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Déplorant des dérives, les autorités sénégalaises veulent réguler les réseaux sociaux

L'application Facebook sur le téléphone, le 11 août 2019.

Après la sortie du président sénégalais Macky Sall sur les dérives émanant des réseaux sociaux, le ministre de l'économie numérique a annoncé des mesures pour éradiquer ce que les autorités considèrent comme un fléau.

La régulation des réseaux sociaux est devenue un enjeu majeur pour les autorités sénégalaises qui comptent faire des efforts considérables pour y arriver. Cependant le ministre de l'Économie numérique, Yankhoba Diattara, estime qu’il faut une approche inclusive et participative.

"La régulation du secteur des réseaux sociaux est une problématique mondiale", reconnaît d’emblée l’autorité. Pour lui, le gouvernement du Sénégal est "conscient des enjeux mais également, mais étant soucieux de la protection des citoyens, de leur dignité et de leur liberté a entamé une réflexion pour réfléchir ensemble sur un cadre d'harmonisation et de régulation du secteur", explique-t-il.

Les acteurs du secteur sont aussi conscients des dérives sur le net. Et pour eux, l’approche inclusive et participative annoncée par le ministre est primordiale pour réussir le pari de la régulation.

"Les réseaux sociaux sont des espaces de liberté d'expression et ce sont des moyens qui permettent aux usagers et aux populations de donner leur avis sur comment le pays est géré et comment les choses se passent", estime Mouhammad Ciss, spécialiste des réseaux sociaux​. ​"N'oublions pas que c'est un droit", ajoute-t-il.

Il reconnaît toutefois que les "dérives que l'on voit sur internet sont un fléau. Mais pour résoudre tout cela il faut impliquer les acteurs, donner également la possibilité aux usagers de donner leur avis sur comment tout cela devra se faire".

"Les plateformes digitales ont déjà prévu un cadre légal pour encadrer tout cela avec la possibilité de signalement mais il faut bien sûr encadrer en impliquant tout le monde", soutient-il.

Les réseaux sociaux connaissent un engouement auprès d'un public très varié. Raison pour laquelle des mesures doivent être prises pour le bien de tous nous, explique-t-il.

Il pense que les acteurs médiatiques ont aussi un grand rôle à jouer.

La politique, les affaires de mœurs, les rivalités entre fans de célébrités, les médisances, les Fake news, sont autant de choses qui polluent la toile.

Selon le ministre Diattara, éradiquer toutes ces dérives passera d’abord par une phase de réflexion incluant les acteurs et tous ceux qui gravitent autour du digital.

Les enjeux sont énormes. Le Nigeria vient de suspendre Twitter après ce qu'Abuja considère un crime de lèse-majesté: la plateforme a osé supprimer un message du président Muhamadu Buhari. Facebook de son côté a suspendu pour deux ans l’ancien président américain Donald Trump.

Le Sénégal va-t-il réussir le pari de l’exception numérique? Il suffira d’attendre pour voir l’issue de ce débat réel sur le monde virtuel.

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Deux députés sénégalais soupçonnés dans un trafic de passeports diplomatiques

Assemblee Nationale Senegal

L'Assemblée nationale du Sénégal examinera prochainement la levée de l’immunité de deux députés membres du parti présidentiel soupçonnés d'implication dans un trafic de passeports diplomatiques.

Le ministre de la Justice Malick Sall a transmis au président de l’Assemblée, lundi, la demande du juge en charge de l'affaire pour la levée de l'immunité parlementaire des députés El Hadji Mamadou Sall et Boubacar Biaye, indique un communiqué de l'Assemblée consulté mardi par l'AFP.

La demande sera examinée après l'ouverture de la session parlementaire, prévue le 14 octobre.

Les deux députés sont soupçonnés d'avoir monnayé leurs services pour permettre à des individus d'obtenir des passeports diplomatiques.

Selon des éléments de l’enquête publiés dans la presse, ils sont soupçonnés d'avoir joué les époux ou les pères grâce à des pièces d'état civil frauduleuses, permettant à leurs conjointes ou leurs enfants fictifs d'obtenir eux aussi un passeport.

Un commerçant présenté comme le cerveau présumé de ce réseau est en prison depuis le 13 septembre. Au moins cinq chefs d'inculpation pèsent sur lui : "association de malfaiteurs, escroquerie, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux sur des documents administratifs, faux en écritures publiques authentifiées".

Le 22 septembre, l’Assemblée nationale avait indiqué dans un communiqué que les deux députés, à l’occasion d'une rencontre avec le président de l’institution, avaient "accepté, sans hésiter, de répondre à toute convocation des services chargés de la phase de l’enquête préalable, sans attendre la levée de leur immunité parlementaire, lorsque cette mesure sera demandée" par le ministre de la Justice.

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