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Le PSG se lâche, les dents grincent en Europe


Les joueurs de Paris SG célèbrent après leur victoire au match aller des 16e de finale de la Ligue des Champions 4-0 contre le FC Barcelone au Parc des Princes, Paris, 14 février 2017.

"L'UEFA doit enquêter là-dessus et sanctionner" : à l'instar du manager de Mönchengladbach Max Eberl, nombre de dirigeants de clubs en Europe ont du mal à digérer les sommes lâchées par le PSG sur le marché des transferts cet été.

Neymar acheté pour 222 M EUR, Kylian Mbappé annoncé pour un montage financier à 180 M EUR... Des patrons du foot s'étranglent. "Il faut arrêter de nous prendre, nous et les supporteurs, pour des idiots. Il est possible qu'un sponsor compense un déficit de 30 millions, mais avec les sommes dont on parle à Paris, il y a une prise d'influence d'un tiers, et c'est interdit", a ainsi lâché, sur Sky, Max Eberl, dont le club n'est pourtant pas qualifié en Coupe d'Europe cette saison et ne risque pas de croiser le PSG.

Les 30 M EUR auxquels il se réfère, c'est le montant maximum de déficit autorisé sur trois exercices comptables d'un club, dans le principe du fair-play financier (FPF) édicté par l'UEFA. Et ce sans tenir compte de la présence à la tête du club d'un actionnaire/propriétaire/mécène/Etat aux moyens illimités. Un club doit donc lui-même générer l'argent qu'il dépense (avec du sponsoring, des recettes de matches, des "prize money", des droits TV, etc...).

"L'UEFA doit enquêter là-dessus et sanctionner. Et pas avec juste 60 millions d'euros d'amende (sanction infligée au PSG en 2014), mais avec un retrait de trois points dans la phase de groupe de Ligue des champions. Là je voudrais bien voir ce qu'ils diraient", s'est encore énervé Max Eberl.

Le cas du PSG sera examiné en octobre 2018 par l'UEFA. Les sanctions peuvent aller jusqu'à la suspension de la prestigieuse Ligue des champions.

- "pathétique et vulgaire" -

En marge du tirage au sort de la Ligue des champions, à Monaco, Aleksander Ceferin, patron de l'UEFA, a mis en garde les clubs qui sortiraient des clous du FPF, lors d'une interview à des journaux européens, dont L'Equipe. Il a notamment eu cette formule lourde de sens si on pense au Qatar, propriétaire du PSG depuis l'été 2011 : "Je le répète, aucun Etat ne peut acheter un joueur (...) Ce sont bien sûr les clubs qui doivent les acheter".

"J'attends de rencontrer le président Ceferin. Je veux voir avec lui comment on peut rétablir la réalité des bilans (financiers)", a de son côté pesté Aurelio De Laurentiis, président de Naples, sur Sky. "Je trouve ça pathétique et vulgaire de voir les chiffres atteints pour un joueur de football. Le FPF doit exister pour tous ou pour personne. On doit jouer à armes égales", a insisté le patron du Napoli.

"Le PSG ne peut avoir des comptes où les droits commerciaux du club dépassent ceux du Real Madrid ou du Barça... c'est impossible", avait enragé Javier Tebas, président de la Ligue espagnole fin juillet quand Neymar faisait ses valises au Barça avant de prendre la direction de Paris.

Neymar a coûté plus cher au PSG que l'Allianz Arena n'a coûté au Bayern Munich, qui sera lui adversaire du club parisien en Ligue des champions. "Clairement, l'Allianz Arena est plus important pour nous et nous préférons l'avoir" plutôt que la pépite brésilienne, a taclé le président du Bayern Karl-Heinz Rummenigge à Sport Bild.

En France, la polémique est devenue celle du... "kangourougate". Jean-Michel Aulas, président de Lyon, a retweeté une vidéo d'un kangourou se touchant les parties génitales pour ironiser sur l'attitude du PSG vis-à-vis du fair-play financier. "Si ça a choqué, je m'en excuse", a déclaré JMA, qui ne "regrette pas" so, tweet toutefois et dénonce une "dérégulation totale" en raison des prix pratiqués par le club parisien.

Avec AFP

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