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Appel au calme dans le Tanganyika après de nouveaux heurts meurtriers

Des membres d’une ancienne milice de la province du haut Katanga, 11 octobre 2016.VOA / Narval Mabila

Le gouverneur du Tanganyika a appelé au calme après de nouveaux affrontements interethniques meurtriers dans cette province du sud-est de la République démocratique du Congo.

"La situation n'est pas alarmante comme beaucoup voudraient le faire croire", a déclaré à l'AFP Richard Ngoyi Kitangala, souhaitant que ses administrés "vaquent librement à leurs occupations".

Joint par téléphone à Kalemie, capitale du Tanganyika, à partir de Lubumbashi, la grande ville du sud-est de la RDC, M. Ngoyi Kitangala a reconnu qu'il y avait régulièrement "des affrontements sporadiques entre Pygmées et Bantous dans la région", mais il a qualifié de "rumeurs" les informations sur une "tuerie" à Muswaki.

Mercredi, le colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), avait indiqué avoir reçu des informations "non confirmées" sur une attaque de Pygmées qui aurait fait trente morts dans cette localité située à quelque 70 km à l'ouest de Kalemie.

Joint par téléphone, José Bulabula, secrétaire provincial adjoint des jeunes du Parti du peuple pour le reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique du président congolais Joseph Kabila, dit s'être trouvé à Muswaki pour des affaires privées mardi. Ce jour-là, "les Pygmées ont attaqué le train de marchandises qui se rendait à Kalemie vers 05h00 du matin (03h00 GMT), il y a eu mort d'hommes", tout comme le lendemain, lorsque les Bantous d'ethnie Luba "se sont organisés et ont attaqué les Pygmées".

Selon un responsable de l'administration locale ayant requis l'anonymat, "on a retrouvé encore trois corps le long de la voie ferrée" jeudi matin.

Médecin à l'hôpital de référence de Kalemie, le Dr Gustave Kabezia a indiqué à l'AFP que son établissement avait admis "17 blessés par flèches" en provenance de Muswaki depuis mardi, "dont un est décédé ce matin" (jeudi).

Depuis décembre 2013, le Tanganyika est le théâtre d'affrontements récurrents entre Lubas et Pygmées de l'ethnie Twa.

D'abord localisé, le conflit a dégénéré sur fond de misère et de frustrations accumulées, et entraîné un cycle de violences ayant fait plus de 200 morts et plusieurs dizaines de déplacés.

En septembre, la justice congolaise avait condamné quatre Bantous à 15 ans de prison pour crimes contre l'humanité en liaison avec ce conflit.

Peuple des forêts, les Pygmées s'estiment traités comme des êtres inférieurs et voient leur mode de vie menacé par la déforestation, notamment du fait de l'extension des terres arables exploitées par les Lubas.

Avec AFP

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Les combats continuent en Libye après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar

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Crise soudanaise : des pays africains demandent une transition d'ici trois mois

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi participe à un sommet consultatif réunissant plusieurs États africains pour discuter de l'évolution de la situation au Soudan et en Libye, au Caire (Égypte), le 23 avril 2019.

Des chefs d'Etat africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, où le pouvoir militaire fait face à une contestation, réclamant un gouvernement civil, qui ne faiblit pas.

Les pays réunis au Caire appellent le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) à assouplir sa position et "à prolonger de trois mois le délai accordé au pouvoir soudanais" pour parvenir à une telle transition.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine avait menacé le 15 avril de suspendre Khartoum si l'armée ne quittait pas le pouvoir d'ici 15 jours au profit d'une "autorité politique civile".

Les pays présents ont aussi convenu de "l'urgence d'un rétablissement d'un système constitutionnel par le biais d'une transition politique démocratique menée par les Soudanais eux-mêmes", a affirmé le chef de l'Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'UA.

Selon la présidence égyptienne, M. Sissi avait convié ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud). L'Ethipoie, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Kenya et le Nigeria étaient représentés par de hauts responsables.

Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, était aussi au Caire, après une récente visite à Khartoum.

- "Stabilité régionale" -

Les dirigeants africains ont en outre exprimé "le soutien total de l'Union africaine et des pays voisins au Soudan face à ses défis économiques, politiques et sécuritaires" et ont promis de l'aider à maintenir la "stabilité régionale".

Le Conseil militaire de transition au Soudan, qui dirige le pays depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, a jusque-là résisté aux appels du mouvement de contestation à un transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile.

Ce Conseil a toutefois déclaré lundi étudier "une proposition" des chefs de la contestation.

