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La Liga refuse d'encaisser l'argent du transfert de Neymar


Le Brésilien Neymar, à gauche, dégage une balle de la tête lors d’un match contre le Danemark au stade de Fonte Nova à Salvador, Brésil. 10 août 2016.

Rien ne dit que le transfert de l’attaquant brésilien convoité par Paris Saint-Germain sera bloqué. Mais pour l’heure, il est au moins compliqué par le rejet du paiement du chèque libératoire de 263 millions de dollars de Neymar.

La Ligue espagnole de football a en effet rejeté jeudi le chèque qui devait libérer Neymar du Barça, retardant le transfert le plus cher de l'histoire du football vers le Paris Saint-Germain.

Les experts en droit du sport interrogés par l'AFP estiment cependant que la Liga ne pourra pas faire capoter l'opération.

"Les représentants légaux du joueur se sont présentés à la Liga pour déposer (la somme exigée par) la clause, qui a été rejetée", a expliqué un porte-parole de la Ligue à l'AFP.

En Espagne, c'est le joueur qui paie la clause libératoire à la Liga, elle-même chargée de transférer l'argent au club vendeur. Mais c'est en fait le club acheteur - le PSG en l'occurrence - qui avance la somme au joueur.

Le président de la Liga, Javier Tebas, qui avait annoncé qu'il refuserait le chèque, mène une grande offensive médiatique contre le PSG, détenu par un fonds souverain du richissime Qatar, qu'il présente comme un "club-Etat" pratiquant le "dopage financier".

En réaction, la ligue française (LFP) a officiellement demandé dans un communiqué à son homologue espagnol de ne pas bloquer le transfert, en déclarant "soutenir" le PSG.

"Nous n'avons pas l'objectif d'empêcher le transfert", a assuré Javier Tebas dans une interview jeudi au journal sportif français L'Equipe, mais "que Paris soit sanctionné par l'UEFA sur le terrain sportif et qu'il arrête d'avoir des revenus fictifs". Javier Tebas parle aussi déjà de porter l'affaire devant la direction générale de la concurrence de la Commission européenne, l'UEFA, les tribunaux...

"La Liga est une entité qui défend les intérêts des clubs et dans le cas présent, elle défend le Barça", commente l'avocat Marcos Galera, membre fondateur du cabinet d'avocats spécialistes du sport, Agaz. "Mais si on s'en tient à la lettre de la législation espagnole (...), quand on est convenu d'une clause d'indemnisation, on doit la respecter", dit l'avocat.

Pour Javier Ferrero, du cabinet d'avocats Senn Ferrero spécialisé dans le droit du sport, le joueur Neymar "est parfaitement dans son droit de résilier son contrat par le paiement de la clause" et "la Liga ne devrait pas s'y opposer".

Que "tout cela puisse déboucher sur une éventuelle sanction du PSG, on verra mais c'est autre chose", dit-il évoquant de possibles sanctions de l'UEFA pour non-respect du fair play financier.

- La solution Fifa -

Le PSG et Neymar peuvent en tout cas déposer les 222 millions chez un notaire et demander un certificat international de transfert à la Fifa.

"Le PSG et Neymar ont la possibilité de se tourner vers la Fifa pour qu'elle autorise un transfert provisoire, même si après il peut y avoir réclamations, litiges, conflits", résume Me Ferrero. "Ce qui prime dans les normes de la Fifa, c'est que les joueurs doivent avoir la possibilité de jouer et de travailler."

Les clubs peuvent être sanctionnés par l'UEFA, dans le cadre du fair-play financier (FPF), s'ils accumulent des pertes qui dépassent les 30 millions d'euros en trois ans.

Le PSG avait déjà été sanctionné par l'UEFA en 2014 pour violation des règles du FPF.

Mais l'UEFA souligne que l'accord entre Neymar et le PSG ne viole pas forcément ces règles: "Le transfert de Neymar au PSG aura un impact sur les finances du club sur plusieurs années mais il ne peut pas être évalué à l'avance, notamment parce que le PSG pourrait vendre plusieurs joueurs pour un montant important", a indiqué l'UEFA dans un courriel à l'AFP.

Le Barça et le Real Madrid ont dominé la Ligue des champions ces quatre dernières années, mais Javier Tebas affirme ne pas défendre les seuls clubs espagnols.

"Ce qui préoccupe la Ligue c'est que des clubs-Etats qui bénéficient de dopage financier puissent déstabiliser le football professionnel en Europe, le marché international et les compétitions. Ce n'est pas seulement le problème de l'Espagne ou de La Liga mais de tout le football professionnel européen", avait-il expliqué mercredi au quotidien espagnol AS.

Avec AFP

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