Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Leila Slimani estime que "les Américains ont un rapport plus moral à la littérature"

La Franco-marocaine Leïla Slimani, Paris, le 3 novembre 2016. (Photo Gallimard)

"Les Américains ont un rapport plus moral à la littérature" que les Français. Aux Etats-Unis pour promouvoir son livre "Chanson douce", Leila Slimani, l'auteure franco-marocaine phénomène, analyse les attentes du public américain.

"En France, tout peut être dit dans un roman, on ne juge pas vraiment les personnages. On essaie d'abord de les comprendre, on est très attaché au style, et puis on aime l'ironie, l'humour noir, voire le mauvais esprit", remarque-t-elle au cours d'un entretien avec l'AFP à Beverly Hills.

"Les Américains veulent savoir +mais au final le livre dit quoi?+ alors qu'au fond, il n'y a peut-être pas de leçon à en retirer", souligne l'auteure de 36 ans, la plus lue de 2016 dans le monde francophone grâce au succès de "Chanson douce".

Le livre qui lui a valu le prix Goncourt, traduit en 38 langues, est en partie inspiré du meurtre de Lucia et Leo Krim en 2012 à New York par leur nounou Yoselyn Ortega, un crime qui a horrifié l'Amérique et au-delà, et dont le procès touche à sa fin.

>> Lire aussi : Leïla Slimani, "Mme Francophonie" de Macron, veut "déringardiser le français"

Leila Slimani relève "là encore un truc moral": c'est le seul pays où des gens lui ont dit: "C'est un livre misogyne, il culpabilise les femmes qui reprennent le travail" après avoir eu des enfants. "Pour moi, c'est inimaginable de penser ça. Les gens savent que je suis très féministe. Je me dis que ça doit être parce (les Américaines) se sentent tellement coupables" de travailler "qu'elles voient cela dans le livre".

Celle qui a depuis publié un essai, "Sexe et Mensonges: La vie sexuelle au Maroc", et travaille à présent sur une pièce de théâtre, voit aux Etats-Unis une "banalisation de la sexualité, quelque chose qui est dénué d'ambigüités, de zones grises. La sexualité devient un rapport quasi contractuel où il y aurait des personnes qui consentiraient à un rapport purement physique ou au contraire une relation plus romantique".

>> Lire aussi : Le prix Goncourt décerné à Leïla Slimani pour "Chanson douce"

Pour elle, le terme de puritanisme généralement associé à la culture américaine n'est plus valide. "Regardez les scandales qu'il y a avec Donald Trump", entre les révélations de ses ex-maîtresses présumées Stormy Daniels et Karen McDougal et ses déclarations enregistrées en 2005 où il se vantait d'"attraper" les femmes par l'entrejambe et de les embrasser sans demander. "Il y a du puritanisme", notamment dans la volonté d'encadrer par la loi ou les règlements d'entreprise tous les rapports homme-femme, mais aussi paradoxalement "une immense vulgarité et le sentiment que finalement cette virilité débridée, c'est une forme d'honnêteté".

"Impossible" de "saisir l'Amérique"

Elle compare avec l'époque de l'ex-président Bill Clinton et sa relation avec la stagiaire de la Maison Blanche Monica Lewinski "qui a failli mettre sa présidence à genoux, il devait s'excuser, ça cochait toutes les cases du puritanisme, alors qu'avec Donald Trump, au fond son pouvoir n'a pas l'air de vaciller".

"C'est un pays tellement divisé, donc saisir l'Amérique, c'est quasi impossible", estime-t-elle.

Depuis son premier roman "Dans le jardin de l'ogre", sur une nymphomane, "la sexualité, le corps, c'est quelque chose qui est très important dans la construction de mes personnages. Je pense que ce sera toujours très présent, parce que c'est à travers le corps qu'on est vulnérable, qu'on est fragile, qu'on peut être saisi, blessé, qu'on vit et qu'on meurt, qu'on est perçu. C'est aussi le lieu des pulsions, de la dépendance et pour un romancier fascinant. Le corps de la femme m'intéresse, ce que c'est d'avoir un corps de femme dans l'espace public (...) Le corps dépendant aussi", comme celui des enfants de "Chanson douce".

