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Le Mali et l'OIM évacuent plus de 150 migrants de Libye


Les migrants expulsés d'Algérie se plaignent des conditions dans le camp de transit à Agadez, au Niger, le 9 décembre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Le Mali et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont évacué 159 Maliens de Libye, où la plupart étaient demeurés bloqués dans leur tentative d'émigrer en Europe, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Le groupe, composé d'hommes et de femmes, a été rapatrié par un avion affrété par l'OIM et est arrivé jeudi soir à Bamako. Il a été accueilli à l'aéroport par des responsables du ministère de la Protection civile et de celui des Maliens de l'extérieur, de l'OIM ainsi que des sapeurs-pompiers.

De l'aéroport, les rapatriés ont été transportés dans les locaux de la Protection civile, où ils ont été recensés et ont reçu des vaccins et soins. Ils devaient être hébergés sur place puis reconduits vendredi auprès des leurs.

Parmi eux se trouvaient plusieurs mineurs, dont trois non accompagnés, ainsi que des malades. Une quarantaine d'entre eux étaient détenus dans les prisons libyennes, selon le directeur régional de la Protection civile de Bamako, le commandant Bakary Daou, précisant qu'il s'agit d'une opération de rapatriement volontaire.

"Vu la difficulté qu'ils trouvaient en Libye, ils ont accepté de revenir volontairement au pays", le gouvernement a tout mis en oeuvre pour "faciliter leur retour", pour "les prendre en charge à Bamako et les acheminer jusqu'à leur destination finale, dans leurs familles respectives", a déclaré le commandant Daou.

Dans leurs témoignages à l'AFP, beaucoup ont fait état de mauvais traitements, d'absence de soins, de violences à caractère raciste. La plupart avaient gagné la Libye dans l'espoir de traverser ensuite la Méditerranée pour se rendre en Europe.

Baba Sangaré a expliqué s'être rendu en Libye en 2014 et avoir été arrêté en pleine mer, alors qu'il faisait route vers l'Italie, puis renvoyé en Libye où il a été incarcéré un an. "On nous a très mal traités", a-t-il affirmé.

Ibrahim Bidane Sy raconte avoir été détenu un peu plus de trois mois, durant lesquels il a subi des maltraitances. "J'ai été en prison sans communication avec ma famille, sans communication avec mes amis", a-t-il expliqué. "Dans toutes les prisons de Libye, ils frappent les gens, ils maltraitent les gens, surtout l'Africain noir", a-t-il ajouté.

Selon les autorités maliennes, c'est la deuxième opération de rapatriement de Maliens de Libye en 2016, la précédente avait eu lieu en août. D'autres rapatriements sont prévus, à des dates non précisées.
Avec AFP

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