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Le gouvernement brésilien saisit la justice contre la procédure de destitution de Rousseff

La présidente du Brésil Dilma Rousseff s'exprime lors d'une réunion au palais présidentiel du Planalto , à Brasilia , au Brésil ,13 avril 2016.

Le gouvernement brésilien a demandé jeudi au Tribunal suprême fédéral (STF) d'"annuler la procédure de destitution" visant la présidente Dilma Rousseff, a annoncé sa défense.

L'avocat général du gouvernement, José Eduardo Cardozo, a présenté un recours devant le Tribunal suprême fédéral (STF), dénonçant un "procès kafkaïen" qui "viole les principes du procès équitable et du droit à la défense".

Ce recours va être à présent analysé par Edson Fachin, un haut magistrat du tribunal suprême considéré comme plutôt proche du gouvernement, qui devra se prononcer sur sa recevabilité.

S'il était jugé recevable, cela pourrait entraîner la suspension de l'examen de la procédure au Congrès des députés, jusqu'à ce que la plus haute juridiction brésilienne rende une décision collégiale.

Les députés doivent normalement entamer vendredi leur débat en assemblée plénière sur le sort de la présidente.

Dimanche, ils seront appelés à approuver ou non un rapport parlementaire préconisant la mise en accusation de la présidente devant le Sénat, qui aurait dans ce cas le dernier mot.

L'opposition accuse la présidente d'avoir maquillé les comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015, pour minimiser l'impact de la crise économique et des déficits publics.

Abus du législatif

Mme Rousseff se défend d'avoir commis un quelconque "crime de responsabilité", faisant valoir que ses prédécesseurs ont eu recours aux mêmes tours de passe-passe budgétaires sans être inquiétés.

Elle dénonce une tentative de "coup d'Etat" institutionnel émanant d'une opposition revancharde n'ayant pas accepté sa défaite électorale en 2014.

L'avocat général Cardozo a estimé en conférence de presse qu'il revenait "au tribunal suprême de jouer son rôle de gardien de la Constitution, et par conséquent, d'exercer un contrôle sur les abus commis par le pouvoir législatif".

Il a en particulier mis en cause l'impartialité du président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, farouche adversaire de Mme Rousseff et membre du parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, qui assumerait le pouvoir en cas de destitution de la présidente.

Inculpé de corruption dans le cadre du scandale Petrobras, M. Cunha avait déclenché en décembre la procédure de destitution contre Mme Rousseff, le jour-même où il avait été lui-même renvoyé devant la commission d'éthique des députés en vue d'une éventuelle cassation de son mandat, avec le soutien du parti présidentiel.

Le défenseur de Mme Rousseff a reproché à M. Cunha d'avoir inclus en cours de route des éléments d'accusation qui ne figuraient pas dans la demande initiale de destitution.

Il a notamment cité l'inclusion d'accusations portées contre la présidente par un ancien sénateur inculpé dans le cadre de l'enquête Petrobras.

"A la fin, cela devient un véritable procès kafkaïen dans lequel l'accusé n'arrive pas à savoir avec exactitude, de quoi il est accusé, ni pourquoi", a dénoncé M. Cardozo.

Avant l'annonce de son recours en justice, Mme Rousseff avait réuni dans la matinée ses plus proches ministres et des députés fidèles pour définir une stratégie avant le vote de dimanche.

Situation difficile

La présidente est confrontée depuis mardi à une avalanche de défections au sein de sa coalition.

"La situation est difficile", a reconnu le ministre porte-parole du gouvernement Edinho Silva, interrogé par l'AFP.

La dirigeante de gauche s'accroche à l'espoir chaque jour plus ténu d'obtenir dimanche le vote d'un tiers des députés (172 votes) en sa faveur. Cela lui suffirait pour faire avorter la procédure de destitution et ainsi sauver son mandat.

Mais l'opposition pense déjà pouvoir compter sur plus des 342 votes requis (2/3 des 513 députés) pour que la procédure de destitution soit soumise à l'approbation du Sénat.

La situation deviendrait alors extrêmement critique pour Mme Rousseff.

