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Le projet de révision de la Constitution fait débat au Gabon

Le président réélu Ali Bongo, lors de sa prestation de serment, Libreville, Gabon, 27 septembre 2016.

Un projet de révision de la Constitution agite depuis quelques jours la classe politique gabonaise qui sort de l'élection présidentielle mouvementée d'août 2016 et se prépare à des législatives en 2018.

Ce texte prévoit la septième révision de la Constitution gabonaise depuis 1991, année qui a vu la fin du monopartisme sous la présidence d'Omar Bongo (au pouvoir de 1967 à 2009).

Adopté fin septembre en Conseil des ministres, le projet met en application les actes du "dialogue politique" (mars-mai 2017) souhaité par l'exécutif pour tourner la page d'une présidentielle 2016 marquée par des violences post-électorales encore dans toutes les têtes.

Le scrutin a abouti à la réélection d'Ali Bongo Ondimba (fils d'Omar, lui-même au pouvoir depuis 2009), alors que l'opposition rattachée à Jean Ping considère toujours ce dernier comme "président élu".

Le texte, qui modifie une quarantaine d'articles sur 119, devrait être débattu au Parlement d'ici deux semaines, a précisé à l'AFP le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie By Nze.

Le parti au pouvoir dispose au Parlement de la majorité des deux tiers requise pour une révision de la Constitution.

Le projet porte notamment sur "la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation", "le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement" ou encore la création d'une Cour de Justice de la République pour juger les hauts responsables de l'Etat, selon le compte-rendu du Conseil des ministres du 28 septembre.

"La révision de la Constitution était une volonté de la classe politique gabonaise dans son ensemble", a déclaré lundi M. Bilie By Nze.

Le projet complet n'a pas encore été officiellement publié, mais plusieurs versions circulent ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

"Constitution: la controverse", titrait mardi le quotidien pro-gouvernemental l'Union, tandis qu'un journal d'opposition s'enflammait déjà contre un "coup d'Etat constitutionnel".

Le parti de l'Union nationale (UN, opposition) a ouvert le ban: "c'est la monarchisation insidieuse du pouvoir de la République", a dénoncé samedi son président Zacharie Myboto, y voyant une "régression démocratique majeure".

Ce projet aurait pour objectif de "concentrer tous les pouvoirs entre les mains du chef de l'Etat", selon M. Myboto. En changeant le régime semi-présidentiel actuel "en un régime présidentiel total, réduisant le Premier ministre à un rôle de contremaître", la nouvelle Constitution serait "un bouleversement total de l'équilibre des pouvoirs" institué en 1991, dit-il.

Le projet de Constitution est un "recul de la démocratie (...) faisant fi de la séparation des pouvoirs et cherchant à prendre avantage d'une possible cohabitation", a estimé mi-octobre Alexandre Barro Chambrier, président du parti Héritage et Modernité qui rassemble de nombreux anciens caciques du régime d'Omar Bongo.

Ali Bongo "sait qu'il va perdre les prochaines législatives, il veut bunkeriser le pouvoir de la présidence face aux autres institutions et veut à tout prix retirer toutes ses capacités au parlement", a déclaré à l'AFP Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de l'opposant Jean Ping.

"Personne n'a aujourd'hui au Gabon n'a le besoin, l'envie, le désir, de mettre en place une monarchie, fût-elle constitutionnelle", a répondu le porte-parole du gouvernement.

Le texte "est maintenant transmis au Parlement où il va y avoir un débat et des discussions. Et croyez-moi, les parlementaires gabonais ne sont pas des godillots! Ils vont l'examiner (...). Nous ne craignons pas du tout le débat parlementaire", a-t-il assuré.

"Mais (...) je ne vois pas en quoi un régime présidentiel serait antidémocratique, pas plus qu'un régime semi-présidentiel serait démocratique", a encore commenté M. Bilie By Nze.

Ce texte "est une amélioration qui permet de renforcer certaines institutions", décrypte pour l'AFP Télesphore Ondo, spécialiste du droit constitutionnel à l'Université Omar Bongo.

Il cite en particulier "le renforcement des capacités de la Haute Cour de Justice" actuelle, le contrôle accru de la Cour des comptes sur les finances de l'Etat et le contrôle des comptes de campagne par la Cour constitutionnelle.

Mais ce spécialiste regrette entre-autres l'absence de toute limitation des mandats présidentiels, rappelant au passage que les "acteurs politiques ont leur propre calendrier".

Le débat sur la nouvelle Constitution s'inscrit dans la perspective des prochaines législatives: prévues initialement pour décembre 2016, le scrutin a été reporté deux fois et devrait avoir lieu finalement autour d'avril 2018, selon le gouvernement, qui a expliqué avoir besoin de temps pour appliquer les réformes électorales issues du "dialogue politique" qu'il a lancé.

Une partie de l'opposition a dénoncé ce report, alors que ses membres oscillent entre boycott et participation au scrutin, dans un pays qui n'a jamais connu de cohabitation.

Avec AFP

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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