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Le stade olympique de Montréal transformé en refuge pour les réfugiés haïtiens


Un groupe de migrants venus de Djibouti et de la Somalie a traversé la frontière des Etats-Unis à Emerson, Manitoba, Canada, 27 mars 2017.

Des dizaines de lits de camp ont été installés au stade olympique de Montréal afin d'y loger en toute urgence des réfugiés haïtiens fuyant les Etats-Unis de crainte d'être expulsés.

Si de nombreux réfugiés sont arrivés au Canada depuis l'arrivée à la Maison blanche du président Donald Trump, leur nombre a subitement gonflé depuis un peu plus d'une semaine et principalement des Haïtiens.

"C'est une crise sérieuse", car "le système n'est pas dimensionné pour faire face à une telle demande d'immigration", a confié Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l'immigration.

"500 demandeurs d'asile ont traversé la frontière" sur la seule journée de mardi près du poste des douanes de Lacolle (sud du Québec) et, selon lui, 90% sont des Haïtiens.

La peur que leur Statut de protection temporaire (TPS) aux Etats-Unis soit révoqué, pousse les Haïtiens à franchir la frontière pour trouver refuge au Canada.

Ce TPS a été accordé à près de 60.000 Haïtiens après le séisme de 2010 et a été prolongé ce printemps de six mois par l'administration Trump et devrait donc se terminer en fin d'année.

Le Québec et plus particulièrement Montréal abrite une des plus importantes communautés haïtiennes au monde. Avec la nouvelle politique migratoire américaine, le choix était vite fait pour ces Haïtiens en panique, a expliqué Guillaume André, directeur du centre communautaire multiethnique de Montréal-Nord.

Un premier bus est arrivé aux portes du stade olympique mercredi en milieu de journée. Environ 40 personnes, dont plusieurs enfants, en sont descendues avant de gagner sous bonne escorte l'intérieur du stade.

- 'Ville sanctuaire' -

"La ville de Montréal souhaite la bienvenue aux réfugiés haïtiens. Vous pouvez compter sur notre entière collaboration", a affiché sur son fil Twitter le maire Denis Coderre.

"Encore une conséquence de la politique d'immigration de Donald Trump", a-t-il estimé en qualifiant Montréal de "ville sanctuaire" pour les clandestins.

Hébergés jusqu'ici dans des résidences universitaires, des centres d'accueil ou des hôtels, les demandeurs d'asile sont maintenant si nombreux que l'ouverture du stade olympique, avec toutes les facilités sanitaires, a été trouvée.

"C'est une solution temporaire (...) car il faut trouver des logements et des écoles pour les enfants" à l'approche de la rentrée, a indiqué à l'AFP Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d'Haïti à Montréal.

"Pendant la période où ils sont installés (au stade) de façon temporaire, ils sont nourris, logés, blanchis", a expliqué sur la chaîne RDI Francine Dupuis, une des responsables des services sociaux.

Les réfugiés sont "pris en charge sur le plan de la santé physique et de la santé mentale" et des moyens seront mis en place pour faciliter leur intégration comme dans quelques semaines celle des "enfants dans le milieu scolaire".

En dépit des signaux, les autorités n'ont pas pris la mesure de l'afflux des réfugiés et après une première vague au cours de l'hiver, leur nombre s'est envolé. Pour Denis Coderre, 2.500 réfugiés ont franchi en juillet la frontière terrestre au sud du Canada.

Le syndicat des douaniers avait "demandé l'embauche d'agents en novembre dès l'élection de Donald Trump" en prévision d'un afflux de réfugiés, a rappelé à l'AFP son président Jean-Pierre Fortin.

A Montréal, les nouveaux migrants peuvent compter sur la solidarité de la communauté haïtienne, véritable "famille élargie", selon Guillaume André.

"Quand quelqu'un rentre, quand c'est un Haïtien, on n'a pas besoin de savoir si c'est un membre de la famille ou non, on va l'accueillir pour l'aider".

Dans l'état de pauvreté des populations en Haïti, "le pays n'est pas prêt à accueillir des milliers de personnes", a-t-il souligné.

Avec AFP

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