Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Depuis New York, la Cédéao annonce des sanctions contre la junte en Guinée

Le colonel Mamady Doumbouya (au centre) quitte une réunion avec des représentants de la CEDEAO à Conakry, le 17 septembre 2021.

En plus de "sanctions progressives" contre les dirigeants guinéens, la Cédéao va aussi envoyer trois chefs d'État au Mali pour obtenir la libération des 46 militaires ivoiriens détenus depuis juillet.

Les dirigeants des Etats ouest-africains, réunis en sommet extraordinaire jeudi à New York, ont annoncé des "sanctions progressives" contre la junte militaire en Guinée face à l'inflexibilité des militaires sur une date de retour des civils au pouvoir.

Les leaders des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays membres) se sont enfermés plusieurs heures à huis clos dans un hôtel new-yorkais, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, dans un climat tendu entre certains de ses membres et autour de multiples crises qui secouent le sous-continent.

A l'issue du sommet, "nous avons décidé de prendre des sanctions contre la Guinée", a annoncé à l'AFP le président de la commission de la Cédéao, Omar Aliou Touray.

Selon un document résumant cette réunion de chefs d'Etat, consulté par l'AFP, "il a été arrêté la prise de sanctions progressives sur des individus et contre la junte guinéenne".

"Très rapidement, le président en exercice de la Cédéao et le président de la commission de la Cédéao vont établir une liste de personnes à sanctionner et, de manière graduelle, appliquer ces sanctions", selon ce texte.

Crise Mali/Côte d'Ivoire

Autre crise en Afrique de l'Ouest: une querelle ouverte en juillet entre le Mali et la Côte d'Ivoire après que Bamako a arrêté des soldats ivoiriens. Tous les dirigeants ouest-africains --à l'exception du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso dirigés par des juntes et suspendus de la Cédéao-- ont réclamé la libération de 46 militaires ivoiriens encore détenus au Mali.

Le colonel Mamady Doumbouya à Bamako
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:59 0:00

"Mardi (27 septembre, NDLR), la Cédéao dépêchera au Mali les présidents du Ghana, du Togo et du Sénégal pour obtenir leur libération. (...) L'heure des coups d'Etat est révolue", a martelé Omar Aliou Touray.

C'est la Côte d'Ivoire qui avait appelé il y a huit jours à la tenue d'un sommet "dans les meilleurs délais" devant l'aggravation du contentieux avec le Mali, réclamant même des sanctions contre son voisin.

Le président ivoirien Alassane Ouattara est considéré comme l'un des moins conciliants vis-à-vis de la junte malienne. Les relations se sont détériorées avec l'arrestation des soldats ivoiriens à leur arrivée à Bamako le 10 juillet.

Ils devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

Invectives de la Guinée

Quant au dossier guinéen, le sommet de New York a été précédé par des invectives de la junte à Conakry.

Elle a dénigré jeudi avec virulence un sommet très loin de l'Afrique et a critiqué le président en exercice de la Cédéao, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo. Ce dernier avait prévenu dès mercredi que la Guinée (Conakry) allait au devant "de lourdes sanctions" si la junte persistait à vouloir se maintenir au pouvoir pendant trois ans.

L'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force de colonels et de lieutenants-colonels en moins de deux ans: putsch le 18 août 2020 au Mali, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 en Guinée, putsch le 24 janvier 2022 au Burkina Faso.

La Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour abréger les périodes dites de transition avant un retour des civils à la direction de leur pays. Elle est confrontée à des autorités qui n'entendent pas lâcher les commandes de sitôt.

Les nouveaux gouvernants en uniforme invoquent la gravité des crises auxquelles ils sont confrontés, sécuritaire au Mali et au Burkina, sociale et politique dans les trois pays. Ils veulent avoir le temps nécessaire à ce qu'ils présentent comme leur entreprise de "refondation" de leur Etat, et à l'organisation d'élections crédibles.

La Cédéao a infligé en janvier un sévère embargo commercial et financier au Mali. La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta s'est depuis engagée sous la pression à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo.