Il suffirait en effet, courant mai, d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour qu'elle soit écartée du pouvoir pendant un délai de maximum de 180 jours dans l'attente d'un jugement final.

Le vice-président Michel Temer assumerait alors immédiatement ses fonctions et formerait un gouvernement de transition.

"Je lutterai jusqu'à la dernière minute de la seconde mi-temps", a averti mercredi Mme Rousseff dans une interview réservée aux grands médias brésiliens. Elle a dit avoir "toutes les chances de gagner au Congrès des députés".

Sa première initiative serait alors de proposer un "grand pacte sans vainqueurs ni perdants" à l'ensemble de la classe politique et aux acteurs économiques et sociaux pour sortir le Brésil de l'impasse.

Avec AFP

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Le chef de l'ONU appelle à mettre fin aux "stupides" inégalités entre les genres

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, discutant avec la Ministre d'État pakistanaise pour le Changement climatique, Zartaj Gul, à Islamabad le 16 février 2020. (Photo Aamir QURESHI/AFP)

Antonio Guterres a appelé jeudi à mettre fin aux inégalités entre les femmes et les hommes, estimant que cela "devrait nous faire honte au 21ème siècle car ce n'est pas seulement inacceptable, mais stupide".

Comparant les inégalités entre les genres aux "taches" du passé de l'esclavage et du colonialisme, il a déclaré que cette discrimination envers les femmes demeurait un problème majeur dans le monde.

"Qu'il s'agisse de ridiculiser les femmes en les qualifiant d'hystériques ou d'hormonales, ou de les juger sur la base de leur apparence, des mythes et des tabous qui entourent leurs fonctions corporelles, ou encore le mansplaining (le fait qu'un homme explique à une femme ce qu'elle sait déja, ndlr) ou de blâmer les victimes, la misogynie est partout", a déclaré Antonio Guterres lors d'une visite à l'université de New School à New York.

"Il est temps d'arrêter d'essayer des changer les femmes, et commencer à changer ce système qui les empêche de réaliser leur potentiel" a-t-il ajouté. "Le 21ème siècle doit être le siècle de l'égalité entre les femmes et les hommes", a poursuivi M. Guterres.

Mettre fin aux écarts de salaires et abroger les lois discriminantes envers les femmes et les filles, voici deux sujets identifiés par l'ONU comme des objectifs de développement durable, a noté le secrétaire général de l'ONU, ajoutant qu'il fallait "d'urgence transformer et redistribuer le pouvoir, si nous voulons préserver notre futur et notre planète".

"C'est pour cela que tous les hommes devraient défendre le droit des femmes et l'égalité des genres. Et c'est pour ça que je suis un féministe fier", a-t-il encore déclaré.

Depuis le 1er janvier, l'ONU a atteint la parité femmes-hommes dans les postes à responsabilités et promis d'étendre cette parité à tous les niveaux d'ici 2028.

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Carnet de Santé: ce qui est fait pour minimiser l’impact du coronavirus

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Le coronavirus se propage à travers le monde, les Etats-Unis se tiennent prêts

Le président Donald Trump a désigné son vice-président, Mike Pence, pour coordonner la lutte contre le coronavirus aux Etats-Unis. Photo REUTERS/Carlos Barria 26 février 2020.

Le président Donald Trump a insisté sur le fait qu'une large propagation du nouveau coronavirus aux Etats-Unis n'était pas inévitable, alors que le virus se propage à travers le monde et que l'Arabie saoudite a suspendu l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à la Mecque.

"Il y a une chance que ça s'empire, une chance que ça s'empire de façon significative", a averti le locataire de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse mercredi soir.

"Mais rien n'est inévitable", a ajouté M. Trump qui a désigné son vice-président, Mike Pence, pour coordonner la lutte contre le coronavirus aux Etats-Unis.

Même s'ils sont relativement épargnés jusqu'ici avec 15 cas détectés, les Etats-Unis sont prêts à répondre à l'épidémie à "une échelle beaucoup plus grande", a averti M. Trump, ajoutant qu'il déciderait "en temps voulu" de nouvelles restrictions depuis et vers les zones infectées.

