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Le WWF accusé de complicité d'abus contre des Pygmées au Cameroun


Le WWF assure "prendre très au sérieux toute allégation de violations des droits de l'homme". 

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est accusé de financer des activités violant les droits de l'Homme des Pygmées au Cameroun, dans une plainte déposée par l'ONG britannique Survival auprès de l'OCDE.

Dans un communiqué, Survival indique que sa plainte porte sur "de nombreux exemples de violents abus et de harcèlement" visant la communauté Baka (Pygmées) commis par des équipes de lutte contre le braconnage financées par le WWF, dont le siège est en Suisse.

Selon Survival, les Baka et d'autres tribus du Bassin du Congo ont rapporté "des abus systématiques commis par ces équipes, dont des arrestations, des passages à tabac, des tortures et même des morts depuis plus de 20 ans".

Michel Hurran, chercheur pour Survival, a pu recueillir les témoignages de dizaines de Baka, hommes, femmes et même enfants qui ont subi des violences de la part des équipes anti-braconnage.


L'ONG britannique ajoute que c'est la première fois qu'un membre de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), en l'occurence la Suisse, accepte d'examiner une plainte visant une organisation à but non lucratif.

De son côté, le WWF assure "prendre très au sérieux toute allégation de violations des droits de l'homme".

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le Fonds, qui lutte pour la protection de l'environnement et des animaux, dit "regretter" que Survival n'ait pas accepté "notre offre de travailler ensemble sur le terrain pour s'attaquer au contexte social et politique complexe auquel font face les Baka au Cameroun".

Le WWF rappelle que depuis plus de 20 ans, il se bat pour "obtenir l'amélioration de la reconnaissance et des droits en faveur de la communauté Baka". Il a "demandé au ministère camerounais des Forêts et de la Faune d'améliorer les mécanismes (...) de résolution des incidents concernant d'éventuels conflits ou abus".

Le Fonds ajoute qu'il a "encouragé et facilité" le recrutement de gardes forestiers Baka tout en organisant "une formation aux droits de l'Homme" pour les autres gardes.

"La longue histoire de la présence du WWF au Cameroun est basée sur la conviction que la protection (de la nature) ne peut être efficace que si elle a un impact positif sur les peuples indigènes et des communautés locales et leur soutien", a affirmé dans le communiqué Frederick Kwame Kumah, Directeur du bureau régional du WWF en Afrique.

Le directeur de Survival, Stephen Corry, estime pour sa part que si le WWF ne peut pas s'assurer que ses projets au Cameroun "respectent les standards de l'ONU et de l'OCDE, il devrait tout simplement ne plus les financer".

Avec AFP

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