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Le Tribunal suprême brésilien rejette l’annulation de la procédure de destitution de Dilma Rousseff

La présidente brésilienne Dilma Rousseff lors d'une réunion au palais présidentiel du Planalto, à Brasilia, le 13 avril 2016.

La présidente brésilienne a échoué à faire bloquer par la justice sa procédure de destitution qui fera l'objet d'un vote crucial des députés dimanche.

Au terme de huit heures de délibérations, la majorité des juges du Tribunal suprême brésilien (STF) ont rejeté en pleine nuit un recours présenté jeudi par le défenseur de la dirigeante de gauche qui réclamait l'annulation de la procédure.

Les députés vont donc bien pouvoir entamer vendredi matin une assemblée plénière marathon de trois jours pour statuer sur le sort de la dirigeante de gauche, accusée par l'opposition de maquillage des comptes publics.

L'opposition devra rallier les deux tiers de vote de la chambre basse (342 sur 513) pour que la destitution de la présidente soit soumise à l'approbation du Sénat.

Dans le cas contraire, la procédure serait automatiquement enterrée et Mme Rousseff sauverait son mandat.

En cas de vote défavorable des députés, la situation deviendrait extrêmement critique pour Mme Rousseff.

Il suffirait en effet, courant mai, d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour prononcer sa mise en accusation.

- Espoir ténu -

Elle serait alors écartée du pouvoir pendant un délai maximum de 180 jours dans l'attente d'un jugement final.

Le vice-président Michel Temer, qui brigue son fauteuil, assumerait dans l'intervalle ses fonctions et aurait toute latitude pour former un gouvernement de transition.

Mme Rousseff, qui promet de "lutter jusqu'à la dernière minute, est confrontée depuis mardi à une cascade de défections au sein de sa coalition.

Sa situation apparaît chaque jour plus critique au fur et à mesure que des partis du centre de sa coalition en lambeaux appellent leur députés à voter en faveur de sa destitution.

Mme Rousseff s'accroche à l'espoir ténu d'obtenir dimanche le vote d'un tiers des députés (172 votes) en sa faveur. Cela lui suffirait pour faire avorter la procédure de destitution et ainsi sauver son mandat.

Outre le soutien en bloc des 57 députés de son Parti des travailleurs (PT) et des petits partis d'extrême gauche, elle mise sur la fidélité de certains députés de centre-droit en désaccord avec l'orientation pro-impeachment de leurs formations.

Mais l'opposition affirme déjà pouvoir compter sur plus des 342 requis pour le renvoi de la procédure au Sénat.

- 'Mur de Berlin' -

Une barrière de deux mètres de haut et un kilomètres de long a été érigée par les autorités devant le Congrès des députés pour séparer les manifestants "pro-impeachment" et "anti-putsch" et éviter des affrontements au cours de ce week-end historique.

"Ici c'est le mur de Berlin, côté occidental", pouvait-on lire sur une pancarte collée du côté de la barrière assignée aux opposants à la présidente.

Jeudi à la nuit tombée, 200 manifestants réclamaient déjà bruyamment la "destitution immédiate" de Mme Rousseff sur l'Esplanade des ministères. Un camion sonorisé chauffait l'ambiance.

A quelques kilomètres de là, un demi-millier de défenseurs de la présidente campaient sous des tentes dans une enceinte sportive voisine du stade Mané Garrincha.

"Nous sommes déjà 500, mais d'ici la fin de la semaine, nous serons plus de 100.000 pour faire barrage à ce coup d'État", a déclaré à l'AFP le syndicaliste Paulo Joao Estausia, venu de Sao Paulo.

La présidente de gauche est accusée par l'opposition d'avoir sciemment maquillé les comptes publics par des tours de passe-passe budgétaire pour minimiser l'ampleur des déficits et de la récession économique l'année de sa réélection en 2014 et début 2014.

Mme Rousseff conteste que ces "pédalages" budgétaires pratiqués par ses prédécesseurs constituent un "crime de responsabilité" pouvant motiver sa destitution.

Elle se dit victime d'une tentative de "coup d'État" institutionnel émanant d'une opposition conservatrice n'ayant pas accepté sa défaite électorale de 2014.

Son défenseur, l'avocat général du gouvernement José Eduardo Cardozo avait demandé jeudi au tribunal suprême de "jouer son rôle de gardien de la Constitution, et par conséquent, d'exercer un contrôle sur les abus commis par le pouvoir législatif".

Il avait en particulier mis en cause l'impartialité du président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, farouche adversaire de Mme Rousseff et membre du parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, qui assumerait le pouvoir en cas de destitution de la présidente.

Mais la majorité des juges du STF ont estimé que ces arguments ne pourraient être défendus que devant le Sénat, en cas d'ouverture formelle d'un procès de la présidente.

Ce serait alors sûrement trop tard pour Mme Rousseff.

Avec AFP

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Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

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Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

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