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Le puissant général iranien Soleimani tué par les Etats-Unis en Irak

Qassem Soleimani, à droite, en compagnie du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 27 mars 2015

Le puissant général iranien Qassem Soleimani, émissaire de la République islamique en Irak, et un dirigeant pro-iranien ont été tués vendredi dans un raid américain à Bagdad, suscitant les appels à la "vengeance" de l'Iran et attisant les craintes d'un conflit ouvert entre Washington et Téhéran.

Cette frappe a été décidée par le président américain Donald Trump, qui a lui-même donné l'ordre de "tuer" Soleimani, un dirigeant des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, selon le Pentagone.

Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l'Etat irakien, est également mort dans ce bombardement.

Il s'agit de "la plus importante opération de +décapitation+ jamais menée par les Etats-Unis, plus que celles ayant tué Abou Bakr al-Baghdadi ou Oussama Ben Laden", les chefs des groupes Etat islamique (EI) et Al-Qaïda, a commenté Phillip Smyth, spécialiste américain des groupes chiites armés.

"Il n'y a aucun doute sur le fait que la grande nation d'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle pour cet horrible meurtre", a promis le président iranien Hassan Rohani.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, y a vu une "escalade extrêmement dangereuse et imprudente" et la diplomatie iranienne a convoqué le responsable de l'ambassade suisse, qui représente les intérêts américains à Téhéran.

Et le turbulent leader chiite irakien, Moqtada Sadr, a réactivé sa milice anti-Américains, l'Armée du Mehdi, ordonnant à ses combattants de "se tenir prêts".

Depuis des années, Bagdad est pris en étau entre ses deux grands alliés, américain et iranien eux-mêmes au coeur de tensions grandissantes sur le dossier du nucléaire et la mort vendredi du général Soleimani laisse craindre l'éclatement d'un conflit ouvert entre les deux pays.

La frappe américaine intervient après l'assaut mardi de l'ambassade américaine à Bagdad par des milliers de partisans du Hachd al-Chaabi, une démonstration de force inédite qui a ravivé pour Washington le traumatisme de la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979.

"Les renseignements américains suivaient Qassem (Soleimani) depuis des années, mais ils n'ont jamais pressé la détente. Lui le savait mais n'a pas mesuré à quel point ses menaces de créer une autre crise des otages à l'ambassade (à Bagdad) changerait la façon dont les choses sont faites", explique à l'AFP Ramzy Mardini, de l'Institut of Peace.

"Trump a changé les règles en l'éliminant", souligne-t-il.

- "Ordre de tuer" -

Le raid américain, a visé en matinée un convoi de véhicules dans l'enceinte de l'aéroport de Bagdad, tuant au moins 9 personnes au total, selon des responsables des services de sécurité irakiens.

Outre le général Soleimani, l'autre grande figure tuée est Abou Mehdi al-Mouhandis, véritable chef opérationnel du Hachd al-Chaabi et lieutenant du général pour l'Irak depuis des décennies. Tous deux sous sanctions américaines, ils seront enterrés samedi. Trois jours de deuil ont été déclarés en Irak et en Iran.

"Sur ordre du président, l'armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l'étranger en tuant Qassem Soleimani", a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Cette frappe intervient à la suite d'attaques à la roquette contre ses diplomates et ses soldats, qui durent depuis des semaines. Non revendiquées, elles ont tué le 27 décembre un sous-traitant américain et ont été attribuées par Washington aux forces pro-Iran en Irak.

Le 29 décembre, Washington avait rétorqué en bombardant des bases de l'une d'elles près de la frontière syrienne, faisant 25 morts.

Vendredi, l'influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié de M. Trump a menacé l'Iran: "si vous en voulez plus, vous en aurez plus".

A moins d'un an de la présidentielle américaine, d'autres parlementaires se sont inquiétés des conséquences de cet assassinat ciblé, d'autant que le Congrès américain n'avait pas été notifié en amont du raid selon un élu démocrate.

"Le président Trump amène notre nation au bord d'une guerre illégale avec l'Iran, sans l'approbation du Congrès", a ainsi fustigé le sénateur démocrate Tom Udall.

La nouvelle a fait bondir de plus de 4% les cours du pétrole. L'or noir iranien souffre déjà de sanctions américaines et la montée en puissance de l'influence de Téhéran en Irak, deuxième producteur de l'Opep, fait redouter aux experts un isolement diplomatique de Bagdad et des sanctions politiques et économiques contre le pays.

En renversant en 2003 le régime de Saddam Hussein, les Etats-Unis avaient pris la haute main sur les affaires irakiennes. Mais le système qu'ils ont mis en place est désormais noyauté par Téhéran et des mouvements pro-Iran.

Ceux-ci ont assemblé un arsenal inégalé grâce à Téhéran mais aussi au fil des années de combat, aux côtés des Américains notamment, contre l'EI.

- "Se tenir prêts" -

Si le Hachd a combattu à partir de 2014 aux côtés des troupes irakiennes et de la coalition internationale antijihadistes menée par Washington, ses factions les plus pro-iraniennes sont désormais considérées par les Américains comme une menace plus importante que le groupe EI.

Les frappes de vendredi donnent de plus en plus de consistance à la menace pesant depuis des mois sur l'Irak: que son sol se transforme en champ de bataille par procuration pour l'Iran et les Etats-Unis.

Peu après le raid américain, un chef du Hachd a appelé "tous les combattants" à se "tenir prêts".

Sur la place Tahrir à Bagdad, épicentre d'un mouvement antigouvernemental touchant depuis plus de trois mois le pays, des dizaines d'Irakiens se sont félicités de la mort du général Soleimani en dansant, et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a partagé sur Twitter une vidéo les montrant "dansant pour la liberté".

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran en Irak exacerbent leur mésentente sur le programme nucléaire iranien depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international conclu en 2015 entre Téhéran et cinq grandes puissances.

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Le pape conclut sa visite historique en Irak

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Dans le nord de l'Irak le pape prie pour les victimes de la guerre

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Saisie de 17 tonnes de cannabis à Niamey

Une photo prise le 25 février 2021 montre de la résine de cannabis saisie à des revendeurs locaux lors d'une visite du ministre français de l'Intérieur à Marseille, dans le sud de la France.

Dix-sept tonnes de résine cannabis d'une valeur marchande de 20 milliards de FCFA (plus de 30,4 millions d'euros) en provenance du Liban, via le port togolais de Lomé, ont été interceptées par les autorités nigériennes, une saisie record dans ce pays.

"C'est une très grosse quantité de 17 tonnes évaluée à près de 20 milliards de FCFA qui a été saisie dans un entrepôt de Niamey", a expliqué Alkache Alhada, ministre nigérien de l'Intérieur au cours d'une cérémonie de présentation de la drogue saisie à la presse.

C'est la première fois qu'autant de drogue, en provenance du Liban, est saisie au Niger, a-t-il commenté, précisant que treize personnes, onze Nigériens et deux Algériens, avaient été arrêtées et écrouées.

La drogue, soigneusement conditionnée dans des emballages étanches, a été saisie le 2 mars dans un quartier de la périphérie de Niamey. Chacun des milliers de petits paquets contenant la drogue portait le nom d'un destinataire précis.

Cette cargaison avait quitté le Liban et a transité par le port de Lomé grâce à une société indienne, avant d'être acheminée à Niamey dissimulée dans un camion-citerne immatriculé au Bénin et censé contenir des hydrocarbures, selon la police nigérienne.

La drogue était destinée à la Libye et devait passer par Agadez, la grande ville du nord du Niger, a-t-elle souligné.

Au Niger, les saisies record de stupéfiants et de médicaments contrefaits se sont enchaînées depuis 2017.

En juin 2018, trois tonnes de résine de cannabis, estimées à trois milliards de FCFA (4,5 millions d'euros) en provenance du Maghreb, ont été interceptées à Niamey. La drogue était dissimulée dans des caisses de fruits et légumes.

Une partie de la drogue est écoulée localement, mais l'essentiel est généralement camouflé dans des sacs d'aliments pour bétail, puis réexporté vers les marchés des pays de la région, selon les autorités.

