), contrairement aux précédents les plus récents (contre Richard Nixon en 1974 et Bill Clinton en 1995).

"Il n'y a pas d'obligation à avoir un vote et à ce stade, nous n'aurons pas de vote", a répliqué la chef démocrate, s'appuyant sur une lecture contraire de la Constitution.

- "Grenade dégoupillée" -

"Nous continuons malgré tout à recueillir des informations bonnes et importantes de témoins courageux", a précisé Adam Schiff, en référence notamment à l'audition la veille d'une diplomate, Fiona Hill, qui fut conseillère à la Maison Blanche sur l'Ukraine et la Russie jusqu'à cet été.

Selon plusieurs médias, elle a expliqué aux élus que l'ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton s'était alarmé des efforts déployés par Rudy Giuliani auprès du gouvernement de Kiev pour qu'il rassemble des éléments compromettants sur Joe Biden.

John Bolton voyait l'ancien maire de New York et avocat personnel du président "comme une grenade dégoupillée prête à faire sauter tout le monde" et avait suggéré de saisir les juristes de la présidence, aurait-elle déclaré.

Rudy Giuliani a cherché pendant des mois à convaincre Kiev d'ouvrir une enquête sur le groupe gazier Burisma qui employait le fils de Joe Biden, Hunter. Pour ce faire, il avait noué des contacts avec des intermédiaires en parallèle des canaux officiels de la diplomatie américaine.

John Bolton, qui a été démis de ses fonctions en septembre, aurait, selon Mme Hill, comparé les efforts de l'avocat du président et du chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney à des "manoeuvres de trafiquants de drogue".

- "Erreur de jugement" -

Les démocrates sont convaincus que Rudy Giuliani a posé "les bases" pour l'appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien au coeur du scandale.

Lors de cet échange, à la fin juillet, le président américain a demandé à Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur les Biden.

Suite à l'intervention d'un lanceur d'alerte, la Maison Blanche a rendu publique une transcription de cette conversation, ce qui a convaincu Nancy Pelosi d'enclencher le 24 septembre la procédure de destitution à l'encontre du milliardaire républicain.

Donald Trump clame depuis que son appel était "irréprochable" et assure avoir légitimement voulu combattre la "corruption" des Biden.

Dans sa première interview depuis que l'affaire a éclaté, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur de jugement" en faisant des affaires en Ukraine. "J'ai donné l'opportunité à des personnes très immorales de faire du mal à mon père", a-t-il poursuivi en niant toutefois toute "erreur éthique".

- "Avancer vite" -

Mardi, les élus du Congrès ont interrogé un haut responsable du Département d'Etat spécialiste de l'Ukraine, George Kent.

Mercredi, ce sera le tour de Michael McKinley, conseiller du Secrétaire d'Etat Mike Pompeo jusqu'à sa démission en fin de semaine dernière.

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, un proche de Donald Trump est très attendu jeudi.

"Nous voulons avancer vite", a expliqué l'élu démocrate Mark Pocan, en rappelant que l'objectif était de soumettre des articles de mise en accusation du président au vote de la Chambre des représentants avant la fin de l'année.

Il reviendra ensuite au Sénat d'organiser le procès de Donald Trump. Compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, sa destitution est à ce stade peu probable.

Avec AFP

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Procès de Trump: l'accusation boucle l'exposé de ses griefs

Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat

Les procureurs démocrates bouclent vendredi leur présentation du dossier d'accusation contre Donald Trump au quatrième jour d'un procès en destitution au Sénat où, malgré la portée historique des débats, pointe une certaine lassitude.

Après de longues heures à la barre, les sept élus de la Chambre des représentants reprendront la parole à la mi-journée pour dérouler leurs griefs contre le président des Etats-Unis, le troisième seulement à subir une telle épreuve.

Ils céderont la place samedi à la défense, qui disposera à son tour de 24 heures sur trois jours pour demander l'acquittement immédiat du locataire de la Maison Blanche. Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 élus sur 100), il est quasi certain de gagner son procès.

Les démocrates espèrent toutefois écorner son image, alors qu'il est en pleine campagne de réélection.

"Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays", par contre il fait "ce qui est bon pour Donald Trump", a lancé le procureur en chef Adam Schiff dans une conclusion tard jeudi.

