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Le Sri Lanka traque les islamistes responsables des attentats de Pâques

Les personnes vivant près de l'église attaquée hier quittent leurs maisons pendant que l'armée tente de désamorcer une fourgonnette présumée avant qu'elle n'explose à Colombo, au Sri Lanka, le 22 avril

Le Sri Lanka traquait lundi les responsables de la vague d'attentats suicides qui ont fait 290 morts et 500 blessés la veille, un bain de sang imputé à un mouvement islamiste local dont l'enquête cherche à déterminer d'éventuelles connexions internationales.

Alors que les attaques n'ont toujours pas été revendiquées, le pays de 21 millions d'habitants a déclaré l'état d'urgence à partir de lundi minuit (18H30 GMT) et un nouveau couvre-feu nocturne dans un contexte de vive tension.

En quelques heures dimanche, des attentats à la bombe coordonnés ont semé la mort dans des hôtels et des églises célébrant la messe de Pâques en plusieurs endroits du Sri Lanka, qui n'avait pas connu un tel épisode de violences depuis la fin de la guerre civile il y a dix ans.

Au moins 31 étrangers, dont une personne de nationalité française, figurent parmi les morts, a annoncé lundi le ministère srilankais des Affaires étrangères. 14 autres sont toujours portés disparus et pourraient figurer parmi les victimes non identifiées à la morgue, a ajouté le ministère.

Mais, de son côté, la police locale a établi à au moins 37 le bilan des tués étrangers, alors que le processus d'identification des victimes s'avère compliqué.

En pointant du doigt le National Thowheeth Jama'ath (NTJ), le porte-parole du gouvernement sri-lankais a indiqué avoir "du mal à voir comment une petite organisation dans ce pays peut faire tout cela". "Nous enquêtons sur une éventuelle aide étrangère et leurs autres liens, comment ils forment des kamikazes, comment ils ont produit ces bombes", a-t-il ajouté.

L'incrimination du NTJ marque une montée en puissance spectaculaire de ce groupe extrémiste peu connu, dont le principal fait d'armes jusqu'ici était la dégradation de statues bouddhiques en décembre dernier.

L'organisation avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises de la minorité chrétienne et l'ambassade d'Inde à Colombo.

"Les services de renseignement ont signalé qu'il y a des groupes terroristes internationaux derrière les terroristes locaux", a affirmé le président Maithripala Sirisena lors d'une rencontre avec des diplomates étrangers, demandant l'assistance de la communauté internationale, selon des propos rapportés par ses services.

Les deux principales organisations djihadistes internationales, al-Qaïda et le groupe État islamique (EI), cherchent depuis des années à recruter dans les communautés musulmanes du sous-continent indien. Leur propagande insiste sur les persécutions dont sont, selon elles, victimes les musulmans de la région.

- Retour de la peur -

Les autorités sri-lankaises ont annoncé l'arrestation de 24 personnes et indiqué que le FBI américain les assistait dans leur enquête. Interpol va également déployer une équipe d'enquêteurs.

Par ailleurs, 87 détonateurs de bombes ont été découverts lundi dans une gare de bus de Colombo située à mi-chemin des hôtels haut de gamme du front de mer et de l'église Saint-Antoine, sites d'attentats dimanche.

En fin d'après-midi, une explosion s'est produite lors d'une opération de déminage de bombe à proximité de cette même église Saint-Antoine, provoquant un mouvement de panique.

Lundi matin, la morgue de Colombo était le théâtre de scènes de désolation. "La situation est sans précédent", notait un responsable sous couvert de l'anonymat. "Nous demandons aux proches de fournir de l'ADN pour aider à identifier certains corps", trop mutilés.

Une femme, dont le frère aîné a été tué avec ses trois enfants, s'est effondrée en larmes en les identifiant un à un sur un écran. Le plus jeune de ses neveux était "un bébé si mignon, il n'avait que huit mois. Qu'a-t-il fait pour mériter ça ?", se révoltait-elle.

Dans les rues de la capitale, la vie reprenait un cours d'apparence normale. Pour nombre de Sri-Lankais, les attentats du dimanche de Pâques ont réveillé les terribles souvenirs des années noires de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

À l'époque, les attentats à la bombe étaient courants et donnaient des sueurs froides aux habitants : "Maintenant, nous avons peur de toucher les sacs poubelles en plastique noir. La série d'explosions hier nous a remis en mémoire le temps où nous avions peur de prendre des bus ou des trains à cause des colis piégés", a témoigné Malathi Wickrama, une balayeuse municipale de la capitale Colombo.

- Attaques quasi-simultanées -

Six explosions très rapprochées sont survenues dimanche matin et deux autres plusieurs heures après, dans ce pays prisé des touristes pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante.

Dans la capitale, trois hôtels de luxe en front de mer -- le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury -- ainsi que l'église Saint-Antoine ont été frappés par des kamikazes.

Des bombes ont aussi explosé dans l'église Saint-Sébastien à Negombo et dans une autre à Batticaloa, ville située de l'autre côté du Sri Lanka, sur la côte orientale.