Les militaires soudanais restent sous forte pression de manifestants installés depuis plus de deux semaines aux abords du QG de l'armée à Khartoum. L'armée exige le démantèlement des barrages installés sur les voies d'accès, sans faire fléchir les protestataires qui ont reçu mardi le renfort d'un train rempli de centaines de personnes venues du centre du pays.

De nombreuses personnes sont arrivées sur les toits des wagons, agitant des drapeaux soudanais et scandant "Liberté, paix, justice", a constaté un photographe de l'AFP.

Des groupes de journalistes, de médecins, d'ingénieurs ou encore de vétérinaires ont également marché dans les rues de Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Dans l'est du pays, des centaines de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment militaire dans la ville de Kassala, pour réclamer que les responsables de la mort de manifestants soient traduits en justice.

La réunion du Caire sur le Soudan se double d'une autre plus tard dans la journée, consacrée à la crise en Libye, également voisine de l'Egypte.

Ces deux réunions sont les premières de dirigeants africains de ce niveau sur les troubles dans ces deux pays du continent.

- Relancer le processus politique -

La réunion sur la Libye abordera "les moyens de relancer le processus politique ainsi que l'élimination du terrorisme", selon la présidence égyptienne.

Cette rencontre doit comprendre, autour du chef de l'Etat égyptien, les présidents du Rwanda et d'Afrique du Sud ainsi que celui du Congo, M. Sassou-Nguesso, également président de la commission sur la Libye à l'UA, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.

Des combats opposent les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, aux troupes du maréchal Khalifa Haftar aux portes de la capitale libyenne.

Les forces de l'homme fort de l'Est, soutenu notamment par l'Egypte, ont lancé le 4 avril leur offensive sur Tripoli. Plus de 260 personnes ont péri dans les violences, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les combats piétinent depuis quelques jours.

La Libye, pays riche en pétrole, est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi renversé par une révolte populaire.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a multiplié les mises en garde contre un "embrasement généralisé", réclamant une réaction urgente de la communauté internationale, pour le moment divisée.

Des milliers d'enseignants "contractuels" manifestent à Rabat

Des enseignants manifestent pour de meilleures conditions de travail à Rabat, au Maroc, le 24 mars 2019.

Plusieurs milliers d'enseignants marocains dits "contractuels" ont défilé mardi dans les rues de la capitale Rabat pour réclamer le statut de fonctionnaire au sein du ministère de l'Education.

"Non au démantèlement de l'école publique", "l'intégration ou le blocage", "non à la contractualisation", ont notamment scandé ces enseignants du secteur public, venus de plusieurs villes du pays.

Portant pour la plupart des blouses blanches, ils ont défilé de la place Bab el-Had, près de la médina, vers le Parlement, dans le centre de la capitale.

Cette manifestation marque la reprise du mouvement de protestation des enseignants dits "contractuels" après une courte accalmie, alors qu'une réunion avec le ministère de l'Education initialement prévue mardi et censée aboutir à des solutions, a été annulée.

La rencontre devait être la deuxième entre les "contractuels" et le ministère depuis le lancement de leur mouvement de grève en mars, accompagné d'importantes manifestations dans plusieurs villes.

Le mouvement concerne 55.000 enseignants recrutés dès 2016 sur la base de contrats à durée déterminée (CDD) puis intégrés au sein des Académies régionales. Ils réclament le statut de fonctionnaire au ministère, gage de sécurité de l'emploi, selon eux.

La réunion prévue mardi a été annulée par le ministère, qui a accusé dans un communiqué les enseignants grévistes de ne pas "honorer leurs engagements".

Mi-avril, après une première rencontre entre les deux parties, des représentants des enseignants grévistes avaient annoncé la suspension de la grève.

Mais "certains" des enseignants n'"ont pas respecté les engagements pris par leurs représentants", a accusé le ministère, en précisant qu'il ne poursuivrait pas le dialogue tant que les enseignants grévistes n'auront pas repris le travail.

Les enseignants, eux, ont décidé de réinvestir la rue et de poursuivre la grève. Ils reprochent au ministre de l'Education, Saïd Amzazi, de ne pas vouloir céder sur leur principale revendication, à savoir l'obtention du statut de fonctionnaire au sein du ministère.

Quelque 300.000 élèves ont pâti des absences des enseignants, selon un récent bilan officiel.

L'enseignement public marocain fait l'objet de critiques récurrentes: bas niveau des élèves, fort abandon scolaire, classes surchargées, ou encore privatisation continue du secteur.

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