Après le tourbillon qui a emporté depuis le Goncourt cette mère de deux enfants, à la silhouette fine et au visage serti de boucles serrée, Leila Slimani dit vouloir "prendre un an et demi pour écrire" son prochain roman. "Ce sera toujours sur le corps, la cruauté, quelque chose d'assez noir."

Avec AFP

Toutes les actualités

Troupes américaines en Afrique: Pompeo promet une démarche collective

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et le président sénégalais Macky Sall au palais présidentiel de Dakar, Sénégal, le 16 février 2020. Andrew Caballero-Reynolds / Pool via REUTERS

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assuré dimanche à Dakar que les Etats-Unis veilleraient à faire "ce qu'il faut" en partenariat avec leurs alliés au sujet de la réduction ou non de leur présence militaire en Afrique, notamment au Sahel confronté aux violences jihadistes.

M. Pompeo, qui s'exprimait devant la presse, s'est gardé de tout engagement et a laissé ouverte la question d'une réduction des forces américaines, actuellement à l'examen à Washington.

Peu auparavant, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Amadou Ba, à ses côtés, avait indiqué que les Etats-Unis avaient fait part aux dirigeants sénégalais "de leur volonté de retirer leurs forces combattantes". Il avait souligné que, pour le Sénégal, cela ne signifiait pas un retrait militaire américain du continent, les Etats-Unis apportant un soutien en renseignement, en logistique et en formation à la lutte contre le jihadisme.

Après trois ans d'administration Trump, M. Pompeo est le plus haut responsable américain à effectuer une tournée en Afrique subsaharienne. Après le Sénégal où il est arrivé samedi après-midi, il partait dimanche pour l'Angola, avant l'Ethiopie jusqu'à mercredi, d'où il se rendra en Arabie saoudite.

M. Pompeo entame sa première visite en Afrique subsaharienne dans les fonctions de secrétaire d'Etat au moment où les Etats-Unis veulent réduire les opérations antijihadistes dans le monde pour concentrer leurs forces sur ce qu'ils considèrent comme les menaces russe et chinoise pour leur suprématie militaire.

L'Afrique, où l'armée américaine est présente avec quelque 6.000 soldats, notamment au Sahel, en Somalie et à Djibouti, est considérée comme pouvant être la première concernée par la redistribution des forces.

Epargné par les violences au Sahel voisin, le Sénégal est communément salué comme une zone de stabilité et un partenaire solide dans la lutte contre l'extrémisme. Il suit avec la plus grande attention la réflexion américaine.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a affirmé l'importance que "l'Afrique puisse monter en première ligne". Mais il a relevé l'absence de moyens militaires et financiers africains, et rappelé la proposition du président Macky Sall de financer l'effort, en accord avec la communauté internationale, en y affectant 1% du déficit budgétaire des pays africains.

L'Afrique "a besoin des Etats-Unis d'Amérique", a-t-il dit.

- Opportunités économiques -

"Nous ferons ce qu'il faut, nous ferons ce qu'il faut collectivement, j'en suis convaincu", a répondu M. Pompeo en évoquant les partenaires sénégalais, africains, français et européens des Etats-Unis.

Quand l'examen du niveau des forces en cours au Pentagone sera achevé, "nous en discuterons, non seulement avec le Sénégal, mais tous les pays de la région, nous discuterons des raisons de ce que nous faisons, de la manière dont nous le faisons, et nous parviendrons à un résultat qui marche pour tout le monde", a-t-il dit.

Le Pentagone a annoncé mercredi un premier ajustement de ses forces en Afrique avec le remplacement d'une unité de combat par des instructeurs.