"Il doit être destitué car le bien et la vérité comptent. Sinon nous sommes perdus", a ajouté l'élu démocrate dans une envolée empreinte d'émotion.

Le leader des sénateurs démocrates Chuck Schumer a reconnu jeudi que ce discours "poignant" "s'adressait au bon sens des Américains".

- "Mensonges" -

Avant de participer au rassemblement annuel des militants anti-avortements, qui lui permet de cimenter sa base électorale, Donald Trump s'est plaint d'avoir "eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies".

"Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020", a-t-il reconnu sur Twitter, avant de se plaindre du calendrier: "mes avocats vont être obligés de commencer samedi, ce qu'on appelle la Vallée de la Mort en télé!"

L'un d'eux Jordan Sekulow fils de l'avocat personnel de Donald Trump Jay Sekulow a déclaré sur la chaîne Fox qu'ils allaient "attaquer toutes les inexactitudes" des procureurs. "On va plaider que le président était totalement dans son droit, tel que garanti par la Constitution", a-t-il ajouté.

Donald Trump se retrouve en procès parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle, et qu'il a au même moment gelé une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie.

Pour les démocrates, il a utilisé les moyens de l'Etat pour faire pression sur Kiev afin de "salir" son rival "en d'autres termes, de tricher à l'élection", selon les mots d'Adam Schiff. Et une fois "démasqué", il a gêné l'enquête du Congrès, lui reprochent-ils encore.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l'a donc mis en accusation le 18 décembre pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès". Ce second chef sera au coeur des débats vendredi.

- "Du bon boulot" -

Pour ses partisans, l'impétueux président était dans son droit en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

"Quand il s'agit de l'instance du président Trump" à demander une enquête sur les Biden, "je pense qu'il a raison", a encore déclaré vendredi l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

Fair-play, il a reconnu qu'Adam Schiff "avait fait du bon boulot", mais il lui a reproché d'avoir assuré que le président servait ses intérêts plus que ceux de l'Amérique: "cette décision revient aux électeurs".

D'autres sénateurs républicains ne se sont pas montrés aussi élégants, affichant clairement leur lassitude face à des arguments qui, de l'aveu même d'Adam Schiff, "se répètent" parfois.

Ils ont été vus haussant les épaules, ricanant ou piquant du nez pendant la présentation des démocrates. L'un d'eux a même écrit un grand "SOS" sur une feuille blanche lisible depuis la tribune réservée à la presse.

D'autres se sont régulièrement échappés dans l'antichambre de l'hémicycle, en violation des règles strictes du procès qui leur interdisent de parler, sortir de la salle d'audience, ou consulter leurs portables.

Le procès contre Trump se poursuit

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Donald Trump s'affiche avec les militants anti-avortement

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Quatrième jour du procès en destitution de Donald Trump

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Trump s'affiche avec les militants anti-avortement au cœur de Washington

Le président Donald Trump participe à une manifestation "Marche pour la vie" à Washington, D.C, le 24 janvier 2020.

Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du "National Mall", l'avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette "Marche pour la vie".

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l'enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très "pro-choice" (favorable à la possibilité de choisir l'avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus "pro-life" de l'Histoire.

La démarche est loin d'être anodine: en 47 ans d'existence, la "March for Life" n'a jamais accueilli un hôte de la Maison Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de "Susan B. Anthony List", puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable "tournant".

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous: "Nous n'avions jamais vu un président des Etats-Unis venir en personne à la Marche pour la vie". "Maintenant, c'est fait! A tout à l'heure Jeanne", a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l'artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l'ancien homme d'affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d'opposer son veto à toute législation "affaiblissant la protection de la vie humaine".

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l'arrêt emblématique de la Cour suprême "Roe v. Wade", rendu en 1973, et légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les Etats-Unis.

- Le test de la Louisiane -

A l'approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n'a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu'il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 81% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l'institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve? Remettre en cause l'arrêt "Roe v. Wade". Ou, à défaut, autoriser les Etats à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, Etat conservateur du Sud.

Le texte prévoit d'imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d'avoir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'opération.

Selon les défenseurs du droit à l'avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l'Etat. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10.000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d'évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l'arrivée du magnat de l'immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

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