Quelques heures plus tard, deux nouvelles déflagrations sont survenues. L'une dans un hôtel de Dehiwala, banlieue sud de Colombo, l'autre à Orugodawatta, dans le nord de la ville.

Dimanche soir, une "bombe artisanale" a été désamorcée sur une route menant au principal terminal de l'aéroport de Colombo qui reste ouvert sous haute sécurité.

Du Vatican aux États-Unis en passant par l'Inde, les condamnations internationales ont été unanimes. Le président américain Donald Trump a présenté lundi ses condoléances au Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe.

"Le président Trump a promis le soutien des États-Unis au Sri Lanka pour déférer les auteurs devant la justice, et les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement à lutter contre le terrorisme mondial", a rapporté la Maison Blanche.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka où les chrétiens représentent 7% de la population, majoritairement bouddhiste (70%). Le pays compte également 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont estimé que "des groupes terroristes continuent à préparer de possibles attaques" au Sri Lanka, dans leurs conseils aux voyageurs.

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Les talibans ferment des dizaines de centres de santé en Afghanistan

Consultation à l'hôpital de Kaboul en Afghanistan le 17 juillet 2016.

Les talibans ont contraint des dizaines de centres de santé gérés par une ONG suédoise à fermer, a-t-elle annoncé mercredi, déplorant que des milliers de personnes se retrouvent privées de soins.

Les fermetures, qui concernent la province de Wardak, à l'ouest de Kaboul, concernent 42 des 77 centres de santé gérés par le Comité suédois pour l'Afghanistan (SCA), a précisé le SCA dans un communiqué.

"Ces fermetures affectent un nombre estimé à plus de 5.700 patients de manière quotidienne", a déploré l'ONG.

Empêcher des personnes d'accéder à des soins de cette manière "constitue une violation évidente des droits humains et du droit humanitaire international", souligne le directeur du SCA pour l'Afghanistan, Sonny Mansson.

"Nous exigeons la réouverture immédiate de tous les centres de santé et nous appelons vivement toutes les parties impliquées dans le conflit à s'abstenir d'actions de ce type qui mettent délibérément en danger la vie de civils", poursuit-il.

Les talibans n'ont de leur côté fait aucun commentaire, mais ont dans le passé fermé des centres de santé et bloqué des campagnes de vaccination contre la polio dans les zones sous leur contrôle.

Les hôpitaux et le personnel de santé ont fréquemment été pris pour cible au cours des dizaines d'années de conflit qui ont ravagé l'Afghanistan.

L'année dernière, les talibans avaient averti le Comité international de la Croix Rouge (CICR) qu'ils ne protégeraient plus ses employés, conduisant l'organisation à réduire nettement ses activités sur le sol afghan.

Donald Trump veut une enquête sur les liens de Google avec Pékin

Des smartphones Huawei devant le logo de Google Play le 20 mai 2019.

Donald Trump a laissé entendre mardi que son administration allait mener des investigations sur Google, récemment pris pour cible par le milliardaire Peter Thiel qui l'accuse d'être infiltré par les services de renseignements chinois.


"L'investisseur des tech, le milliardaire Peter Thiel pense que Google devrait faire l'objet d'une enquête pour trahison. Il accuse Google de travailler avec le gouvernement chinois", a tweeté le président républicain.

"Un type génial et brillant qui connaît ce sujet mieux que quiconque ! L'administration Trump va jeter un coup d'oeil!", a-t-il lancé.

Interrogé par l'AFP, Google a estimé que ces accusations étaient sans fondement.

"Comme nous l'avons déjà dit, nous ne travaillons pas avec les militaires chinois", a réagi le groupe.

Peter Thiel a suggéré dimanche que le FBI et la CIA devraient enquêter sur les infiltrations de Google par les services de renseignements chinois, selon des propos tenus lors d'une conférence à Washington et rapportés par Axios.

Il a notamment critiqué Google, maison mère d'Alphabet, pour son travail en Chine, affirmant que le géant des moteurs de recherche était "engagé dans la décision apparemment traître de travailler avec l'armée chinoise et non avec l'armée américaine", selon Axios.

Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande de Pékin de censurer certains résultats de recherches.

Mais son patron Sundar Pichai avait reconnu pour la première fois en octobre dernier que son moteur de recherches pourrait revenir en Chine, affirmant que celui-ci apporterait une "meilleure information" aux citoyens que la concurrence.

"Le haut management de Google estime-t-il avoir été infiltrée par les services de renseignement chinois ?", "c'est une question qui doit être posée par le FBI et la CIA", a estimé le milliardaire, cité par Axios.

Peter Andreas Thiel, entrepreneur américain d'origine allemande, est notamment le cofondateur du service de paiement en ligne PayPal avec Elon Musk.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump s'en prend à Google. Le locataire de la Maison Blanche estime notamment que Google a un "parti pris" contre lui et ses partisans.

Plus tôt cette année, il avait en outre critiqué le géant de la technologie pour s'être retiré d'un grand contrat informatique du Pentagone avant d'assouplir son ton après avoir rencontré Sundar Pichai.

Google a des activités commerciales limitées en Chine, mais un rapport récent indique qu'un de ses scientifiques a participé à un projet de recherches pouvant avoir des applications civiles et militaires.

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