La junte guinéenne avait été parmi les rares à se solidariser avec le Mali face aux sanctions, et avait maintenu les frontières ouvertes. Son chef, le colonel Mamady Doumbouya, sortant du pays pour la première fois depuis septembre 2021, a pris part jeudi au côté de son homologue malien, le colonel Assimi Goïta, aux célébrations du 62e anniversaire de l'indépendance malienne.

Toutes les actualités

La Guinée sera prête pour la CAN-2025, malgré la décision de la CAF

La Guinée sera prête pour la CAN-2025, malgré la décision de la CAF
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:44 0:00

La Guinée sera prête pour 2025, même si l’organisation de la CAN lui a été retirée par la CAF. C’est ce qu’affirme son ministre des Sports.

Un avocat de Moussa Dadis Camara propose une assignation à résidence durant son procès

Un avocat de Moussa Dadis Camara propose une assignation à résidence durant son procès
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:15 0:00

Procès du 28-Septembre: la défense réclame des "égards" pour Dadis Camara

"Le capitaine Moussa Dadis Camara à dirigé ce pays, alors un peu d'égards pour lui", a plaidé son avocat.

La défense de l'ex-dictateur guinéen Moussa Dadis Camara a réclamé mardi des "égards" pour son client, et son placement en résidence surveillée plutôt que son maintien en prison, devant le tribunal qui le juge pour le massacre du 28 septembre 2009.

Moussa Dadis Camara et une dizaine d'anciens officiels militaires et gouvernementaux comparaissent depuis le 28 septembre devant un tribunal criminel de Conakry où ils répondent d'une litanie d'assassinats, viols et actes de torture commis lors de la répression d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre 2009 et les jours suivants.

La cour a commencé l'interrogatoire des accusés mardi, mais l'audience a très vite sombré dans les querelles de procédure. L'un des avocats du capitaine Dadis Camara, Me Pépé Antoine Lamah, a contesté le placement de son client en détention. Le parquet a fait incarcérer les accusés encore libres la veille du procès, dont le capitaine Dadis Camara qui vivait jusqu'alors en exil au Burkina Faso et était rentré quelques jours plus tôt.

Me Lamah a dit craindre pour la sécurité de son client, incarcéré à la prison centrale de Conakry avec les autres accusés, dont le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias "Toumba". Le lieutenant Diakité, ancien chef de l'unité de protection de Moussa Dadis Camara, avait ouvert le feu sur ce dernier le 3 décembre 2009 et gravement blessé l'autocrate qui semblait rejeter la faute du massacre sur cet aide de camp.

"Qu'on le veuille ou non, à un moment donné de l'histoire de la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara à dirigé ce pays; alors un peu d'égards pour lui", a plaidé Me Lamah. "A défaut de le mettre en liberté, il faut aménager une villa pour lui", a-t-il demandé.

"Dadis Camara est renvoyé devant la cour criminelle comme tous les autres, il sera traité au même titre que les autres", a répondu le procureur Alghassimou Diallo. La cour n'a pas tranché et devrait se prononcer ultérieurement.

La défense du lieutenant Diakité a demandé son évacuation sanitaire. A l'ouverture du procès la semaine passée, il semblait très diminué et avait suivi toute l'audience debout, apparemment incapable de s'asseoir. Il est écroué depuis 2017.

Il souffre de maladies liées à son incarcération, "la position assise l’étouffe et lui fait remonter les intestins", a déclaré un de ses conseils, Me Paul Yomba Kourouma. "On ne peut pas juger un malade", a renchéri un autre avocat, Me Lancinet Sylla, qui a demandé son évacuation vers le Sénégal voisin, d'où il avait été extradé.

Avant que l'audience ne s'enlise, la cour a eu le temps de demander pour la première fois à un accusé, le commandant Moussa Thiéboro Camara, s'il reconnaissait les faits. Il a répondu qu'il plaiderait non-coupable.

Massacre du 28-Septembre à Conakry: Human Rights Watch en appui aux victimes

Massacre du 28-Septembre à Conakry: Human Rights Watch en appui aux victimes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:49 0:00

Reprise à Conakry du procès historique du 28-Septembre

Reprise à Conakry du procès historique du 28-Septembre
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG