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Les Algériens dans la rue pour un 13e vendredi consécutif contre le "système"

Des manifestants algériens scandent des slogans alors qu'ils manifestent dans la capitale, Alger, contre la candidature de leur président à un cinquième mandat, le 24 février 2019.

Des milliers d'Algériens sont rassemblés vendredi dans le centre d'Alger pour un 13e vendredi de manifestations dans le pays, où le mois de jeûne du ramadan n'a pas entamé la mobilisation.

La police est déployée en nombre depuis le début de la matinée à Alger et interdit notamment, avec des véhicules et des policiers munis de boucliers, l'accès au parvis et aux marches de la Grande Poste, lieu symbolique pour les manifestants.

"Honte à vous policiers", crient des manifestants, selon un journaliste de l'AFP, dans une ambiance tendue, marquée par quelques bousculades mais sans heurts dans l'immédiat, un peu plus d'une heure avant le début prévu du cortège, à la fin de la grande prière musulmane hebdomadaire.

Selon des sites d'information et des internautes sur les réseaux sociaux, les policiers ont pulvérisé à la mi-journée des gaz lacrymogènes pour éloigner les manifestants essayant de forcer le passage.

Des barrages filtrants ont par ailleurs été installés par les forces de l'ordre sur certains axes routiers menant à Alger, a raconté à l'AFP Ali, commerçant venu de Bordj Menael, à 60 km à l'est de la capitale.

Un dispositif similaire a été mis en place aux entrées de Bordj Bou Arreridj, localité particulièrement mobilisée depuis le début du mouvement du 22 février, à 150 km au sud-est de la capitale, selon des médias algériens.

- "Pas d'Etat militaire" -

"Non aux élections" prévues le 4 juillet pour élire un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, peut-on lire sur certaines pancartes. Après 20 ans à la tête de l'Algérie, l'ancien chef de l'Etat a été contraint de démissionner le 2 avril sous les pressions conjuguées du mouvement inédit de contestation et de l'armée.

Les manifestants réclament également à hauts cris un "Etat civil".

"Pas d'Etat militaire", martèlent-ils alors que l'armée est revenue au centre du jeu politique, après avoir contribué de façon décisive au départ du président Bouteflika, faisant de facto de son chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, l'homme fort du pays.

"Gaïd Salah dégage !", scandent les manifestants vendredi à Alger, lui reprochant, outre son soutien durant 15 ans au président Bouteflika, son refus de toute autre sortie de crise que la présidentielle du 4 juillet, dans laquelle ils voient un moyen pour les héritiers du régime de maintenir, à la faveur de fraudes, le "système" au pouvoir.

Les manifestants demandent au préalable le départ de toutes les figures associées à M. Bouteflika, en tête desquelles le président par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Noureddine Bedoui, deux apparatchiks, mais aussi le général Gaïd Salah.

"Le mouvement populaire pacifique n'est pas près de s'essouffler" car "le pouvoir s'accroche malheureusement à l'organisation des élections le 4 juillet", a assuré, dans un entretien au site d'information TSA (Tout sur l'Algérie), Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), une organisation citoyenne en pointe dans la contestation.

Vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), Saïd Salhi a de son côté dénoncé une "fuite en avant" du pouvoir, qui n'a "aucune vision", "temporise et joue sur l'usure".

"Si le système maintient les élections pour le 4 juillet, cela revient à exacerber les tensions et à accentuer la crise", a-t-il expliqué à TSA.

Il a également dénoncé les récentes convocations et arrestations par la justice d'anciens responsables politiques et d'hommes d'affaires, y voyant une volonté de "dévier" le mouvement de ses revendications.

"La mise en place d'une justice indépendante ne peut avoir lieu que dans le cadre d'une nouvelle République, réellement démocratique et véritablement basée sur la séparation des pouvoirs", a assuré M. Salhi.

Jeudi, Abdelmalek Sellal, Premier ministre entre 2014 et 2017, Ahmed Ouyahia, trois fois chef du gouvernement sous M. Bouteflika, la dernière fois jusqu'en mars 2019, et plusieurs anciens responsables ont été entendus par un tribunal d'Alger, dont ils sont ressortis libres.

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Nouveau vendredi de manifestations contre le pouvoir

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26e vendredi de manifestations contre le régime

Des manifestants algériens scandent des slogans et brandissent des drapeaux nationaux dans les rues de la capitale, Alger, le 26e vendredi consécutif de manifestations du 16 aout 2019.

Les Algériens manifestent à nouveau massivement dans les rues du centre de la capitale, quadrillé par la police, pour un 26e vendredi consécutif d'un mouvement de protestation qui s'apprête à clore son 6e mois sans avancée vers une solution à la crise.

Malgré la forte chaleur estivale, la mobilisation, difficile à estimer précisément en l'absence de comptage officiel, semblait aussi importante que ces dernières semaines.

Amoindrie par les vacances scolaires par rapport aux premières semaines du "Hirak" (le mouvement de contestation né le 22 février), la mobilisation reste forte à Alger, où comme chaque vendredi, hommes, femmes et enfants de tous âges sont au rendez-vous.

"C'est ou nous ou ce pouvoir, on ne va pas s'arrêter", scandent les manifestants qui continuent de réclamer le départ du pouvoir de tous ceux ayant accompagné, durant ses 20 ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, sous les pressions conjuguées de la rue puis de l'armée.

Des dizaines de véhicules de police sont garés des deux côtés de la rue, sur une partie du parcours emprunté par la manifestation. Le dispositif semble toutefois avoir été légèrement allégé par rapport aux dernières semaines.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée devenu le véritable homme fort du pays depuis la démission de M. Bouteflika, reste une cible principale des protestataires.

- "Experts de la triche" -

"Unis, on fera partir le +Gang+ (au pouvoir) puis Gaïd", scandent ces derniers.

Alors que le mouvement de contestation, qui s'apprête à fêter son 6e mois le 22 août, ne semble pas s'essouffler, aucune solution à la crise politique dans laquelle est plongée l'Algérie ne se profile.

Le "Hirak" continue de refuser la présidentielle que le pouvoir souhaite coûte que coûte organiser le plus rapidement possible pour élire le successeur de M. Bouteflika. Une élection convoquée le 4 juillet a dû être annulée, aucun candidat sérieux ne s'étant présenté.

"On ne veut pas d'élections organisées par ce gouvernement. Ils trouveront le moyen de frauder. Ce sont des experts de la triche. Qu'ils partent avant les élections", résume Mohamed Benouafek, 45 ans, ingénieur dans une entreprise privée, interrogé dans une rue d'Alger par l'AFP.

Chauffeur de taxi de 65 ans, Ahmed manifeste vendredi "pour redire à Gaïd que nos revendications n'ont pas été satisfaites", contrairement à ce que le chef d'état-major a assuré le 8 août, en dénonçant "certains groupes" qui "s'acharnent à rejeter toutes les initiatives présentées et tous les résultats obtenus".

Le "dialogue" proposé par le pouvoir à la classe politique et à la société civile pour définir les modalités de cette élection, censé en garantir l'équité, est également rejeté par les manifestants, et "l'Instance de dialogue" mise sur pied pour parler avec les divers acteurs, peine à asseoir sa légitimité à leurs yeux.

- "A la poubelle" -

Nommé à la tête de cette instance, Karim Younès, ex-président de la Chambre basse et ancien ministre de M. Bouteflika, est une fois encore conspué vendredi par les manifestants aux cris de "Karim Younès à la poubelle!".

"On reste avec des pratiques anciennes, ce genre d'instance va nous mener à l'impasse", a averti jeudi, dans un entretien au site d'information TSA (Tout sur l'Algérie), l'économiste Smail Lalmas, qui a démissionné de cette instance après le refus du pouvoir de prendre des mesures "d'apaisement" réclamées en signe de bonne volonté.

De leur côté, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont été contraints de reporter une réunion prévue samedi, faute d'avoir obtenu - comme le veut la loi - une autorisation préalable des autorités.

"Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre", s'insurgent les organisateurs dans un communiqué, dénonçant "le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société".

Algérie: les étudiants manifestent pour la 25e semaine, malgré les vacances

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