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Les associations féminines dénoncent les viols et abus sexuels sur les filles et femmes

Les femmes responsables d’associations lors d’un atelier sur les violences sexuelles sur les enfants dans le 2ème arrondissement à Yaoundé, Cameroun, le 3mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Des témoignages sont enregistrés  sur les cas  de viol recensés au quotidien dans les familles, les quartiers, établissements scolaires et milieux professionnels à Yaoundé, au Cameroun.

Selon les statistiques du gouvernement camerounais, 1,5 million de Camerounaises sont concernées par les viols et abus sexuels.

Les associations féminines du Cameroun se mobilisent pour dénoncer les viols et abus sexuels
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Echanges entre la presse et l’équipe de production du documentaire sur les viols et abus sexuels des filles et femmes, à Douala, Cameroun, le 3 mars 2019. (VOA/ Emmanuel Jules Ntap)
Echanges entre la presse et l’équipe de production du documentaire sur les viols et abus sexuels des filles et femmes, à Douala, Cameroun, le 3 mars 2019. (VOA/ Emmanuel Jules Ntap)

"Le bourreau peut être le frère ainé, ça peut être un oncle," c’est ainsi que Victorine Sehi Geguidé, présente l’une des faces cachées des viols et abus sexuels sur les filles et femmes au Cameroun.

Ce jour, Victorine dirige un atelier d’échanges sur les victimes des violences sexuelles dans le 2ème arrondissement de Yaoundé.

A l’occasion, la parole se libère. Et les femmes responsables d’associations témoignent sur l’ampleur du phénomène.

"Nous avons eu une jeune fille qui a été violée par son oncle paternel, elle a eu un bébé de lui, mais nous avons eu vent de ce cas, nous l’avons suivi, nous avons eu un grand frein au niveau de la famille, qui a estimé que le linge sale devait se laver au sein de la famille. Avec la peur, la honte du qu’en dira-t-on, ils ont déplacé la fille pour qu’on n'ait plus de traces d'elle," a confié à VOA Afrique, Jeanne Ntolo, de l’Association femmes autonomes de la briqueterie, un quartier populaire de la capitale.

Les jeunes filles scolarisées font aussi partie des victimes de viols et d'abus sexuels. Mais, elles optent très souvent pour le silence.

Elise Pierrette Mpoung Meno, co- fondatrice de l’Association de lutte des violences faites aux femmes à Yaoundé, Cameroun, le 3mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Elise Pierrette Mpoung Meno, co- fondatrice de l’Association de lutte des violences faites aux femmes à Yaoundé, Cameroun, le 3mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Nous avons un stagiaire qui a repéré le cas d’une élève qui est victime d’un abus sexuel, de harcèlement, ça ressort de son tuteur, elle vit avec sa mère qui est mariée à un autre homme, et cet homme la harcèle sexuellement. Nous avons ce cas actuellement, nous sommes encore sur le dossier," a expliqué à l’assistance, Fadimatou Nana, conseillère d’orientation principale au lycée technique de Yaoundé.

Selon une récente étude de santé publique, sur une population de 37.719 filles et femmes camerounaises, 5,2% ont été victimes de viols, et près qu’un quart avait moins de 10 ans au moment du viol.

"C’est le voisin qui abuse, c’est le père qui abuse, c’est le camarade de classe qui abuse, c’est l’inconnu aussi qui abuse de petites filles. On recense tous ces cas-là chaque année et beaucoup plus dans le cadre du projet en cours en partenariat avec l’Unicef sur les violences faites aux mineurs," souligne Clarisse Otele, une assistante sociale qui travaille pour l’association de lutte contre les violences faites aux femmes.

Co-fondatrice de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes, Elise Pierrette Mpoung Meno, estime que les résultats de leur combat sont encore mitigés au Cameroun même si elle note des avancées..

L’une des photos d’affiche du documentaire intitulé "les prisonnières du silence", sur les viols et abus sexuels sur les filles et femmes au Cameroun, le 3mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
L’une des photos d’affiche du documentaire intitulé "les prisonnières du silence", sur les viols et abus sexuels sur les filles et femmes au Cameroun, le 3mars 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Aujourd’hui, il y’a de plus en plus de familles qui portent plainte parce que leur fille a été victime de viol, les jugements sont rendus et nous pensons que il y’a une évolution," soutient Mme Meno.

La co-fondatrice de de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes ajoute : "on n’a pas eu de lois spécifiques contre les violences faites aux femmes, on a travaillé dans le code de la famille, on n’a toujours pas vu ce code validé".

Dans un film documentaire intitulé "les prisonnières du silence", projeté en avant-première le 02 mars dernier à Douala, trois jeunes camerounaises ont témoigné, sur les viols et abus sexuels dont elles ont été victimes.