M. Pompeo est arrivé en Afrique quelques jours après le durcissement par le président Donald Trump des conditions d'entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de quatre pays africains (dont aucun sur l'itinéraire de M. Pompeo). En 2018, le président Donald Trump avait qualifié de "pays de merde" les Etats africains envoyant des immigrés aux Etats-Unis.

Le département d'Etat a souligné avant la visite de M. Pompeo que les trois pays africains visités étaient des "contributeurs majeurs à la stabilité régionale", à commencer par le Sénégal, qui fournit environ 1.500 hommes à la Mission de l'Onu au Mali.

Cependant, c'est surtout l'engagement économique que Washington comptait mettre en avant, y compris pour contrer la poussée chinoise sur un continent aux forts taux de croissance. Les trois pays sont "particulièrement remarquables" en termes d'opportunités, selon le département d'Etat.

M. Pompeo a résumé l'approche américaine: croissance et sécurité sont "mutuellement bénéfiques".

Il a assisté dimanche matin à la signature de cinq protocoles d'accord, pour la construction d'une autoroute entre Dakar et Saint-Louis (entre l'Américain Bechtel et le Sénégalais Ageroute), dans les domaines de la santé et la production d'électricité (entre l'Américain General Electric et des agences gouvernementales sénégalaises).

USA : Bernie Sanders dénonce les attaques homophobes visant Pete Buttigieg

Pete Buttigieg, ancien maire de South Bend (Indiana), candidat à la présidence des États-Unis, s'adresse à ses partisans lors des primaires au Nashua Community College, le 11 février 2020. (Joseph Prezioso / AFP)

Le sénateur Bernie Sanders a dénoncé vendredi les attaques homophobes "scandaleuses" visant son rival démocrate Pete Buttigieg prononcées par un célèbre animateur de radio proche de Donald Trump.

Figure de la sphère conservatrice américaine, Rush Limbaugh s'est moqué mercredi de l'ancien maire de South Bend (Indiana), "ce type gay de 37 ans qui embrasse son mari sur scène". M. Buttigieg a en fait 38 ans.

Ces propos ont pris un relief particulier car ils sont intervenus quelques jours après un hommage appuyé rendu par Donald Trump à l'animateur.

Lors de son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès réuni au grand complet, le président américain lui a décerné la "médaille de liberté", plus haute décoration civile des Etats-Unis, et l'a remercié pour "des décennies de dévouement à notre pays".

"En tant que candidats, nous avons des désaccords, mais des attaques personnelles comme celles-ci sont inacceptables", a réagi Bernie Sanders.

"Les commentaires homophobes de Rush Limbaugh concernant Pete Buttigieg sont scandaleux et offensants. Ensemble, nous mettrons fin aux divisions et à la haine semées par Donald Trump", a-t-il ajouté.

Interrogé jeudi sur le fait de savoir s'il pensait que les Américains pourraient élire un président homosexuel, le président américain a répondu: "Je pense que oui".

"Je pense que certains ne le feraient pas. Mais je ne ferais pas partie de ce groupe pour être honnête", a-t-il ajouté dans l'émission de radio de Geraldo Rivera.

Pete Buttigieg n'a lui pas directement répondu aux attaques de l'animateur conservateur.

"Je suis fier de mon mariage, je suis fier de mon mari", a-t-il simplement déclaré jeudi soir lors d'une rencontre avec des électeurs à Las Vegas.

Deux ans après la fusillade de Parkland, les familles se souviennent

Deux ans après la fusillade de Parkland, les familles se souviennent
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:55 0:00

Etats-Unis : Trump « rend mon travail difficile», dit le ministre de la justice

Etats-Unis : Trump « rend mon travail difficile», dit le ministre de la justice
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:38 0:00

Des Washingtoniens partagent leurs projets pour la Saint-Valentin

Des Washingtoniens partagent leurs projets pour la Saint-Valentin
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:15 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG