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Le référendum en Guinée sera couplé aux législatives le 1er mars

Membres de la cour constitutionnelle de Guinée lors de l'annonce de la réélection du président Alpha Condé, le 31 octobre 2015.

Lu sur les médias d'Etat, le décret signé mardi par le président Condé affirme qu'un "référendum constitutionnel sera organisé le dimanche 1er mars 2020". "Le corps électoral est convoqué le même jour pour les scrutins législatifs et référendaire", ajoute le texte.

Lundi soir, un autre décret du chef de l'Etat avait annoncé que les élections législatives prévues le 16 février étaient reportées au 1er mars.

L'annonce de la date du référendum, attendue depuis des semaines, risque d'accroître les tensions déjà vives. La Guinée est le théâtre depuis mi-octobre de protestations contre le projet prêté de longue date au président, élu en 2010 et réélu en 2015, de chercher à se succéder fin 2020. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'avant-projet de nouvelle Constitution divulgué en décembre maintient cette limite. Mais l'opposition soupçonne que l'adoption d'une nouvelle Constitution serve à M. Condé de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

M. Condé garde le silence sur ses intentions. Mais l'éventualité d'un troisième mandat a fait descendre à plusieurs reprises dans la rue des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens à l'appel d'un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Le mouvement a été plusieurs fois durement réprimé et s'est accompagné de troubles à travers le pays. Au moins 28 civils et un gendarme ont été tués depuis mi-octobre.

Opposant historique qui connut l'exil et la prison, M. Condé, 81 ans, a été le premier président démocratiquement élu en 2010. Son avènement a marqué l'instauration d'un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires. L'opposition dénonce toutefois une dérive "dictatoriale" de sa part.

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Alpha Condé, ex-opposant historique accusé de dérive autoritaire

Le président Alpha Condé quitte le bureau de vote où il a voté lors de la présidentielle de 2015. Conakry, le 11 octobre 2015. (Reuters)

Aux scrutins qui s'annoncent en Guinée, c'est avant tout de lui qu'il s'agit: Alpha Condé, l'opposant historique devenu président, accusé par ses adversaires de dérive autocratique au point de chercher à plier la Constitution à son ambition de troisième mandat.

Malgré la contestation et les manifestants tués, M. Condé, 82 ans la semaine prochaine, n'entend pas se laisser dévier de la voie qu'il s'est tracée: doter son pays d'une Constitution "moderne", soumise dimanche à un référendum le même jour que des législatives. Quant à briguer sa propre succession fin 2020, "ça, c'est le parti qui décidera", dit-il.

De longues années d'opposition en exil, la prison, une accession quasi miraculeuse au pouvoir et deux mandats présidentiels ont forgé le caractère de cet homme svelte qui boîte légèrement.

M. Condé, qui se réclame de la gauche, est un orateur érudit, sachant enthousiasmer son auditoire. Mais il goûte peu la contradiction et ses adversaires le décrivent comme un homme autoritaire et impulsif.

"Personne ne dicte à la Guinée ce qu'elle doit faire", a-t-il averti un parterre de diplomates en janvier.

"Condé a fait des choses importantes pour faire progresser la Guinée", convient Jim Wormington, de Human Rights Watch. Mais avec les violences policières des derniers mois, "il serait difficile d'en dresser un portrait positif. C'est ce qui rend les choses si tristes".

Né le 4 mars 1938 à Boké (ouest), M. Condé est issu de l'ethnie malinké, la deuxième du pays.

Il part en France dès l'âge de 15 ans et y obtient des diplômes en économie, droit et sociologie. Il enseigne ensuite à l'université parisienne de la Sorbonne.

- Condamné à mort -

Parallèlement, il dirige dans les années 1960 la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF) et anime des mouvements d'opposition au régime dictatorial d'Ahmed Sékou Touré, "père de l'indépendance" de la Guinée, colonie française jusqu'en 1958.

Sékou Touré le fait condamner à mort par contumace en 1970.

Il rentre au pays en 1991, sept ans après la mort de Sékou Touré, auquel a succédé l'officier Lansana Conté. Aux présidentielles de 1993 et 1998, ni libres ni transparentes, Condé est officiellement crédité de 27% et de 18% des voix.

Le fondateur du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) inquiète Lansana Conté, qui le fait arrêter juste après la présidentielle de 1998. Il est condamné en 2000 à cinq ans de prison pour "atteintes à l'autorité de l'Etat et à l'intégrité du territoire national". Sous la pression internationale, il est gracié en 2001.

Il reste dans l'opposition après l'avènement de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara en 2008. Mais en 2010, le "Professeur Alpha Condé" est enfin élu, au second tour, après avoir été très nettement distancé au premier par l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo. Il est réélu au premier tour en 2015.

Il a "tellement déçu", juge Cellou Dalein Diallo, actuel chef de file de l'opposition, selon qui M. Condé a instauré "une république bananière, une dictature qui ne dit pas son nom".

Sanguin, Alpha Condé l'est certainement. Un jour, il réprimande des étudiants qui lui réclament les tablettes informatiques promises pendant sa campagne. "Vous êtes comme des cabris: +Tablettes, Tablettes!+", grince-t-il, sautant sur place à pieds joints.

- Appel à cogner -

Il se targue de son bilan: réalisation de barrages hydroélectriques, révision des contrats miniers et mise au pas de l'armée, le tout alors que le pays a fait face à une épidémie d'Ebola (fin 2013-2016).

La grande affaire de son deuxième mandat est son projet de doter la Guinée d'une Constitution "qui réponde aux besoins du monde d'aujourd'hui", dont la lutte contre les mutilations génitales des filles et les mariages précoces, ou un juste partage des richesses, dans un pays pauvre malgré ses ressources minières.

Depuis octobre, un collectif de partis, de syndicats et d'associations a fait descendre dans les rues des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens pour s'opposer à la réforme.

Certes, le projet de réforme maintient à deux le nombre de mandats autorisé. Mais, pour l'opposition, la nouvelle Constitution servira à M. Condé de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

"Après s'être pris pour Mandela, il a décidé de devenir Bokassa", l'ancien empereur de Centrafrique, accuse le collectif.

La vague de protestations, durement réprimée à plusieurs reprises, a coûté la vie à au moins 30 civils et un gendarme depuis octobre, sans le faire plier.

L'opposition promet d'empêcher de voter dimanche.

"Quiconque viendra pour détruire les urnes, frappez-le!", a lancé le président à ses partisans.

Marié trois fois, M. Condé est père d'un garçon.

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Des membres de l'opposition interpellés lors d'une manifestation

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Aéroports de Paris signe un contrat de 25 ans pour élargir l'aéroport de Conakry

Des hommes regardent un écran à l'aéroport international Charles de Gaulle à Roissy, près de Paris, le 18 octobre 2014. ( REUTERS/Gonzalo Fuentes)

Le groupe français ADP a signé lundi avec le gouvernement guinéen et la plateforme d'investissement Africa50 une convention de concession de 25 ans pour le développement de l'aéroport international de Gbessia à Conakry, ont indiqué dans un communiqué le gestionnaire de l'aéroport et Africa50.

L'accord a été signé lors d'une cérémonie de présentation du projet à Conakry. Il fait suite à la signature d'un pacte d'actionnaires, le 3 février aux termes duquel les partenaires se sont engagés à prendre une participation dans la nouvelle compagnie qui portera le projet, la Société de gestion de l'aéroport de Gbessia (Sogeac), précise le communiqué.

A l'issue de cette opération, le capital est réparti entre le gouvernement de Guinée (34%), Africa50 (33%) et le Groupe ADP (33%).

"Le projet comprend la construction et l'exploitation d'un nouveau terminal pour les passagers domestiques et internationaux et les infrastructures y afférentes: une nouvelle aérogare pour le fret, une aire de stationnement, la rénovation et l'extension de la piste et des voies de circulation principales", selon le texte.

Le nouveau terminal aura une capacité d'un million de passagers par an, soit plus du double de la capacité actuelle, et celle-ci devrait être atteinte d'ici 2031, affirment la Sogeac et Africa50, plateforme d'investissement créée par les chefs d'Etats africains et la Banque africaine de développement (BAD).

La première phase du projet, dont l'investissement s'élève à près de 120 millions d'euros, devrait démarrer cette année, selon la même source.

Le Groupe ADP, qui gère 24 aéroports dans le monde dont Paris-Charles de Gaulle et Orly, "apportera son savoir-faire en matière d'opérations aéroportuaires" et Africa50 "son expertise en termes de développement et de financement de projets et assurera la liaison entre les investisseurs privés et le gouvernement guinéen".

"Pour le Groupe ADP, cet aéroport est un investissement fondamental dans le cadre de son développement en Afrique, à un moment où le continent va connaître une forte croissance de son trafic passagers", a déclaré Xavier Hurstel, directeur général adjoint chargé de coordonner les opérations de développement du Groupe ADP, cité dans le communiqué.

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