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Les Brazzavillois appellent à un partenariat plus bénéfique avec la Chine


Les affiches du président congolais Denis Sassou Nguesso et du nouveau président chinois Xi Jinping au Palais des Congrès après une réunion, à Brazzaville, le 29 mars 2013.

En République du Congo, les experts demandent aux autorités de réorienter la coopération avec la Chine vers les priorités du pays. Les jeunes attendent en effet l'industrialisation du pays qui va créer le plein emploi.

A l'issue du forum Chine-Afrique, le Congo a pu obtenir quelques accords dans les infrastructures et la formation, puis arracher un don de 26 milliards de francs CFA.

Pas grand chose, à comparer avec la Côte d'Ivoire qui a signé pour 1.900 milliards ou le Sénégal pour 500 milliards. Le Congo garde sous le coude son accord de partenariat stratégique avec la Chine, conclu en 2006.

A Brazzaville, on estime que ce partenariat reste porteur de beaucoup d'espoirs. L'ancien ministre Alain Akouala qui a beaucoup travaillé avec les Chinois dans le cadre des Zones économiques spéciales affirme que la Chine pourrait aider le Congo à diversifier son économie.

L'ancien ministre Alain Akouala estime qu'il faut réajuster la coopération avec la Chine, à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)
L'ancien ministre Alain Akouala estime qu'il faut réajuster la coopération avec la Chine, à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)

"La Chine a financé la construction de nos infrastructures, nécessaires pour permettre l'émergence. Du côté du Congo, il va falloir que nous réajustions les choses. La Chine est intéressée par nos matières premières et le Congo de part sa position géo-économique et géostratégique, disposant du seul port en eau profonde dans la sous-région, pourra devenir cette porte d'entrée et de sortie de toute l'Afrique centrale", indique-t-il.

Ces dernières années, la Chine s'est investie à construire des infrastructures au Congo. L'analyste économique Obambe Gakosso estime qu'il est temps de repenser ce partenariat : "il faut changer de perspectives. Il faut que nous évitions de nous retrouver dans une situation où chacun spécule que les Congolais sont allés chercher de l'argent en Chine".

"Ce n'est pas crédible pour le Congo. Il faut changer le cahier des charges en disant voici ce que nous voulons. Sinon, on va recommencer, et je crains que dans 40 ans, que ce soient les mêmes débats", prévient Obambe Gakosso.

Mais le Congo traîne une lourde dette vis-à-vis de la Chine. Ce qui fait dire à une large partie de la population que ce partenariat n'a finalement profité qu'aux Chinois.

Assen Bozire, économiste, membre de l'ITIE à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Assen Bozire, économiste, membre de l'ITIE à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)

L'économiste Assen Bozire revient sur ce lourd endettement tout en critiquant à la qualité des infrastructures construites par les Chinois au Congo : "On sait bien que dans le cadre de ce partenariat stratégique, le Congo vend directement son pétrole à la Chine, et dans le compte Eximbank on était à plus de 3.100 milliards qui sont gagés. C'est-à-dire, le pétrole est vendu, mais l'argent ne revient pas au Congo".

"On ne va pas continuer comme ça, car on asphyxie le trésor public, et le pays n'a pas une marge pour faire face aux problèmes sociaux. L'argent est bloqué à l'extérieur à cause de la dette. Il faut revoir ce partenariat, afin qu'il soit réellement gagnant-gagnant", plaide cet économiste, membre de l'ITIE.

Construction par la Chine du siège du gouvernement à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Construction par la Chine du siège du gouvernement à Brazzaville, le 10 septembre 2018. (VOA/Arsène Séverin)

Le Congo et la Chine coopèrent depuis février 1964, et plusieurs bâtiments publics se sont élevés dans le pays, grâce à cette coopération.

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