En mai 2018, la police nigérienne avait également saisi plus de 29 tonnes de faux médicaments.

En Irak, le pape et l'ayatollah chiite Sistani s'engagent pour la "paix"

Le grand ayatollah Ali al-Sistani (à g.) reçoit le pape François et sa délégation, à son domicile dans la ville sainte de Najaf, le 6 mars 2021.

Le pape François avait dit venir en Irak en "pèlerin de paix". En retour, le grand ayatollah chiite Ali Sistani lui a fait part samedi de son engagement pour la "paix" et la "sécurité" des chrétiens d'Irak.

Après sa rencontre au sommet dans la ville sainte chiite de Najaf, le pape a entamé le point d'orgue spirituel de son voyage: le pèlerinage à Ur, ville natale d'Abraham dans le sud de l'Irak, pour prier en faveur de la "liberté" et l'"unité", afin de mettre fin aux guerres et au "terrorisme".

C'est là déjà, dans la plaine désertique où est né le père des monothéismes que Jean-Paul II voulait venir en 2000, avant d'en être empêché par Saddam Hussein.

François, connu pour ses mains tendues tous azimuts aux autres religions, y a ajouté sa touche: il a tenu à prier avec des dignitaires yazidis -- petite minorité d'Irak martyrisée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) -- mais aussi sabéens ou zoroastriens -- communautés multimillénaires dans le pays -- et musulmans, chiites et sunnites.

"Paix" pour les chrétiens d'Irak

Avant cela, le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde s'est entretenu pendant près d'une heure avec le grand ayatollah Ali Sistani, référence religieuse de la plupart des 200 millions de chiites d'Irak et d'ailleurs.

A l'issue de ce huis-clos, l'une des rencontres religieuses les plus importantes de l'histoire, le grand ayatollah Sistani a dit au pape être engagé pour garantir la "paix", la "sécurité" et "tous les droits constitutionnels" aux chrétiens d'Irak.

Le pape François quitte la cathédrale catholique syriaque Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat) de Bagdad au début de la toute première visite papale en Irak, le 5 mars 2021.
Le pape François quitte la cathédrale catholique syriaque Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat) de Bagdad au début de la toute première visite papale en Irak, le 5 mars 2021.

La communauté chrétienne du pays, l'une des plus anciennes au monde, s'est réduite comme peau de chagrin depuis 20 ans. Elle est passée de 1,5 million de membres à quelque 400.000, sous les coups des violences et de la pauvreté, endémique dans le pays.

Régulièrement, les chrétiens se plaignent de ne pas être soutenus par l'Etat face à des miliciens ou des politiciens qui s'accaparent leurs maisons ou leurs terres et assurent avoir moins d'accès à l'emploi que les autres.

Au-delà du cas des chrétiens, au deuxième jour de son voyage en Irak, le premier de l'histoire pour un pape, François est revenu longuement sur les guerres qui n'ont cessé de déchirer l'ensemble du pays depuis 40 ans -- et le Moyen-Orient.

Le "terrorisme trahit la religion"

"Hostilité, extrémisme et violence (...) sont des trahisons de la religion. Et nous, croyants, nous ne pouvons pas nous taire lorsque le terrorisme abuse de la religion", a-t-il lancé, alors qu'en 2014, le groupe Etat islamique (EI) s'emparait d'un tiers de l'Irak.

Les pires atrocités ont été commises à l'encontre des Yazidis, a rappelé dès vendredi François. Les jihadistes ont tué des milliers d'hommes yazidis, enrôlé de force les enfants et réduit à l'esclavage sexuel des milliers de femmes. Pour l'ONU, cela pourrait constituer "un génocide".

En outre, plus de 6.400 Yazidis ont été enlevés par l'EI, dont la moitié sont toujours introuvables. A Ur, le pape a dit prier pour "qu'ils puissent vite revenir chez eux".

L'EI a également fait des ravages en Syrie voisine, ce que le pape n'a cessé d'évoquer dans ses discours depuis vendredi.

"Syrie martyrisée"

Il faut "cheminer du conflit à l'unité" dans "tout le Moyen-Orient" et "en particulier en Syrie, martyrisée", a-t-il de nouveau plaidé samedi.

La veille, lors d'une allocution aux autorités à Bagdad, le pape avait déjà mentionné la Syrie, où une révolte populaire a dégénéré en guerre totale il y a tout juste 10 ans. Malgré plus de 387.000 morts, les pourparlers menés sous l'égide de l'ONU n'ont jusqu'ici abouti à aucune avancée.

Et, comme il l'avait déjà fait au Maroc, autre pays musulman où il avait tenu à se rendre, le pape de 84 ans a plaidé pour "la liberté de conscience et la liberté religieuse".

Elles doivent être "respectées et reconnues partout" car elles sont "des droits fondamentaux", a-t-il dit.

La liberté de conscience, consiste à pouvoir croire ou ne pas croire, mais aussi avoir le droit de se convertir librement. La liberté religieuse, un terme plus général, comprend notamment la liberté d'exercer son culte sans entraves.

Le pape poursuivra ensuite son voyage -- sous haute protection et en confinement total du fait de la pandémie -- avec une messe dans une église de Bagdad, sa première rencontre avec les fidèles catholiques d'Irak et de loin ce qu'il préfère.

Dans le quartier central de Karrada où se trouve l'église Saint Joseph, des blocs de béton barrent déjà les rues et les forces spéciales sont déployées.

Yémen: au moins 90 morts dans des combats

Une maison près de Hodeida, port stratégique de la mer Rouge tenu par les rebelles du Yémen, où plusieurs civils, dont un enfant, ont été tués.

De violents combats ont tué au moins 90 combattants au cours des dernières 24 heures dans la région pétrolière stratégique de Marib, dans le nord du Yémen, que les rebelles Houthis tentent d'arracher depuis un mois aux forces loyalistes, selon des sources militaires gouvernementales.

Soutenus par l'Iran, les rebelles ont lancé début février une nouvelle offensive pour s'emparer de Marib, dernier bastion dans le nord des forces gouvernementales, appuyées elles par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

Au moins 90 combattants, dont 32 parmi les forces gouvernementales et les tribus loyalistes, ont été tués lors d'affrontements avec les rebelles Houthis et les raids de la coalition de vendredi à samedi, ont indiqué à l'AFP des sources militaires au sein du pouvoir.

Selon elles, des affrontements particulièrement violents ont éclaté sur six fronts, les forces gouvernementales ayant pu contrer les attaques des Houthis qui n'ont réussi à avancer que sur le front de Kassara, au nord-ouest de la ville de Marib.

Les combats ont également fait des dizaines de blessés, ont ajouté ces sources.

L'aviation saoudienne a mené plusieurs frappes contre des cibles des Houthis sur plusieurs fronts, tuant au moins 58 rebelles et blessant des dizaines d'autres, selon ces sources.

Les rebelles, qui communiquent rarement sur les pertes dans leurs rangs, n'ont pas confirmé. En plus de six ans de guerre, leurs forces ont réussi à prendre le contrôle d'une grande partie du nord du Yémen, dont la capitale historique Sanaa.

La prise de Marib constituerait un revers cuisant pour le pouvoir yéménite et son allié saoudien. En parallèle à leurs assauts sur Marib, les Houthis ont multiplié les attaques visant le puissant royaume voisin.

Vendredi, des éclats d'obus de drones lancés par les Houthis et interceptés par les Saoudiens ont blessé deux civils, dont "un enfant de dix ans" dans le sud-ouest du royaume, selon l'agence de presse officielle SPA.

Les Etats-Unis ont exhorté les Houthis à la désescalade, alors que l'ONU craint à Marib et dans tout le Yémen une aggravation de la crise humanitaire, déjà la pire au monde selon elle.

Lors d'une réunion virtuelle des donateurs lundi, elle n'a récolté que 1,7 milliard de dollars, sur les 3,85 milliards espérés pour financer l'aide humanitaire. Une "peine de mort" pour une population qui n'est qu'à "un pas" d'une famine majeure, selon les responsables onusiens.

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