De son côté, l'Arabie saoudite a suspendu "temporairement" l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à La Mecque, dans le but de prévenir l'arrivée de l'épidémie de Covid-19.

Le nouveau coronavirus a débarqué plus au sud, en Amérique latine, qui n'avait pas encore été touchée par l'épidémie, en y entrant par le Brésil.

Le Pakistan, pays frontalier à la fois de la Chine et de l'Iran, où les décès sont les plus nombreux, a également annoncé mercredi ses deux premiers cas. "Pas besoin de paniquer, les choses sont sous contrôle", a voulu rassurer le conseiller en santé du Premier ministre, Zafar Mirza.

En Europe, Autriche, Suisse, Norvège, Roumaine, Croatie, Macédoine du Nord et Grèce sont désormais touchées, et la France a annoncé mercredi son premier mort français qui n'avait pas voyagé dans une zone à risque.

Le Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, une quarantaine de nations. Mais l'épidémie semble avoir atteint un pic en Chine où le nombre de décès quotidiens continue de diminuer: les autorités ont annoncé jeudi 29 nouveaux décès en 24 heures, le nombre le plus bas depuis près d'un mois.

Le nouveau coronavirus a provoqué quelque 80.000 contaminations (dont près de 2.800 hors de Chine) et plus de 2.700 morts dans le monde, selon des statistiques communiquées mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

- L'Italie en première ligne -

L'Italie, avec plus de 370 cas et 12 morts, apparaît de plus en plus comme une plateforme de diffusion du virus. Ce qui a conduit de nombreux pays du continent à renforcer leurs dispositifs de prévention et de confinement, et à conseiller à leurs citoyens de ne pas se rendre dans les régions italiennes touchées.

Alors que Rome a pris des mesures draconiennes, dont la mise en quarantaine de 11 villes du Nord, poumon économique du pays, les entreprises ont dû s'adapter rapidement, en développant notamment le télétravail.

"Nous avons fermé notre salle de sports et la cantine, les gens ne peuvent pas manger face à face. Les déplacements des employés sont aussi interdits, sauf autorisation expresse de la direction, ce qui a conduit à développer la vidéo-conférence", a expliqué à l'AFP le PDG d'une entreprise lombarde de robinetterie, Aldo Bonomi.

L'inquiétude est palpable aussi en dehors des entreprises. "Le problème, c'est l'économie. On voit les chiffres, cette crise est en train de mettre le pays à genoux", s'inquiète Daniele Vaccari, un jeune pâtissier de Secugnago, un petit village du Nord.

Mais d'autres profitent de la crise: masques et gels désinfectants se vendent désormais à prix d'or dans la péninsule, ce qui a conduit la police à saisir documents et données informatiques chez Amazon et eBay.

Autre effet collatéral de l'épidémie, le match de rugby du Tournoi des six nations entre l'Irlande et l'Italie, prévu le 7 mars à Dublin, a été reporté sine die en raison des risques de contagion.

- L'Afrique aussi -

L'Afrique elle non plus n'est pas épargnée: un Italien arrivé le 17 février en Algérie est devenu la deuxième personne infectée du continent, après un premier cas en Egypte.

En Corée du Sud, le nombre de contaminations a encore bondi et frôle les 1.600 cas. Le pays, qui dénombre 12 morts, est le premier foyer mondial de contamination après la Chine. Le bilan s'y élève à 1.595 personnes touchées après l'annonce de 334 nouveaux cas jeudi, dont un soldat américain. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont d'ailleurs reporté des exercices militaires conjoints.

En Iran, le bilan est monté à 19 morts et 139 cas, le plus lourd en dehors de la Chine. Signe de tension, 24 personnes accusées d'avoir répandu en ligne des "rumeurs alarmistes" sur la propagation du coronavirus ont été arrêtées.

L'ONG Reporters sans frontières a reproché à l'Iran "de refuser de publier le nombre exact des personnes infectées et décédées, et d'empêcher les journalistes de faire leur travail". Mercredi soir, les autorités iraniennes ont annoncé des restrictions à la libre circulation pour les personnes infectées ou soupçonnées d'être infectées.

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