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Le vestiaire de la Roja va-t-il surmonter la crise politique ?


L'Espagnole Gérard Piqué, à droite, taclant Neymar lors de la finale de la coupe des confederations au Maracana stadium à Rio de Janeiro, au Brésil le 30 juin 2013 (AP Photo/Andre Penner)

Le référendum en Catalogne fait trembler le fragile équilibre sur lequel repose la sélection espagnole de football, dont les joueurs ont appelé à l'union sacrée mardi, à l'entame d'une semaine décisive pour la qualification au Mondial-2018.

Source de ses plus beaux succès, l'unité de la Roja -- notamment entre les stars des grands clubs de Madrid et les piliers du FC Barcelone -- se trouve remise en cause. Notamment par les prises de position du défenseur catalan Gérard Piqué après les violences en marge dimanche du référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

Assaillis de questions sur le sujet, les joueurs de la Roja présents en conférence de presse mardi ont tenté d'éviter le sujet pour recentrer toute l'attention sur les deux derniers matches cruciaux de qualifications pour le Mondial-2018.

"Nous sommes désolés, mais on est venu pour jouer, pas pour parler d'untel", a ainsi tranché Thiago Alcantara, ex-coéquipier de Piqué au Barça désormais au Bayern Munich. "Gerard (Piqué, ndlr), il est comme d'habitude. Il a le même engagement, le même plaisir, même dans le vestiaire".

"C'est un plaisir d'être appelé en sélection, chacun le doit à ses qualités propres et c'est dommage de ne pas pouvoir parler de l'Albanie ou d'Israël, qui sont à l'heure actuelle fondamentaux pour nous", a ajouté Alcantara.

- 'Piqué, bâtard, l'Espagne est ton pays' -

"Il est fatigué de parler toujours de la même chose, a ajouté Koke (Atletico Madrid), le 2e joueur envoyé sur le front médiatique. Nous sommes des professionnels et nous, on joue au foot. L'ambiance dans le vestiaire reste la même. Nous nous recentrons tous sur ce match important contre l'Albanie (le 6 octobre à Alicante, ndlr), que nous aimerions gagner pour assurer quasiment notre qualification".

Si le vestiaire veut apparaître comme un sanctuaire imperméable aux polémiques, les larmes de la star catalane, qui a joué dimanche dans un Camp Nou désert contre Las Palmas après avoir voté dans la matinée puis assisté de loin aux violences policières, ne cessent de susciter des réactions dans tout le pays.

Lundi, lors du premier jour du rassemblement de la sélection espagnole, près de Madrid, le défenseur central a d'ailleurs été sifflé, hué et insulté par le public. Des cris de "Piqué, bâtard, l'Espagne est ton pays" et des pancartes hostiles ont même accueilli le joueur lors du court entraînement inaugural.

Piqué avait laissé entendre qu'il pourrait mettre fin à sa carrière internationale avant le Mondial-2018 si le sélectionneur Julen Lopetegui ou la fédération estimaient ses prises de position incompatibles avec son rôle sportif.

Mais le fait qu'il n'ait pas appuyé la grève générale du jour en Catalogne, à laquelle s'est joint le FC Barcelone, en s'entraînant normalement avec les autres Barcelonais de la Roja, donne toutefois un premier indice de son attachement à l'équipe nationale espagnole.

- 'Bunkeriser' le vestiaire -

"Je ne pense pas que Piqué va abandonner (la sélection), je ne le vois (faire ça)", a estimé auprès de l'AFP Santi Nolla, le directeur du quotidien sportif catalan Mundo Deportivo, insistant sur le "compromis" auquel s'est toujours tenu le joueur avec la Roja depuis les catégories de jeunes.

Le sélectionneur Julen Lopetegui a en tout cas tout fait pour faire baisser la tension autour de son joueur juste avant la tenue du référendum en déclarant vendredi sur la radio Cadenar Ser que si Piqué a été sélectionné "c'est parce qu'il est une solution" et non un problème.

"Nous allons discuter entre nous. Sur la concentration qu'il nous faut pour s'améliorer, et pas sur des choses externes. Les opinions appartiennent à chacun", a estimé Thiago Alcantara, alors que plusieurs médias locaux font état d'une réunion entre les joueurs et le staff pour clarifier la situation.

Le quotidien Marca a ajouté que Piqué et Sergio Ramos, défenseur emblématique du Real Madrid et capitaine de la Roja, "ont également parlé, et même étant opposés sur les idées politiques, ils savent que le football est ce qu'ils ont en commun, et en tant que tel, ils continueront jusqu'à la Coupe du monde".

Si "séparer le sport de la politique est très difficile", il faut que le vestiaire espagnole "se bunkerise pour surmonter la situation", souligne Santi Nolla. Suffisant pour rester imperméable à la crise politique la plus importante du pays depuis près 40 ans ?


Avec AFP

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