La productrice, Laetitia Tonye Loé, une jeune camerounaise, a elle-même été victime d’abus sexuel.

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Début du procès du principal opposant à Paul Biya le 6 septembre

Maurice Kamto, chef du parti d'opposition camerounais Mouvement pour la renaissance du Cameroun lors d'un rassemblement de campagne pour la prochaine élection présidentielle, à Yaoundé, le 30 septembre 2018.

Le procès du principal opposant camerounais, Maurice Kamto, écroué depuis janvier, débutera le 6 septembre devant un tribunal militaire de Yaoundé, a annoncé mercredi à l'AFP son avocat et responsable de son parti.

Arrivé en deuxième position lors de l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, M. Kamto avait été arrêté, ainsi qu'environ 150 personnes, à la suite d'une manifestation le 26 janvier 2019 à l'appel de son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui considérait la victoire de M. Biya, au pouvoir depuis 1982, comme un "hold-up électoral".

Le tribunal militaire de Yaoundé, devant lequel M. Kamto est poursuivi notamment pour "insurrection et hostilité contre la patrie", a fixé l'ouverture de son procès au 6 septembre, a annoncé à l'AFP Emmanuel Simh, son avocat et troisième vice-président du MRC.

M. Kamto avait été convoqué mardi devant cette juridiction militaire qui lui a notifié cette date, a précisé Me Simh.

Plusieurs dizaines de soutiens et partisans de l'opposant seront jugés en même temps que lui, selon l'avocat. Le 11 juillet, un juge d'instruction du tribunal militaire avait décidé du renvoi pour un procès devant cette juridiction de 104 personnes, dont M. Kamto.

Les avocats de l'opposant avaient alors fait appel, contestant la compétence du tribunal militaire au motif que cette juridiction ne peut pas juger des civils. La Cour d'appel ne s'est pas encore prononcée.

Prison à vie pour un dissident anglophone

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Prison à vie contre les 10 leaders séparatistes anglophones

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Prison à vie pour un leader des séparatistes anglophones

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Human Rights Watch dénonce la torture de détenus au Cameroun

Des prisonniers font la queue à l'intérieur de la prison centrale de Douala, le 8 mars 2006.

Des dizaines de détenus séparatistes anglophones ou membres de l'opposition ont été torturés par les forces de sécurité après avoir été extraits d'une prison de Yaoundé à l'issue d'une mutinerie en juillet, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le 22 juillet, des détenus de la prison centrale de Yaoundé s'étaient mutinés pour protester contre leurs conditions de détention, épouvantables selon eux, la surpopulation carcérale et les longues détentions sans procès pour les anglophones, provoquant des dégâts et des incendies dans certains locaux ainsi que des violences entre prisonniers.

Le gouvernement camerounais avait annoncé le 3 août que 244 détenus avaient été interpellés, leurs avocats assurant qu'une partie d'entre eux avaient été emmenés au Secrétariat d'Etat à la Défense (SED), le siège de la gendarmerie dans la capitale camerounaise. Ils affirmaient également que les prisonniers transférés au SED y étaient torturés.

"Les autorités camerounaises ont détenu plus d'une centaine de personnes au secret et torturé nombre d'entre elles" entre le 23 juillet et le 4 août, assure HRW. "Les détenus ont été transférés vers (...) le SED" au lendemain de l'"émeute à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet pour protester contre la surpopulation, les conditions de vie désastreuses et les retards dans le traitement des dossiers devant les tribunaux", poursuit l'ONG dans un communiqué.

HRW se base sur les témoignages de 14 détenus et plusieurs avocats. "On nous battait deux fois par jour avec des matraques en bois et des machettes", précise un prisonnier de 29 ans.

Selon l'organisation, nombre de ces détenus étaient soupçonnés par les autorités "de faire partie de groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ou de les soutenir". "Parmi les autres détenus figuraient des membres et des partisans du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC)", l'un des principaux partis de l'opposition.

Les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest sont le théâtre depuis fin 2016 d'une contestation qui a dégénéré en affrontements armés entre séparatistes et forces de sécurité, qui ont fait, selon HRW, plus de 2.000 morts à ce jour.

Le SED a été dénoncé à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits humain pour la pratique de la torture envers des détenus.

Réagissant aux accusations de mauvais traitement et torture formulées par les avocats, le ministre camerounais de la Communication, Emmanuel Sadi, avait déclaré le 3 août que les détenus faisaient l'objet de "procédures légales dans le strict respect des lois de la République", assurant que plusieurs d'entre eux avaient été retrouvés en possession d'armes blanches.

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