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1er vendredi de manifestations depuis le début du jeûne de ramadan

Manifestant à Alger le 10 mai 2019.

Les Algériens manifestent pour un 12e vendredi consécutif, le premier depuis le début du ramadan, un mois de jeûne durant lequel la fatigue accumulée est susceptible d'entamer la mobilisation contre le régime et contre l'élection présidentielle prévue début juillet.

La quasi-totalité des Algériens observent strictement les prescriptions religieuses, en s'abstenant notamment durant cette période de manger, boire et fumer entre le lever - vers 04H00 (03H00 GMT) du matin - et le coucher du soleil - vers 19H45.

La mobilisation semble forte vendredi au départ du cortège, peu après la fin de la grande prière hebdomadaire en début d'après-midi, sous un ciel ensoleillé et sans nuage et une température avoisinant les 30 degrés.

Plusieurs rues autour de la Grande Poste sont noires de monde et la foule continue de converger vers ce bâtiment emblématique du centre d'Alger devenu le point de ralliement de plus de deux mois de manifestations dans la capitale, selon une journaliste de l'AFP sur place.

"Dégage Gaïd! Dégage Bédoui! Dégage Bensalah!", scandent les manifestants à l'adresse du général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis la démission le 2 avril, et à l'adresse du président Abdelaziz Bouteflika, du Premier ministre Noureddine Bedoui et du chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah.

Le général Gaïd Salah a été un temps vu comme un allié de la contestation après avoir lâché M. Bouteflika, ce qui avait rendu la démission du président inéluctable après vingt au pouvoir.

Vendredi, comme la semaine précédente, il est particulièrement visé par les manifestants: l'Algérie "est une République, pas une caserne", "l'armée est notre armée et Gaïd nous a trahis", lancent-ils.

- ramadan -

"Il fait très chaud, c'est difficile de marcher quand on ne peut pas boire d'eau", confie Samir Asla 58 ans, qui se protège du soleil à l'ombre d'un arbre en attendant le départ du cortège.

Baya, 41 ans, est venue avec ses deux filles adolescentes, car elle "avait peur que les gens ne sortent pas à cause de la chaleur et du ramadan".

La mobilisation sera observée de près, alors que plusieurs organisations et personnalités proches de la contestation accusent le général Gaïd Salah de vouloir imposer de force le processus de transition en cours et l'élection présidentielle convoquée le 4 juillet pour élire le successeur de M. Bouteflika.

Or les manifestants refusent de voir ce scrutin organisé par les structures et personnalités de l'appareil laissé derrière lui par M. Bouteflika, incarné notamment par MM. Bensalah, Bedoui et Gaïd Salah, fidèles jusqu'à la démission du chef de l'Etat, après 20 ans à la tête de l'Algérie.

Après celle de plusieurs riches hommes d'affaires accusés de malversations, l'incarcération dans la semaine de Saïd Bouteflika, longtemps considéré comme un tout-puissant "président bis" jusqu'à la démission de son frère Abdelaziz Bouteflika, a été bien accueillie par les manifestants.

Pour de nombreux Algériens, Saïd Bouteflika a joué un rôle dans les efforts pour maintenir coûte que coûte son frère au pouvoir, malgré l'AVC dont le président avait été victime en 2013.

Deux anciens patrons des tentaculaires services de renseignements, les généraux Mohamed "Toufik" Mediene et Athmane "Bachir" Tartag, ont aussi été incarcérés. Tous trois sont accusés d'atteinte à l'autorité de l'Etat et complot contre l'armée.

- lutte de clans ? -

Si ces incarcérations ont été accueillies avec satisfaction par les manifestants, ces derniers peinent à dissiper l'impression que ces arrestations sont surtout l'occasion d'une purge au sommet dans le cadre d'une lutte de clans de l'ancien régime.

Elles avaient été précédées par l'incarcération de richissimes hommes d'affaires pour la plupart liés au clan Bouteflika, et de nombreux observateurs y ont vu la main du général Gaïd Salah.

Le placement en détention provisoire, jeudi, de Louisa Hanoune, pasionaria trotskiste et cheffe du Parti des Travailleurs (PT, 11 députés), a aussi été vu par plusieurs organisations liées à la contestation comme une tentative de l'armée d'imposer par "la force" le processus constitutionnel de transition en cours.

L'armée, en dénonçant une "conspiration" contre elle, ne tenterait-elle pas "de faire taire toutes les voix discordantes" s'opposant au processus de transition souhaité par Gaïd Salah?, se demande ainsi la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH).

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Nouveau vendredi de manifestations contre le pouvoir

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26e vendredi de manifestations contre le régime

Des manifestants algériens scandent des slogans et brandissent des drapeaux nationaux dans les rues de la capitale, Alger, le 26e vendredi consécutif de manifestations du 16 aout 2019.

Les Algériens manifestent à nouveau massivement dans les rues du centre de la capitale, quadrillé par la police, pour un 26e vendredi consécutif d'un mouvement de protestation qui s'apprête à clore son 6e mois sans avancée vers une solution à la crise.

Malgré la forte chaleur estivale, la mobilisation, difficile à estimer précisément en l'absence de comptage officiel, semblait aussi importante que ces dernières semaines.

Amoindrie par les vacances scolaires par rapport aux premières semaines du "Hirak" (le mouvement de contestation né le 22 février), la mobilisation reste forte à Alger, où comme chaque vendredi, hommes, femmes et enfants de tous âges sont au rendez-vous.

"C'est ou nous ou ce pouvoir, on ne va pas s'arrêter", scandent les manifestants qui continuent de réclamer le départ du pouvoir de tous ceux ayant accompagné, durant ses 20 ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, sous les pressions conjuguées de la rue puis de l'armée.

Des dizaines de véhicules de police sont garés des deux côtés de la rue, sur une partie du parcours emprunté par la manifestation. Le dispositif semble toutefois avoir été légèrement allégé par rapport aux dernières semaines.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée devenu le véritable homme fort du pays depuis la démission de M. Bouteflika, reste une cible principale des protestataires.

- "Experts de la triche" -

"Unis, on fera partir le +Gang+ (au pouvoir) puis Gaïd", scandent ces derniers.

Alors que le mouvement de contestation, qui s'apprête à fêter son 6e mois le 22 août, ne semble pas s'essouffler, aucune solution à la crise politique dans laquelle est plongée l'Algérie ne se profile.

Le "Hirak" continue de refuser la présidentielle que le pouvoir souhaite coûte que coûte organiser le plus rapidement possible pour élire le successeur de M. Bouteflika. Une élection convoquée le 4 juillet a dû être annulée, aucun candidat sérieux ne s'étant présenté.

"On ne veut pas d'élections organisées par ce gouvernement. Ils trouveront le moyen de frauder. Ce sont des experts de la triche. Qu'ils partent avant les élections", résume Mohamed Benouafek, 45 ans, ingénieur dans une entreprise privée, interrogé dans une rue d'Alger par l'AFP.

Chauffeur de taxi de 65 ans, Ahmed manifeste vendredi "pour redire à Gaïd que nos revendications n'ont pas été satisfaites", contrairement à ce que le chef d'état-major a assuré le 8 août, en dénonçant "certains groupes" qui "s'acharnent à rejeter toutes les initiatives présentées et tous les résultats obtenus".

Le "dialogue" proposé par le pouvoir à la classe politique et à la société civile pour définir les modalités de cette élection, censé en garantir l'équité, est également rejeté par les manifestants, et "l'Instance de dialogue" mise sur pied pour parler avec les divers acteurs, peine à asseoir sa légitimité à leurs yeux.

- "A la poubelle" -

Nommé à la tête de cette instance, Karim Younès, ex-président de la Chambre basse et ancien ministre de M. Bouteflika, est une fois encore conspué vendredi par les manifestants aux cris de "Karim Younès à la poubelle!".

"On reste avec des pratiques anciennes, ce genre d'instance va nous mener à l'impasse", a averti jeudi, dans un entretien au site d'information TSA (Tout sur l'Algérie), l'économiste Smail Lalmas, qui a démissionné de cette instance après le refus du pouvoir de prendre des mesures "d'apaisement" réclamées en signe de bonne volonté.

De leur côté, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont été contraints de reporter une réunion prévue samedi, faute d'avoir obtenu - comme le veut la loi - une autorisation préalable des autorités.

"Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre", s'insurgent les organisateurs dans un communiqué, dénonçant "le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société".

Algérie: les étudiants manifestent pour la 25e semaine, malgré les vacances

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